Eviter la recontamination :

Reprise des vols commerciaux : le virus, lui, ne part pas en vacances


Publié / Actualisé
L'annonce de 8 nouveaux cas de Covid-19 à La Réunion ce jeudi, tous importés, fait craindre une reprise épidémique. Chiffre qui n'est pas révélateur selon l'ARS, mais qui doit pousser à rester vigilant et continuer d'appliquer les gestes barrières, en prévision d'une reprise progressive des vols commerciaux avec la Métropole et Mayotte et du potentiel retour des touristes en juillet-août. (Photo rb/www.ipreunion.com)
L'annonce de 8 nouveaux cas de Covid-19 à La Réunion ce jeudi, tous importés, fait craindre une reprise épidémique. Chiffre qui n'est pas révélateur selon l'ARS, mais qui doit pousser à rester vigilant et continuer d'appliquer les gestes barrières, en prévision d'une reprise progressive des vols commerciaux avec la Métropole et Mayotte et du potentiel retour des touristes en juillet-août. (Photo rb/www.ipreunion.com)

Si ce vendredi, un seul cas importé a été recensé, la veille ce sont 8 cas d'un coup qui ont été confirmés, tous importés. Deux de ces voyageurs avaient effectué un test covid avant de décoller, pourtant négatif. C'est à l'issue de leur septaine qu'ils ont été testés positifs. Les 6 autres ont été dépistés lors de leur arrivée à l'aéroport.

Pour le docteur François Chièze, responsable veille sanitaire à l'agence régionale de santé de La Réunion, "c'est une situation qui s'est cumulée de façon aléatoire". Cela ne veut pas dire que le chiffre du bilan journalier va continuer d'augmenter dans les jours qui viennent, il est trop tôt pour anticiper une remontée de la courbe.

Mais alors comment vont se passer les vacances ? Entre nécessité de reprendre les activités touristiques et peur d'une nouvelle vague épidémique, difficile de savoir sur quel pied danser.

Dans les faits, l'arrivée des voyageurs sur le sol réunionnais suit un protocole sanitaire beaucoup plus laxiste en ce mois de juin, afin de permettre la reprise du trafic aérien et anticiper le retour des touristes. Le motif impérieux est désormais supprimé dans les deux sens, entre La Réunion et la Métropole et ce depuis le 22 juin. Mais la septaine - ancienne quatorzaine - est maintenue jusqu'au 10 juillet. Ainsi les voyageurs qui arrivent à La Réunion doivent respecter un confinement d'une semaine, chez eux, dans l'espace de leur choix ou dans les hôtels mobilisés dans ce but.

- Les limites du dépistage -

Pour l'instant, on ne fait que conseiller aux passagers le test RT-PCR. Celui-ci doit être réalisé 72 heures avant le vol, afin d'avoir les résultats en main avant d'embarquer. A partir du 10 juillet, si la notion de quarantaine saute, celle du dépistage deviendra par contre obligatoire. Le port du masque, lui, est imposé durant toute la durée du vol.

Selon le docteur Chièze, "le taux de réalisation des tests suivant les compagnies varient entre 85% et 100%, c'est une très bonne nouvelle". Signe que les passagers font la démarche d'aller se faire tester. Si ce dépistage n'a pas été réalisé, un test est fait à l'arrivée.

Ce jeudi pourtant 6 voyageurs sur les 8 confirmés positifs n'avaient pas réalisé de test avant leur vol. Seul 1 voyageur sur 4 a donc fait la démarche de se faire tester dans ce cas présent.

Dans l'état actuel des choses il y a donc 2 tests : avant de décoller ou juste après avoir atterri, et à l'issue de la septaine. A partir du 10 juillet il n'y aura plus qu'un seul test, celui du vol, donc, puisque la septaine n'existera plus.

Là une première question se pose. Dans le cas des deux voyageurs négatifs puis finalement testés positifs en sortant de confinement, force est de constater que le seul test fait avant d'embarquer n'est pas suffisant. Il s'agit d'un résultat obtenu au moment T, résultat qui peut évoluer dans les jours qui viennent, le virus pouvant mettre jusqu'à 14 jours à s'incuber.

Le dépistage reste pourtant une méthode essentielle selon le docteur François Chièze. "Cette semaine nous avons eu le premier vol commercial de Mayotte, zone de circulation virale non négligeable. Et l'intégralité des voyageurs ont été testés, que ce soit avant ou après le vol." La liaison Mayotte-Réunion a repris cette semaine à raison d'un vol hebdomadaire pour l'instant. L'île aux parfums est toujours soumise au motif impérieux pour prendre l'avion.

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L'ARS se prépare aussi à la fin de la septaine, d'ici le 10 juillet, "On est en train de réfléchir à des solutions qui permettraient d'avoir une situation solide par la suite. La semaine prochaine, nous passons à une vingtaine de vols. Donc on a augmenté nos équipes, l'assurance maladie aussi. On fonctionnera par sms pour faire des rappels aux voyageurs et leur communiquer les informations. Mais oui, cela demandera une mobilisation d'équipes importante." Une garantie : la surveillance sera toujours de mise.

Face à l'absence de nouveau test au bout de 7 jours, il faudra également être aux aguets à la moindre apparition de symptômes. "Nous allons mettre en place un système de contact avec les médecins généralistes de l'île pour que ces passagers soient suivis au mieux."

- Des gestes barrières vite oubliés -

Le teest n'est pas suffisant et il faut se reposer sur les gestes barrières, répétés en boucle depuis le début de la pandémie. L'agence régionale de santé de La Réunion est claire à ce sujet : c'est la seule façon de se protéger efficacement du virus.

Or à La Réunion, puisque la circulation virale semble faible, on oublie bien vite ces gestes qui sauvent. Masques, distanciation physique, lavage de main, attroupements à éviter… La vie dans la rue, dans les bars, dans les restaurants, semble presque être revenue à la normale.

Mais qu'en sera-t-il en plein mois de juillet quand les touristes seront revenus à La Réunion ? Le motif impérieux a à peine disparu que voilà 8 nouveaux cas importés, recensés en 24 heures seulement et avec pourtant un nombre de vols encore restreint.

Les compagnies aériennes se préparent déjà à reprendre. Du côté d'Air Austral, le calendrier indique une reprise progressive, avec un objectif d'un vol par jour à partir du 6 juillet.

Faudra-t-il alors resserrer les vis pour être certain que les gestes barrières sont respectés ? Du côté des professionnels du tourisme on essaie de se préparer, tout en réclamant une reprise active, pour souffler un peu sur le plan économique.

L'Ile de La Réunion Tourisme (IRT) a résumé la marche à suivre : distanciation et désinfection pour louer un véhicule, masque dans les parties communes des hôtels, flux des visiteurs régulés dans les espaces touristiques, protocole sanitaire pour les activités sportives…

C'est dans les espaces publics quotidiens qu'il est nécessaire de se responsabiliser. "Il faut réellement éviter les risques de recontaminaton" prévient François Chièze. "L'absence de masques dans les magasins et les supermarchés est une erreur. Il faut y remédier. Nous avons jusqu'à mi-juillet pour reprendre ces habitudes, il y en va de l'intérêt individuel mais aussi de l'intérêt collectif."

- Le virus est toujours là -

Le risque d'une seconde vague est bien là. Si La Réunion n'a pas connu de véritable vague épidémique à proprement parler, il serait dommage de voir le virus s'installer à nouveau dans nos vies.

Sur le plan international, la communauté scientifique est claire : la menace est loin d'être disparue, et on compte près de 10 millions de cas recensés depuis le début de la pandémie. En Europe la pandémie de Covid-19 menace même de repartir. Aux Etats-Unis et en Amérique latine on observe un rebond du nouveau coronavirus.

Dans l'océan Indien la situation est très loin d'être stabilisée. Notamment à Mayotte, qui rouvre pourtant son aéroport et reprend sa liaison commerciale avec La Réunion. L'île aux parfums compte plus de 2.500 cas depuis le début de la pandémie et 32 décès.

Mayotte qui s'inquiète pourtant de ses pays voisins. Car aux Comores et à Madagascar le virus continue aussi de progresser. "La situation sanitaire ne s'arrange pas" titraient alors nos confrères de France Mayotte Matin ce mardi 23 juin.

1.829 cas à Madagascar et 16 décès, 272 recensés aux Comores avec 7 décès. Des pays pauvres dans lesquels le port du masque et le respect des gestes barrières passent après l'urgence de manger et boire à sa faim. "Le virus gagne du terrain avec un leitmotiv retrouvé aux quatre coins de l’île : “plutôt mourir du covid que de mourir de faim”..." écrit France Mayotte Matin. Sur la grande île déjà gangrenée par la pauvreté, la vie tourne au ralenti et il faut survivre par tous les moyens.

Quoi qu'il en soit, le virus ne tarit pas dans ces territoires. L'île Maurice a d'ailleurs décidé de garder ses frontières fermées jusqu'en septembre, par mesure de précaution.

Tous l'avaient prédit : "il va falloir apprendre à vivre avec le covid". Cela commence dès maintenant, même en déconfinement. La Réunion a la chance de connaître une épidémie limitée, avec une vraie liberté de mouvement et la possibilité de partir en vacances contrairement aux pays voisins. Alors faisons-le de manière responsable car le virus, lui, circule toujours.

mm / www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

   

5 Commentaire(s)

GaÃ, Posté
Le formulaire de tracabilité permet d'avoir tous les renseignements... Donc l'ars peut contacter les personnes arrivés sur l'île 7 jours, voir 14 jours après et proposer un autre test ! Bien sÃ"r si celui reste gratuit car c'est sûr que payer 89 euros de sa poche n'a ne donne pas envie de faire ce test....
Chifoumi, Posté
Franchement moin lé dégouté y laisse rentre le virus comme ça sans impose de quatorzaine obligatoire
Les coupables y mettent anou en danger volontairement. Et ça le conseil scientifique y voit pas de problème quant à notre liberté. Enferme bana pou quinze jour té un problème seulement. Tout ça pou fait avale anou la couleuvre oui ? ? 
La parole, Posté
Nous devons nous battre pour que la quatorzième soit remis d office.
Juliette, Posté
6 personnes sur 8, n avaient pas fait de test avant d embarquer. Pourquoi?? Se savaient ils malades? D où viennent ils ? De quel cluster ? Sont ils désormais dans un lieu controlé, en sécurité ? Quel était leur destination finale ?
Jérome, Posté
c'est une situation difficile pour tout le monde...