Rebond inquiétant :

Covid-19 : le nombre de cas journaliers dépasse à nouveau la dizaine


Publié / Actualisé
Ce dimanche 5 juillet le bilan quotidien des nouveaux cas de Covid-19 recensés sur l'île a fait un bond : 11 cas confirmés en une journée seulement. Parmi eux, 5 autochtones. Un nombre qui dépasse la dizaine, cela n'était pas arrivé depuis... le 9 avril. Un rebond qui ne présage rien de bon, à quatre jours de la fin de la septaine obligatoire. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Ce dimanche 5 juillet le bilan quotidien des nouveaux cas de Covid-19 recensés sur l'île a fait un bond : 11 cas confirmés en une journée seulement. Parmi eux, 5 autochtones. Un nombre qui dépasse la dizaine, cela n'était pas arrivé depuis... le 9 avril. Un rebond qui ne présage rien de bon, à quatre jours de la fin de la septaine obligatoire. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

La Réunion commençait presque à s'habituer à ces quelques cas supplémentaires de Covid-19 chaque jour. Mais l'île est restée globalement épargnée, sans véritable vague épidémique et avec un confinement tombé à point nommé, moins d'une semaine après le recensement du tout premier cas de Covid-19. C'était le 11 mars.

Depuis les cas confirmés ont majoritairement été des cas importés. Ce dimanche 5 juillet, le nombre de nouveaux cas confirmés dépasse à nouveau la dizaine. Cela n'était pas arrivé depuis le 9 avril dernier, avec 14 cas recensés. Depuis, seuls 1, 2 ou 3 cas étaient annoncés chaque jour.

La dizaine a été frôlée cependant le 25 juin dernier, trois jours seulement après la fin officielle du motif impérieux entre la Métropole et La Réunion. Ce jour-là ce sont 8 cas qui ont été annoncés, tous importés.

- Bond des cas autochtones -

Ce dimanche le bilan est différent. Car si le nombre de cas est supérieur, force est de constater que plus de la moitié des cas investigués sont des autochtones. En effet, 4 personnes sont identifiées comme "cas importés", 5 autres sont des cas autochtones.

Selon la préfecture et l'ARS, l'un de ces cas pose question, aucun lien n'a été fait avec d'autres cas connus. C'est ce qui définit, de fait, la catégorie "autochtone". Les 4 autres, en l'occurrence, sont en lien avec "un cas précédemment annoncé au sein d'une même famille". Un lien qui manifestement n'est pas direct, puisque ces 4 personnes sont bien classées "cas autochtones" et non secondaires (liés directement aux cas importés, ndlr). Les deux derniers sont en cours d'investigation.

Jusqu'ici on dénombrait 5 nouveaux cas autochtones dans la semaine. Ce chiffre a doublé ce dimanche avec les 5 nouveaux annoncés par les autorités, et on l'on passe donc à 10 cas autochtones en une semaine seulement. Les derniers cas conclus comme étant autochtones remontaient au 18 juin dernier.

Le terme "autochtones" signifie qu'aucun lien direct n'est fait avec les cas importés, la raison de la contamination est donc difficile à tracer. Un rebond important du nombre de cas autochtones pourrait laisser penser que la circulation virale s'amplifie sur l'île.

- Fin de septaine problématique -

Autre particularité, qui se renforce avec les chiffres de ce dimanche : le dépistage de personnes contaminées en fin de septaine. C'est le cas de 7 personnes cette semaine sur 13 cas importés, soit plus de la moitié.

A chaque fois, ces voyageurs (extérieurs, ou de retour à La Réunion) ont ou bien témoigné d'un test covid négatif à leur montée dans l'avion, ou bien été dépistés négatifs à leur descente. C'est bien au cours de leur septaine ou à l'issue de celle-ci que le test s'est avéré positif au Covid-19.

La septaine est toujours obligatoire et ce jusqu'au 10 juillet. A l'issue de cette période d'isolement de 7 jours, les voyageurs sont testés à nouveau.

Lorsque la septaine disparaîtra, ce type de cas ne pourra plus être détecté. Nous avions déjà posé la question au docteur François Chièze, responsable veille et sécurité sanitaire à l'ARS, le 27 juin dernier. Celui-ci, conscient du problème, a indiqué que l'ARS était "en train de réfléchir à des solutions qui permettraient d'avoir une situation solide par la suite".

Les équipes en charge du tracing ont été augmentées, celles de l'assurance maladie également. "On fonctionnera par sms pour faire des rappels aux voyageurs et leur communiquer les informations. Et nous allons mettre en place un système de contact avec les médecins généralistes de l'île pour que les passagers soient suivis au mieux."

Sans septaine cela dit il sera difficile d'opérer la même surveillance. En cas de symptômes, la responsabilité des voyageurs sera grandement mobilisée. Dans le cas contraire, impossible de détecter la présence du virus.

C'est d'ailleurs ce qui inquiète la communauté médicale. Qu'il s'agisse de l'Union des médecins libéraux ou de l'Ordre des médecins, tous demandent le maintien de la septaine.

L'isolement des voyageurs au-delà du 10 juillet est, selon eux, une nécessité pour éviter une deuxième vague.

- Une semaine-clé pour le virus -

Autant de chiffres qui interviennent au début d'une semaine-clé. Ce lundi 6 juillet marque un tournant dans la reprise des vols commerciaux puisque la compagnie réunionnaise Air Austral a annoncé un vol par jour à compter de cette date.

Jusqu'ici, 6 vols hebdomadaires étaient assurés entre La Réunion et Paris. Rappelons aussi que le plafond de 250 passagers au départ de Paris est déjà levé.

La liaison avec Mayotte a également repris, bien que le motif impérieux reste en place. A ce jour, seul un vol par semaine est assuré de Mayotte vers La Réunion, et 4 vols par semaine dans l'autre sens.

La situation à Mayotte, encore département orange et dont la situation est loin d'être stabilisée, inquiète également la communauté médicale.

“On ne peut pas mettre les gens sous cloche pendant des années, mais mettre en place des vols commerciaux depuis une île où l’épidémie n’est pas du tout endiguée, c’est un problème. Il doit y avoir un isolement obligatoire avec une évaluation. La liberté, c’est aussi des responsabilités”, nous indiquait Christine Kowalczyk, présidente de l'Union Régionale des Médecins Libéraux de l'océan Indien.

- Un contexte tendu sur fond de gestes barrières oubliés -

"La faute aux touristes" et aux gens venus de l'extérieur quels qu'ils soient, peut-on parfois lire sur les réseaux sociaux. La reprise des cas autochtones prouve bien que ce n'est pas l'unique problème.

Car La Réunion, plutôt épargnée, a bien vite oublié les gestes barrières, comme partout dans le monde. En France, les images de concerts, de parcs bondés, de supermarchés sans aucun masque à l'horizon abondent. C'est également le cas sur l'île.

Les bars et restaurants en viennent à resserrer les vis parfois, quand l'absence de masque au bar ou bien en se rendant aux toilettes est trop fréquente. Certains refusent même de servir les clients si le port du masque n'est pas respecté.

Mais cela n'empêche pas le masque de tomber dans les lieux publics pourtant bondés comme les grandes surfaces ou les magasins, où la distanciation physique, elle aussi, a disparu. Et la soirée électorale du second tour des municipales, brassant les foules dans la rue, n'a rien arrangé.

Le respect de la septaine jusqu'au 10 juillet est capital, face aux nouveaux chiffres communiqués par les autorités. Capitaux sont également ces gestes barrières qui pourtant ont permis d'endiguer l'épidémie jusqu'ici.

Des règles sanitaires qui pourraient bien se corser si les chiffres continuent à augmenter. La reprise du tourisme est en marche, et apercevoir un avion dans le ciel n'est plus quelque chose de rare. Plus que jamais, en ces mois de haute saison, les gestes barrières sont importants. Une barrière contre ce virus invisible, alors que les portes de l'île s'ouvrent de plus en plus.

mm / www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

   

6 Commentaire(s)

Yéyé, Posté
Comme à l'accoutumée, je pense réellement que les responsables qui devraient agir au plus vite n'en auront pas le courage !!! Ils vont attendre comme d'habitude que le point de non retour soit dépassé ... Ce point dépassé, l'économie de l'île s'en portera encore plus mal, croyez moi !
Jojo, Posté
On ne peut pas évidemment mettre tout le monde sous cloche mais il est préférable de les mettre (Les voyageurs )sous cloche que dans des planches et sous terre.
Lilou, Posté
Il faudrait d'abord éduquer ceux qui arrivent ici et qui ne respectent pas les règles et il faudrait aussi exiger dans toutes les administrations que tous portent des masques et respectent la distanciation.Aujourd'hui je suis allée à la mairie de St Denis les gens qui portent des masques se comptaient sur les doigts d'une et les employés étaient rares à porter un masque
Chifoumi, Posté
Comment le cas autochtone sans lien avec personne est apparu. Ça veut dire qu'il y a une circulation quand même. Même minime. Donc attention, demain ça peut péter.
Fabs, Posté
Cessez de chercher d'affoler les gens alors que les chiffres restent globalement stables, et qu'une augmentation sur une seule journée ne signifie pas forcément un changement de courbe. Et la comparaison avec le 9 avril... pour mémoire, il y avait eu 20 cas positifs ce jour-là.
KUNTA KINTé, Posté
THE SCANDAL
Du petit télégraphe en préfecture + Martine au cours préparatoire , martine fait de la danse , martine va au marché , martine fait pipi ... A croire qu'on a à faire à Tonton Préfet, tata Martine, c'est vraiment les Ceaucescu . Vu l'expansion forte et exponentielle du coronavirus dans l'île aux Parfums, aucun avion ni aucun passager en provenance de Mayotte ne devraient être autorisés actuellement à se rendre à La Réunion et à y séjourner. Le nombre important de cas de contaminations ici est uniquement dû à votre lenteur à fermer l'aéroport rapidement, comme on vous y avait pourtant convié. Prenez urgemment les bonnes décisions ! ... Aujourd'hui à Mayotte n'est rien de plus, rien de moins qu'un concentré de problèmes de la colonisation . Tant que les frontières comoriennes seront comme des passoires, le problème mahorais restera insoluble . Les gouvernements qui se sont succédés n'ont pas pris le problème à bras-le-corps. Raison pour laquelle, tout leur pète à la figure aujourd'hui.