Port du masque envisagé à l'extérieur à Saint-Denis :

Covid-19 : prévenir plutôt que guérir


Publié / Actualisé
La mairie de Saint-Denis a annoncé ce jeudi 6 août 2020 envisager le port du masque obligatoire à l'extérieur. Une mesure qui répond aux préconisations du Conseil scientifique. Celui-ci redoute en effet une seconde vague en fin d'année et recommande aux grandes villes de France, dont Saint-Denis fait partie, de se tenir prêtes en cas de regain du virus. Le port du masque dans la rue ne s'annonce pas aisé cependant, sur une île peu touchée par le Covid-19, et alors que les habitants prennent vite l'habitude de porter le même masque plusieurs jours de suite. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
La mairie de Saint-Denis a annoncé ce jeudi 6 août 2020 envisager le port du masque obligatoire à l'extérieur. Une mesure qui répond aux préconisations du Conseil scientifique. Celui-ci redoute en effet une seconde vague en fin d'année et recommande aux grandes villes de France, dont Saint-Denis fait partie, de se tenir prêtes en cas de regain du virus. Le port du masque dans la rue ne s'annonce pas aisé cependant, sur une île peu touchée par le Covid-19, et alors que les habitants prennent vite l'habitude de porter le même masque plusieurs jours de suite. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

Devra-t-on bientôt tous porter un masque dans la rue ? Certains s'y préparent et c'est dans cette optique que la maire de Saint-Denis Ericka Bareigts a annoncé ce jeudi 6 août réfléchir au sujet. Le port du masque pourrait alors devenir obligatoire dans certaines zones extérieures du chef-lieu comme les marchés, les grandes rues commerçantes, les parcs ou encore le sentier littoral.

Une réunion est prévue entre la mairie et l'ARS lundi 10 août sur le sujet.

• Saint-Denis préfère anticiper

Une réflexion qui peut interpeller alors que La Réunion, déjà peu impactée par le virus, affiche un nombre de nouveaux cas quotidiens relativement faible durant ces grandes vacances. La semaine dernière, aucun cas n'a été détecté durant cinq jours consécutifs.

Pourtant bien que peu visible, le Covid-19 est toujours là et les autorités sanitaires comme la communauté médicale n'ont de cesse d'appeler à la prudence.

Bien que la décision du chef-lieu en soit toujours au stade de réflexion, Ericka Bareigts a justifié cette option pour éviter un reconfinement.

Contactée sur les raisons de ce choix, la mairie de Saint-Denis estime que "la crise du Covid-19 oblige à tout réinventer". C'est donc pour anticiper tous les scénarios possibles que la commune opte pour une protection renforcée.

"Nous sommes dans la prévention. L'idée est justement de ne pas attendre une éventuelle circulation du virus pour prendre des décisions" ajoute la mairie.

• Un contrôle difficile en pleine rue

Reste la question du contrôle de ces nouvelles mesures. S'il est plutôt aisé de vérifier le port du masque en intérieur – il est obligatoire dans tous les lieux clos publics depuis le 20 juillet – la tâche se corse quand il s'agit de contrôler en extérieur.

Obligatoire dans une rue, pas dans l'autre, le masque pourrait devenir un vrai casse-tête pour les forces de l'ordre. Faudra-t-il par exemple instaurer des points de passage dans les marchés pour vérifier les allées et venues des citoyens ? Ou bien simplement surveiller de loin ? Faudra-t-il déployer davantage de policiers sur le sentier littoral ou au carré piéton ?

A ces questions, la mairie de Saint-Denis nous répond que "si la décision est prise de porter le masque en extérieur dans certains lieux, il faudra bien sûr définir les modalités du respect de cette mesure, cela entre aussi dans la réflexion". Les détails restent donc à peaufiner.

• Le Conseil scientifique redoute une seconde vague

La communauté médicale et scientifique ne cache pas ses inquiétudes quant à l'arrivée d'une seconde vague, prévue autour des mois d'octobre-novembre ou en tout cas en fin d'année 2020.

Pour le Conseil scientifique, c'est clair : la pandémie n'est pas terminée, loin de là. La période actuelle est appelée "inter-épidémique", elle doit se baser sur une "vigilance accrue qui nécessite la mise en œuvre combinée de stratégies de diagnostic, de surveillance renforcée et de dépistage". C'est dans cet esprit qu'a voulu s'inscrire la maire de Saint-Denis.

Au terme de leur concertation du 27 juillet, les membres du Conseil scientifique ont établi plusieurs constats. Parmi eux, que le fait que la France se trouve dans une situation contrôlée mais fragile. La Réunion cependant s'éloigne du bilan fait en Métropole, où l'on observe une augmentation de la circulation virale durant ces grandes vacances. Un dépistage massif est toujours recommandé.

• Les 20 plus grandes villes doivent se préparer

Le Conseil pointe également du doigt les "20 grandes métropoles", dans lesquelles le risque de propagation du virus est important. Pour les scientifiques, des "plans locaux d'intervention" doivent être envisagés en cas de menace.

En nombre d'habitants, Saint-Denis de La Réunion est la 20ème plus grande commune de France et est donc concernée par ces préconisations.

• Vers des reconfinements locaux ?

Le Conseil scientifique n'exclut pas le recours au reconfinement. Si dans notre département le Covid-19 n'a pas disparu mais reste bien moins pesant qu'en Métropole ou dans d'autres territoires ultramarins comme Mayotte ou la Guyane, il n'est pas à l'abri du reconfinement.

On se souvient du 16 mars dernier en effet où le confinement a été établi pour l'ensemble du territoire national. Il en va de même avec le port du masque dans les lieux clos, mesure qui vaut pour l'Hexagone comme pour les Outre-mer.

Ainsi, en cas de seconde vague, La Réunion pourrait être reconfinée au même titre que le reste du pays. Le Conseil recommande en tout cas de se préparer en cas de "confinement local" dans les zones "à forte densité de population". Les messages de santé publique, un travail sur la gestion de l'épidémie, le soutien aux personnes vulnérables… tout ceci en fait partie.

• Le changement de masque toutes les 4 heures loin d'être respecté

En cas de rebond épidémique, le masque deviendra plus que jamais un objet du quotidien. Or il n'est pas toujours respecté dans les règles de l'art. Un masque chirurgical est normalement conçu pour être porté 4 heures, pas plus.

Pourquoi cette durée de vie ? Au-delà, les vertus filtrantes des matériaux qui composent le masque ne sont plus considérées comme optimales. De même, l'effet de "filtrage" des masques en tissu est limité. Au bout d'une dizaine de lavages, il faut déjà penser à en changer. Le masque FFP, lui, a une duré de 8 heures.

Au-delà de 4 heures, le risque de toucher son masque avec les mains - pleines de microbes - est aussi renforcé, par habitude. Une fois en contact avec des mains, le masque peut être "contaminé" par le virus, contaminant par la suite celui ou celle qui le porte. A noter aussi que dès que le masque est humide, il perd son efficacité, son effet "barrière" disparaît.

Malgré toutes ces règles, nombreux sont ceux qui portent leur masque chirurgical plusieurs fois de suite et leur masque en tissu toute la semaine... Le risque est réel et le masque, une fois usagé, n'a plus aucune utilité. Une difficulté supplémentaire quand il s'agit de porter un masque tous les jours, et peut-être bientôt dans la rue.

• Le masque pas toujours confortable

Qu'il faille le porter à l'intérieur ou à l'extérieur, le masque peut parfois donner l'impression d'étouffer. "Les gens sont plus sensibles à cette sensation d’enfermement" explique une pharmacienne de Saint-Denis. "Le masque, qu’il soit en tissu ou chirurgical, c'est effectivement compliqué pour la respiration, cela demande des efforts. Les gens ne sont pas habitués à respirer 'leur propre respiration'" ajoute-t-elle.

Et si ces maux de tête trouvaient tout simplement leur origine dans les élastiques… "Sur certains masques, les élastiques se resserrent au premier lavage. Cela tire sur les oreilles et provoque des douleurs", raconte la pharmacienne.

"Pour certains de nos clients, porter un masque peut se révéler vraiment gênant, surtout pour les personnes souffrant de problèmes respiratoires" reconnaît Paul Dumas, un autre pharmacien, "mais c'est une gêne surmontable".  En l'absence de dérogation, le pharmacien conseille donc de s'habituer à respirer avec un masque en commençant par le porter pendant des périodes courtes.

En-dehors de l'aspect parfois "étouffant" des masques, certains pointent également le fait qu'ils peuvent causer des problèmes de peau. Des techniques existent pour s'aérer la peau... gare aux infections.

mm / es / www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

   

1 Commentaire(s)

Kitty, Posté
Ce serait une bonne mesure le port du masque a l'extérieur ! Je préfère supporter cela plutôt qu'un reconfinement!
Les communes.devrait penser au recyclage des masques en installant des bornes dédié s. Des poubelles spécifiques. Baisser le prix des masques, parce-que 50â"¬ 100 masques ça va vite pour une famille ! Être plus sérieux dans les contrôles des voyageurs aussi serait une vrai bonne chose pour éviter un rebond des cas de COVID. L'ARS ne compte que sur la bonne volonté des gens.... Faut pas rêvé ! C'est grave cette épidémie ! J'ai personnellement rencontré une personne qui était en semaine après un voyage, a Carrefour !!!! C'est juste pas possible !
En espérant que les politiques n'aient pas peur de prendre les bonnes décisions et non du chouchoutage politique !!!