32 nouveaux cas ont été confirmés mercredi, dont 16 issus du cluster :

Foyer de contagion : la menace d'une multiplication des cas


Publié / Actualisé
L'Agence régionale de Santé et la préfecture ont confirmé, mardi 11 août 2020, l'identification du premier foyer de contamination Covid-19 à La Réunion. En l'espace de 48 heures, neuf personnes ayant participé au même événement familial à Saint-Denis ont été testées positives au coronavirus. Ce mercredi 12 août, ce sont 32 nouveaux cas qui ont été confirmés par les autorités, dont 16 appartenant au foyer de contagion. Alors que seuls 30% des voyageurs se sont soumis à des tests sept jours après leur arrivée sur l'île, l'apparition de ce premier cluster confirme la circulation de cas autochtones et soulève plusieurs questions ce qui est à venir pour La Réunion. (Photo rb/www.ipreunion.com)
L'Agence régionale de Santé et la préfecture ont confirmé, mardi 11 août 2020, l'identification du premier foyer de contamination Covid-19 à La Réunion. En l'espace de 48 heures, neuf personnes ayant participé au même événement familial à Saint-Denis ont été testées positives au coronavirus. Ce mercredi 12 août, ce sont 32 nouveaux cas qui ont été confirmés par les autorités, dont 16 appartenant au foyer de contagion. Alors que seuls 30% des voyageurs se sont soumis à des tests sept jours après leur arrivée sur l'île, l'apparition de ce premier cluster confirme la circulation de cas autochtones et soulève plusieurs questions ce qui est à venir pour La Réunion. (Photo rb/www.ipreunion.com)

Ce que l'on craignait depuis l'apparition du premier cas de Covid-19 sur l'île, le 11 mars 2020, semble désormais se produire : La Réunion fait face à une multiplication de cas positifs au coronavirus après l'identification d'un premier foyer de contagion, à Saint-Denis, mardi 11 août.

Lire aussi : Covid-19 : explosion des cas liés au foyer de contamination de Saint-Denis

C'est au cours d'un repas de mariage dans un quartier de Saint-Denis que les personnes ont été contaminées. Plusieurs dizaines de convives ont participé aux festivités. Ils ont ensuite vaqué à leurs occupations, contaminant potentiellement d'autres personnes.

A ce stade, l'Agence régionale de santé (ARS) a déjà identifié plus de 100 contacts liés à cet événement. Organisées par l’ARS et la commune de Saint-Denis, avec la contribution des laboratoires, des opérations de dépistage ciblées pour toutes les personnes contacts issues de ce cluster (foyer de contamination) auront lieu ce jeudi 13 août et ce vendredi 14 août.

- Un tournant -

Le dernier bilan de Santé publique France fait état de 326 clusters actifs sur l'ensemble du territoire français, dont 25 nouveaux en 24h. Depuis le début du déconfinement, 904 cas groupés au total sont apparus en France, dont le premier à La Réunion, consécutif à un événement familial à Saint-Denis. 

Un tournant dans la lutte contre l’épidémie selon le docteur Alain Domercq, président du conseil interrégional de l’Ordre des médecins. “C’est un premier signe d’alerte qui nécessite une mobilisation et qui montre bien qu’il y a maintenant une circulation des cas autochtones à La Réunion”, affirme-t-il.

Pour rappel, les autorités définissent un cluster “par la survenue d’au moins 3 cas confirmés ou probables dans une période de 7 jours, qui appartiennent à une même communauté, un même quartier ou qui ont participé à un même rassemblement de personnes”. Un cluster est considéré maîtrisé 14 jours après le dernier cas.

L’Agence régionale de Santé et la préfecture ont donc fait état de pareille situation à La Réunion, avec la confirmation mardi de neuf personnes positives au coronavirus, qui ont participé au même événement de famille et forment donc un foyer de contagion.

- “Le danger est que le cluster en fasse un autre” -

Que signifie concrètement l’apparition d’un cluster sur l’île pour les Réunionnais ? “Ça affirme d’abord qu’il y a un développement du virus localement. L’idée, quand il y a un cluster, est d'essayer de le limiter au maximum pour éviter qu’il soit à l’origine d’une transmission plus importante de l’épidémie”, explique le docteur Alain Domercq. “Le danger est que le cluster en fasse un autre à côté, qui en fasse un autre à côté, qui en fasse un autre à côté.”

L’identification des cas contacts par l’ARS et la préfecture est donc absolument essentielle pour éviter une multiplication exponentielle des foyers épidémiques. Dès mardi, elles annonçaient l'investigation de près de 100 personnes potentiellement en contact proche avec un cas confirmé de coronavirus pendant sa période de contagiosité.

Une procédure qui a résulté, ce mercredi, en la confirmation de 16 nouveaux cas positifs en lien avec le cluster. Parmi les cas positifs déjà confirmés, de trouvent un agent d’une mairie annexe de Saint-Denis et un animateur de centre aéré. “Une procédure spécifique de contact tracing autour de ces deux personnes a été engagée et a permis d’identifier 10 employés de mairie annexe, 10 animateurs et les familles des 41 enfants ayant fréquenté le centre aéré comme cas contacts”, a indiqué la préfecture dans un communiqué.

Un nombre conséquent qui soulève évidemment la question d’une explosion de cas positifs ces prochains jours à La Réunion. 

- Seulement trois voyageurs sur dix testés à J+7 -

Avec ce premier cluster sur l’île, la circulation de cas autochtones, personnes ayant un lien indirect ou n’ayant aucun lien avec un cas importé, est désormais établie. Selon la définition des autorités, il est donc possible que des cas autochtones aient contracté le virus par contact indirect avec des cas importés, qui représentent encore 70% de la totalité des dépistages positifs à La Réunion.

“Nous n’avons eu pratiquement que des cas importés, ça doit mobiliser les autorités et la population dans cette période particulière qu’est la rentrée scolaire, avec le retour des gens de Métropole”, avise Alain Domercq. Quelques heures avant l’annonce du premier foyer de contagion à La Réunion, la maire de Saint-Denis Ericka Bareigts était reçue par le préfet Jacques Billant pour évoquer justement la mobilisation préconisée par le Dr Domercq.

Lire aussi : Ericka Bareigts prône la mise en place d'un plan Orsec Covid

Lors d’une conférence de presse suivant cet entretien, l’édile dionysienne a écarté l’idée d’un reconfinement local, comme envisagé par le Conseil scientifique, mais a appelé de ses voeux tous les voyageurs à se faire tester sept jours après leur arrivée sur l’île. “Il est question de ne plus avoir de trous dans la raquette, il faut protéger La Réunion”, a-t-elle insisté. En effet, à ce jour, seul 30% des voyageurs se sont soumis à un test de dépistage J+7.

Serait-il pertinent pour l’ARS et la préfecture de changer la recommandation de dépistage J+7 en obligation ? Nous avons posé la question. Sans réponse de l'ARS pour le moment.

- Mobilisation des autorités et de la population -

Pour Alain Domercq, il n’incombe pas seulement aux autorités de restreindre la propagation du coronavirus. “ll faut que les gens prennent conscience qu’avec les retours de vacances, il y a aujourd’hui la possibilité que le nombre de cas augmente. Il faut porter le masque dans les lieux fermés, éviter les grands rassemblements, toutes les consignes qu’on répète depuis le début. On ne parlera pas forcément de deuxième vague, puisqu’on n’a pas eu de première vague, mais il faut rester très vigilant parce que La Réunion est un territoire relativement vierge.”

Et le président du conseil interrégional de l’Ordre des médecins d’implorer les voyageurs à suivre les recommandations sanitaires  : “Quand vous revenez de vacances, vous n’allez pas faire vos courses, faire la bise à tous les cousins et demander à la grand-mère comment elle va. Vous restez chez vous. Et il est impératif d’aller faire votre test. Il faut que tout ça soit respecter. Si c’est le cas, on aura un minimum de clusters. Si ce n’est pas le cas, l’épidémie va s’étendre.

Nous avons demandé à l’ARS si l’identification du foyer de contagion avait eu un impact sur les indicateurs clés du suivi de l’épidémie, notamment le taux de reproduction du virus, qui indique le nombre de personnes contaminées par un seul malade. Sans réponse pour le moment.

“Si vous regardez la Mayenne, ça a commencé par des clusters”, cite comme exemple Alain Domercq. “Un cluster ne signifie pas forcément une dangerosité, mais ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas de risques non plus. Il faut que les cas contacts soient suivis, isolés, dépistés pour contenir la zone dans laquelle des gens ont été contaminés.”

aa / www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

   

5 Commentaire(s)

Mayaqui, depuis son mobile, Posté
Je n avais pas bien lu !!!!
Donc
On se teste 72 h avant de rentrer à la réunion
Et on se reteste 7 jours après l arrivée ; c est ce second point qui n est pas obligatoire mais fortement recommandé............
........ obligatoire , un point c est tout .....
c est quoi ces tergiversations ?,,,
Mayaqui, depuis son mobile, Posté
Mais enfin ce n'est pas encore obligatoire de se faire tester 72 heures avant de venir à la réunion?
La préfecture a édité un tableau que vous avez publié il y a 15 jours !!!!!
Je ne comprends plus ...
Sapoties, Posté
Pourquoi "souhaiter de tous vos voeux que les passagers acceptent d'être testés"?
C'est quoi ça??? INTERDISEZ LES VOYAGES À TOUS CEUX QUI REFUSENT D'ÊTRE TESTÉS, point barre!!! En quoi c'est compliqué ça???
Ce n'est pas étonnant que ce monde parte en vrille et que les Forces de l'Ordre ne soient plus du tout respectées, si les élus ne sont même pas fichus d'imposer la moindre règle!!!
C'est incroyable, un monde de mous du genou
La vérité si je mens !, Posté
Enfin un site qui écrit en français . Lire des journaleux qui écrient des mots FranKé-Anglé (un cluster) .

Si simple d'écrire un foyer de contamination !

L'intéressant est d'actualité chez des journaleux
JJ, Posté
les tests en option c'est vraiment du grand n'importe quoi