Trop peu de centres et des longues files d'attente :

Dépistage du Covid-19 : une nécessité qui demande beaucoup de patience


Publié / Actualisé
Alors que le nombre de cas Covid-19 explose depuis l'apparition du premier foyer de contagion le 11 août 2020, les autorités appellent la population à être prudente - et à se faire dépister. Pour autant, alors que l'Agence régionale de santé (ARS) avait annoncé des campagnes de dépistage gratuit un peu partout dans l'île en juillet dernier, peu de campagnes ont été organisées depuis. De nouvelles opérations sont prévues dans les jours à venir, mais uniquement sur la commune de Saint-Denis. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Alors que le nombre de cas Covid-19 explose depuis l'apparition du premier foyer de contagion le 11 août 2020, les autorités appellent la population à être prudente - et à se faire dépister. Pour autant, alors que l'Agence régionale de santé (ARS) avait annoncé des campagnes de dépistage gratuit un peu partout dans l'île en juillet dernier, peu de campagnes ont été organisées depuis. De nouvelles opérations sont prévues dans les jours à venir, mais uniquement sur la commune de Saint-Denis. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

Avec une capacité de 12.000 tests PCR par semaine à La Réunion, le dépistage massif de la population semble pouvoir être réalisable. Sur le papier pourtant, en dehors d'actions ponctuelles, la grande majorité des dépistages se font en laboratoire.

Les opérations de dépistages spontanées, elles, s'organisent en collaboration entre la commune et l'Agence régionale de Santé. Pour l'heure, seule la ville de Saint-Denis organise encore ces opérations, et ce de façon ponctuelle. "Il n'y a, pour l'heure, aucun projet de centre de dépistage pérenne sur la commune" précise la ville. Elle souligne par ailleurs que les dépistages sont toujours réalisés au petit stade de l'Est, mais que celui-ci reste réservé pour les dépistages des voyageurs, sept jours après leur arrivée dans l'île.

- Le TCO va mobiliser des salles -

Dans certaines communes, pas question pour l'heure d'installer de stand durable. A Saint-Louis par exemple, il "n'existe pas de projet de ce type, la situation épidémiologique ne rapportant pour l'instant aucun cas de Covid-19 sur le territoire" indique la municipalité.

A Saint-Pierre, un centre de consultations ambulatoires ouvrira ses portes ce lundi. Pour autant, ce ne sera pas un lieu pour se faire dépister volontairement : le centre accueillera des patients redirigés par leur médecin traitant, afin d'éviter que de potentiels malades du Covid-19 ne se rendent chez leur soignant. Ils rencontreront sur place un médecin, qui leur indiquera s'ils doivent se faire dépister. Pour l'heure, on ignore encore combien de soignants seront mobilisés sur place, "une réunion étant prévue ce samedi pour organiser la logistique du lieu" précise la commune. Le centre sera ouvert seulement la matinée.

Les communes du TCO, elles, ont bien annoncé leur intention de mettre des salles à disposition pour aider au dépistage de la population. Au Port, par exemple, le gymnase Nelson Mandela sera réquisitionné dès ce samedi pour tester les habitants. D'autres salles sur les différentes communes du territoire devraient suivre le pas. Pour autant, l'ARS, contactée par Imaz Press, n'a pas souhaité s'exprimer sur la question, indiquant qu'une conférence de presse sera organisée pour faire le point sur l'évolution de la situation.

- Beaucoup de patience nécessaire -

On ignore aussi combien de soignants sont mobilisés pour ces opérations. Concernant les centres de dépistages en laboratoire, c'est le personnel Cerballiance qui se charge de tester les patients. Les laboratoires acceptent par ailleurs d'accueillir toute personne souhaitant se faire tester, mais "la priorité reste donnée aux personnes symptomatiques, qui reviennent de voyage ou qui sont cas contact" précise l'ARS.

Une situation qui pousse à s'armer de patience. Car en laboratoire comme en centre ponctuel, l'attente est de mise. Cela a été observé à chaque nouvelle opération : la population, plus que partante pour se faire tester, attend dès le petit jour devant les stands pour se faire tester. Une situation intenable pour certains, qui refusent de passer plusieurs heures à patienter pour un dépistage.

De nouvelles mesures devraient être annoncées ce vendredi par l'Agence régionale de santé. En espérant qu'elles apportent une solution à l'accès aux dépistages.

Lire aussi : Tests obligatoires et téléconsultations : incontournables pour empêcher la propagation du virus

as / www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

   

3 Commentaire(s)

Erick Reunion, Posté
J'ai fait 2 demandes par mail à 2 labos différents depuis 5 jours afin d'anticiper la prise d'un rdv pour effectuer un test à J+7 ! Toujours pas de réponse ... En télétravail actuellement, difficile d'envisager de perdre 3 demi journées pour un éventuel test sans rdv !

Il y à plusieurs avions de plus de 300 passagers qui arrivent les week-end, le site de test COVID du stade de l'Est peu faire 300 tests par jours ! Le calcul est vite fait... pas possible de tester tout le monde comme il devrait être fait !
Elenvi, Posté
J'ai fait mon test à J+7 en labo sur recommandations de l'ARS OI.
Pas de possibilité de prise de RDV ... une heure réservée à tous les gens souhaitant se faire dépister (car ce n'est pas encore obligatoire).
Attente longue (1 secrétaire / 1 manipulatrice) pour un fil d'attente (extérieure) qui ne cesse de grandir ... mais là n'est pas la question.
Je tiens à témoigner de la manière dont s'est déroulé le test : manipulatrice brusque, gestes invasifs, protocole d'hygiène léger. Matériel de prélèvement inadapté.
J'ai fait le test à 72 heures avant retour à La Réunion en métropole donc. Les écouvillons ne sont pas les mêmes, ils sont souples et fins ... Ici c'est c'est plus gros et comme la tige est rigide, il faut insister et "pousser" pour que le prélèvement soit fait au delà de la cavité nasale ... donc micro-traumatismes ... l'écouvillon ne ressort pas sans traces ...
Ma fille de 11 ans qui avait vécu cela comme une formalité en métropole est ressortie du labo en pleurs et, est encore 2 jours après, gênée ...
Alors se faire tester : oui bien sÃ"r, évidemment ... mais s'il vous plait, proposez/imposez aux gens de le faire avec du matériel et des professionnels formés qui ne vous prendront pas "à la chaîne" et qui auront dans leurs gestes toute la délicatesse nécessaire pour que ce moment ne soit que "désagréable" et non pas "traumatisant".
Missouk, Posté
Il y a des choses que j'ai quand même du mal à comprendre... La priorité des priorités est de tester les voyageurs à J+7 et de tester les cas contacts, il me semble. Il y a sur l'île pas loin d'une centaine de labos. Ne pourrait-on pas s'appuyer sur ces labos pour tester ces cas là prioritairement? On leur demande (ou on les oblige) de réserver deux créneaux par jour de 45mn pour tester ces personnes sur rv téléphonique par exemple. Cela permettrait d'éviter aux gens de se déplacer parfois loin et d'attendre parfois des heures pour faire ces tests, ou tout simplement d'y renoncer, parce que c'est trop loin, qu'il y a trop d'attente, et qu'il faut prendre une demi-journée de congé pour se faire tester. Si l'ARS n connait pas le bon sens, on peut peut-être les aider ?