Contre la propagation du virus :

Port du masque obligatoire en entreprises : ça commence aujourd'hui


Publié / Actualisé
Si ce n'est déjà fait, préparez-vous : depuis ce mardi 1er septembre 2020 , le port du masque est obligatoire dans toutes les entreprises. Dans les open-space (bureaux collectifs), les salles de réunion, les couloirs, les vestiaires, les coins-cafés... vous devez être masqués en permanence. Seules les personnes travaillant dans un bureau individuel pourront se démasquer. Il existent aussi des exceptions. Passage en revue de ce qu'il faudra faire ou pas à La Réunion comme partout en France (Photo rb/www.ipreunion.com)
Si ce n'est déjà fait, préparez-vous : depuis ce mardi 1er septembre 2020 , le port du masque est obligatoire dans toutes les entreprises. Dans les open-space (bureaux collectifs), les salles de réunion, les couloirs, les vestiaires, les coins-cafés... vous devez être masqués en permanence. Seules les personnes travaillant dans un bureau individuel pourront se démasquer. Il existent aussi des exceptions. Passage en revue de ce qu'il faudra faire ou pas à La Réunion comme partout en France (Photo rb/www.ipreunion.com)

• Masquez-vous dans tous les espaces clos partagés

"Il est nécessaire de systématiser le port du masque dans tous les espaces de travail qui sont clos et partagés", comme les "salles de réunions, couloirs, vestiaires, open space" a annoncé le 18 août dernier la ministre du Travail Elisabeth Borne. Une dispositif réglementaire a ensuite fixé le cadre légal de cette obligation.

Cette "systématisation" ou "généralisation" du port du masque - la ministre et ses services n'utilisent pas le terme "obligation" - s'applique à des espaces comme les "salles de réunions, couloirs, vestiaires, open spaces". Le "protocole national pour assurer la santé et la protection des salariés en entreprise dans la période de crise sanitaire" a été publié lundisur le site du ministère.

 Ce texte remplace le "protocole de déconfinement" en vigueur depuis le 24 juin, qui impose, entre autres, le masque uniquement quand la distance d'un mètre n'est pas respectée. Le port du masque doit être associé à tous les autres gestes barrières (notamment le lavage des mains) et aux prescriptions d'ordre général comme l'aération des locaux.

Lire aussi : Covid-19 : le port du masque en entreprise devient obligatoire à partir du 1er septembre

Donc, on récapitule.
Vous partagez votre espace de travail avec vos collègues (bana i apèl sa l'open space), masquez-vous.
Vous déambulez dans les couloirs en quête d'un ladi lafé ou vous  partez d'un pas décidé vers le bureau de la ou du boss, masquez-vous.
Vous participez à une réunion, masquez-vous (ce qui aura aussi l'avantage de cacher d'éventuels bâillement intempestifs).
Vous allez au coin-café parce qu'il faut faire le plein d'énergie ou de ladi lafé (et oui encore), ne vous démasquez qu'à l'ultime seconde, celle où la tasse de café ou de thé approche votre bouche.

Vous avez la chance, ou pas, de travailler dans un bureau individuel, démasquez-vous. Vous allez en réunion, au coin-café etc ? Tout est dit au juste au-dessus.

 Le port du masque sera "nécessaire" aussi pour les travailleurs exerçant en extérieur en cas de regroupement et d'incapacité à respecter la distance d'un mètre, selon le protocole sanitaire présenté lundi aux partenaires sociaux, qui entre en vigueur mardi, et dont l'AFP a obtenu copie. "Pour les travailleurs en extérieur, le port du masque est nécessaire en cas de regroupement ou d'incapacité de respecter la distance d'un mètre entre personnes", est-il écrit.

• En voiture aussi

 Dans les véhicules aussi, "la présence de plusieurs salariés" rend obligatoire le port du masque, associé notamment à une procédure de nettoyage/désinfection régulière du véhicule. Le masque est "un complément des gestes barrières mais ne peut se substituer au respect des différentes mesures dont les règles de distanciation physique et d'hygiène des mains". Les visières sont présentées comme un moyen "supplémentaire de protection du visage et des yeux face aux virus transmis par les gouttelettes", mais "ne sont pas une alternative au port du masque".

• Quand peut-on ne pas mettre le masque  ?

"Les adaptations sont relativement limitées", indique Laurent Pietraszewski, secrétaire d'Etat chargé de la Santé au travail.

- Quand une personne travaille seule : en atelier, lorsque le salarié est amené à faire "des efforts physiques intenses", seulement si l'espace est bien ventilé et qu'il y a une "densité de personnes pas trop importante". Il peut porter une visière à la place, selon le secrétariat d'Etat.

- En open space, le salarié peut faire des "pauses" si plusieurs critères sont réunis, en fonction de la zone de circulation du virus (verte, orange, rouge). Dans les zones vertes, à faible circulation, il faut une "bonne" ventilation/aération de la pièce; écrans de protection entre les postes de travail (en vitre ou plexiglas); mise à disposition de visières; présence d'une procédure de prévention et d'un référent Covid. Dans les zones oranges, à circulation modérée, deux critères supplémentaires s'ajoutent: locaux de grand volume et présence d'extraction d'air haute. Dans les zones rouge, s'ajoute un critère de densité: 4 m2 par personne.

• Et quand le port du masque est impossible?

En milieu froid (-18 degrés), des discussions auront lieu cette semaine pour trouver les modes adéquats de prévention (distanciation, hygiène avant et après sortie de ces milieux). Les partenaires sociaux doivent faire remonter au ministère d'autres cas où le port du masque est impossible.

Des dérogations sont possibles sur les plateaux de télévision, s'il y a une bonne ventilation, de grands volumes. Un décret a aussi été pris pour dispenser les chanteurs d'opéra.

• Qui doit payer les masques

Pas de panique, cette obligation de porter le masque au travail, ne va pas alléger votre portefeuille.

Considéré comme un "équipement individuel de sécurité", le coût du masque, chirurgical ou en tissu, est à la charge de l'employeur quel que soit le secteur d'activité, précise la loi. Vous être donc en droit de demander à votre boss de vous fournir cet équipement.

• Vous ne voulez pas porter le masque en entreprise

Vous ne pouvez pas vous soustraire à cette obligation légale, sauf si vous justifiez d'une contre-indication médicale et/ou si vous exercez une profession nécessitant des "adaptations à ce principe général" a indiqué la ministre du Travail.

• Vous refusez de portez le masque

En Métropole, selon un sondage réalisé par la plateforme de recrutement par intérim Qapa, un français sur quatre se dit prêt à ne pas porter son masque au travail, malgré l'obligation.

Ils s'exposent à des sanctions. En effet, le non-respect des règles des protocoles édictés par le ministère du Travail pourra donner lieu à un avertissement pour faute professionnelle.

L'employeur sera d'autant plus prompt à sanctionner la faute que sa responsabilité pénale peut être mise en cause, notamment pour manquement à une obligation de sécurité et de prudence.

• A La Réunion on parle "d'une bonne décision" mais si elle est "contraignante'

Même si l'obligation de port du masque est contraignante, une majorité de personnes interrogées par Imaz Press le porteront malgré tout. Elle considèrent même que c'est plutôt "une bonne décision".

"C'est une bonne chose. Il vaut mieux prendre les meilleures précautions sur les lieux de travail, qui peuvent être des nids à maladie" souligne Gabriel, qui travaille dans le milieu hospitalier.

Idriss, employé d'une compagnie d'assurance qui travaille en open space, considère que "c'est une excellente mesure, même si le masque et souvent gênant et parfois un peu étouffant, il faut faire le maximum pour ralentir le virus, et éviter que l'on se retrouve de nouveau confiné."

Certains sont dubitatifs. "Je n'ai aucun problème à porter obligatoirement le masque, mais je suis un peu sceptique" note Célia. "Je trouve la mesure contradictoire avec les discours que l'on a eu sur les masques depuis le début de l'épidémie"

Et puis il y a la minorité farouchement anti-masque. Daniel en fait partie. Il le clame haut et fort : "je ne porterai pas le masque au travail. C'est bien trop gênant, je respire mal avec, hors de question que je le supporte toute la journée, tant pis pour les sanctions."

Il précise son propos en ajoutant : "je pense que c'est presque plus dangereux que de ne rien porter, d'ailleurs c'est ce que le gouvernement nous disait il y a quelques semaines"

La cacophonie de la communication d'Etat sur le virus, masques "inutiles" et subitement obligatoire, tests massifs "sans  intérêt scientifique" et tout aussi subitement vantés, a visiblement laissée des traces.

www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

   

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