La crise sanitaire gérée à l'envers :

Les tests pour les voyageurs à destination de La Réunion ont-ils encore un sens...


Publié / Actualisé
La grande majorité des cas positifs à La Réunion sont désormais autochtones, pourtant les tests Covid sont toujours obligatoires pour les voyageurs à destination de La Réunion. Puisque rien n'est fait pour leur faciliter la tâche, il semble aujourd'hui peu opportun de conserver cette mesure sanitaire. Surtout quand le test se transforme en mission impossible pour quiconque essaie de venir ou rentrer sur l'île en ce moment, face aux (très) nombreuses contraintes rencontrées dans les laboratoires saturés. (Photo d'illustration AFP)
La grande majorité des cas positifs à La Réunion sont désormais autochtones, pourtant les tests Covid sont toujours obligatoires pour les voyageurs à destination de La Réunion. Puisque rien n'est fait pour leur faciliter la tâche, il semble aujourd'hui peu opportun de conserver cette mesure sanitaire. Surtout quand le test se transforme en mission impossible pour quiconque essaie de venir ou rentrer sur l'île en ce moment, face aux (très) nombreuses contraintes rencontrées dans les laboratoires saturés. (Photo d'illustration AFP)

- Les cas importés minoritaires -

Les autorités n'ont de cesse de le répéter à La Réunion : la circulation virale actuelle n'est pas imputable aux cas importés, mais bien aux cas autochtones. Traduction : ce ne sont pas les gens récemment descendus de l'avion – touristes ou Réunionnais qui rentrent chez eux – qui font augmenter le nombre de cas positifs. Le virus progresse sur l'île et se transmet désormais d'habitant en habitant, sans voyage dans la balance.

Certes, le nouveau coronavirus est d'abord arrivé par la voie des airs. A ce moment-là, les restrictions de déplacement, bien qu'elles aient mis du temps à arriver, avaient tout leur sens, comme la mise en place d'un motif impérieux, puis ensuite le test obligatoire pour monter dans l'avion.

Aujourd'hui la proportion des cas importés représente 16% de la totalité des cas investigués. Les derniers bilans de l'ARS et de la préfecture font état d'un ou deux cas importé(s) par jour contre des dizaines autochtones. Le virus a changé de place, il ne vient plus de l'extérieur.

- La galère du test -

Et pourtant, on continue à barrer la route aux voyageurs. Une stratégie totalement paradoxale alors que le gouvernement parle de relance économique et de "vivre avec le virus". Les Ultramarins devront se débrouiller autrement.

Ainsi le test obligatoire à moins de 72 heures est conservé alors que celui qui reste "fortement conseillé" sept jours après son arrivée n'est pas obligatoire. Une question de constitution, de libertés individuelles, dit-on. Pourtant les combines ne manquent pas pour modifier la loi, quand cela arrange le gouvernement.

S'il ne s'agissait que d'une obligation et qu'elle était facilitée par l'Etat, cela irait encore. Que neni. Les voyageurs ne sont pas prioritaires. C'est ce qu'a indiqué le ministre de la Santé le 15 septembre. Répondant à une question du député Philippe Naillet à l'Assemblée nationale, Olivier Véran a indiqué très clairement que donner la priorité aux voyageurs n'était pas sur la table.

Les voilà donc qui essaient désespérément d'obtenir un rendez-vous pour se faire dépister en laboratoire. Mission impossible près des grandes villes.

Et pour ce qui de recevoir ses résultats à temps, n'en parlons pas. En région parisienne les délais sont passés à quasiment une semaine pour savoir si l'on est positif ou négatif. Et quand on se présente sans résultat à l'aéroport, c'est retour à la case départ : il faut décaler son vol, payer l'hôtel en attendant, prendre sur ses jours de congé, bref prendre sur soi.

Difficile donc de rentrer dans les clous et respecter les règles du jeu quand les labos sont saturés, que les rendez-vous sont même parfois annulés pour laisser la place aux cas symptomatiques et cas contact (qui bien entendus doivent passer devant, cela s'entend), que les résultats n'arrivent jamais à temps.

Et pour couronner le tout, l'ARS supprime la dérogation qui autorisait les passagers du mardi à faire leur test 96 heures avant l'embarquement, pour palier la fermeture des laboratoires le dimanche. C'est désormais fini et ce sera 72 heures pour tout le monde, peu importe la date du vol.

- Incohérences -

S'ajoutent à ça les nombreux cafouillages, erreurs de communication, rétropédalages, incompréhensions entre autorités sanitaires, compagnies aériennes et voyageurs, qui finalement peuvent dépasser les 72 heures du moment que le test est réalisé trois jours avant.

Trop compliqués les tests PCR avant de prendre l'avion ? Pas de panique, il faut compter sur un système de priorisation pour permettre aux voyageurs de faire leur test dans de bonnes conditions, nous dit l'ARS qui n'a manifestement pas écouté le ministre de la Santé.

En résumé, il ne faudrait pas trop restreindre les libertés des Français face à la Covid-19, mais pour les Ultramarins on repassera. On contrôle au départ, on laisse filer à l'arrivée, et c'est manifestement cette absence de contrôle à J+7 qui a occasionné une propagation rapide du virus. En moyenne, il n'a été réalisé que par 30% des voyageurs.

Aujourd'hui la crise sanitaire à La Réunion semble être prise par le mauvais bout. Et pendant que l'on dit aux Réunionnais qu'il n'y a aucune raison de limiter les vols puisque les cas ne viennent quasiment plus de l'extérieur, on met des bâtons dans les roues à tous ceux qui veulent voyager ou tout simplement qui le doivent par obligation familiale ou professionnelle.

Paradoxe quand tu nous tiens.

mm / www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

   

18 Commentaire(s)

NATIJC, Posté
Voilà un constat bien navrant la Reunion n'est pas un département français...En effet, on peut se déplacer d'un département à un autre en métropole voir vers certain pays d'Europe en train, en voiture, en bateau et même en avion sans test quelconque. Mais pour Paris vers la Reunion en vol direct il faut un test.Ce pays et les élus que l' on a marchent sur la tête.
ComAnd, Posté
Ministère des Dom Tom et autres ultramarins ne sert à RIEN... preuve est faite
Cathchev, Posté
Pourquoi ne pas prendre la température au départ et à l'arrivée et imposer un test mais à la Réunion voir même le faire à l'aéroport, il n'y a pas tant de voyageur que ça en ce moment
Nath69, Posté
Savez vous depuis quand l ARS ne soutient plus les 96 heures.?Nous devions partir le 8 avec french bee et n avons pu embarquer. Nous allions voir nos enfants....test ok bien sûr. Merci pour toutes infos complémentaires nous permettant de dénoncer une injustice et nous faire rembourser ce qui ne semble pas être au programme. Nous avons besoin de savoir à quel moment les 96 heures ne s'appliquaient plus officiellement. Merci à vous (Depuis le 14 août Nath69. Bonne journée à vous - Webmaster)
Plus de RV pour les voyageurs !, Posté
Résultat dans une ville moyenne du sud-est après avoir fait une dizaine de labos et 2 hÃ'pitaux, la réponse est la même, plus de rendez-vous pour les voyageurs.
Michel06, Posté
Il faut des recommandations plus claires qui ne soient pas des obligations. Vivre avec le virus implique la responsabilisation de tous sans avoir besoin de recourir systématiquement à des interdictions ou des obligations, sachant que les autorités (préfecture, ARS..) sont déjà dans l'incapacité de les faire appliquer. Quant au second test systématique au 7° jour, c'est mission impossible (je l'ai vécu début juillet, et ce n'est pas parce je n'avais pas envie de le faire !)
Ste suzanne, Posté
Il faut garder le test encore quelque semaines comme sa les hÃ'tels parisien gagnera encore Avec tous ses contrÃ'les ont arrivera encore loin Comme les contrÃ'les pour prendre l avion contrÃ'ler a Gillot puis un avion sans escales et contrÃ'ler a Paris
Biscotins, Posté
Si un vol est reporté au départ de la Métropole pour une raison quelconque tous les passagers détenant un test PCR négatif au moment prévu de l'embarquement devront t'ils faire un nouveau test avant de pouvoir embarquer pour le vol qui a pris du retard.Le personnel de bord est il testé 72 h avant de partir ?
Roli, Posté
On aimerait entendre plus d elus nous défendre sur ce sujet allô' allô' pu êtes vous nos élus?
Question, Posté
Une lettre ouverte au ministre de la santé au nom de Philippe ROBERT est publié à ce sujet sur un site d'information concurrent. Je m'étonne de ne pas la trouver sur votre site, s'agit-il d'un oubli de l'intéressé ou d'une réelle volonté de ne pas accorder un droit d'expression à cet élu en particulier ?
Tika, Posté
et quand va arrete fais tests zot va crier pcq i fai pu...
FERRERE, Posté
Il faut garder le test avant le départ et aussi le faire à l'arrivée car il peut y avoir contamination en 72 heures et ce n'est pas fiable,, un autre à J+7 et la septaine obligatoire, vous constaterez que dans quelques semaines l'épidémie diminuera.C'est l'ARS qui avait annoncé sur la presse il y a quelques semaines que 70% des voyageurs ne se font pas tester à J+7, donc 700 personnes potentiellement contaminées qui arrivent chaque jour, c'est à partir de ce moment que l'épidémie a flambé. Il faut prendre exemple sur Maurice, Zéro cas, pas de masque, vie normale.
ComAnd, Posté
Et pour l'équipage et le personnel Navigant qui font des allers-retours plusieurs fois dans la semaine ou vers d'autres pays, comment ça se passe pour le dépistage et avec quels délais ?
Fredo75, Posté
A quoi sert le ministre des DOM TOM ?
Jean-Louis, Posté
Votre argument s'entend mais c'est tout. Il ne faut pas oublier que ce virus a fait Chine => France => Réunion donc il faut bien toujours contrÃ'ler les gens revenant de France pour limiter l'impact à la Réunion. C'est assez logique ! On pourrait voir une croissance des deux chiffres sinon.
Tipiman, Posté
Sur le mois d'août, 2 000 décès coronavirus constatés en Europe sur 500 millions d'européens. 30% des tests sont de faux négatifs. L'épidémie est derrière nous et en aucune manière les hôpitaux ne sont saturés mais surtout, ayez bien peur et gardez bien vos muselières, ça les arrange bien en hauts lieux.
Noel, Posté
Comment font les parlementaires ultramarins ? Y a-t-il un dépistage "privé" à l'assemblée et au sénat ?
Chacha, Posté
Il est encore trop tÃ't pour retirer le test. Il faut le maintenir encore quelques semaines pour ralentir la propagation.