Le nombre d'hospitalisations en hausse à La Réunion, en zone d'alerte :

Covid-19 : une nouvelle organisation de dépistage pour des résultats plus rapides


Publié / Actualisé
La directrice de l'ARS Martine Ladoucette a fait le point sur la situation sanitaire de La Réunion, ce vendredi 25 septembre 2020. Elle a formulé le dernier bilan de la circulation du virus dans l'île, qui fait état de 184 cas confirmés ces deux derniers jours. Au total, 69 personnes sont actuellement hospitalisées, dont en 17 en réanimation. La directrice de l'ARS a également présenté la nouvelle organisation du dépistage sur le territoire, pour accélérer les délais de résultats. Un nouveau centre Covid va ouvrir ses portes à Saint-Denis, le 1er octobre 2020. Il servira de lieu pour les consultations médicales le matin et de centre de prélèvement l'après-midi. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
La directrice de l'ARS Martine Ladoucette a fait le point sur la situation sanitaire de La Réunion, ce vendredi 25 septembre 2020. Elle a formulé le dernier bilan de la circulation du virus dans l'île, qui fait état de 184 cas confirmés ces deux derniers jours. Au total, 69 personnes sont actuellement hospitalisées, dont en 17 en réanimation. La directrice de l'ARS a également présenté la nouvelle organisation du dépistage sur le territoire, pour accélérer les délais de résultats. Un nouveau centre Covid va ouvrir ses portes à Saint-Denis, le 1er octobre 2020. Il servira de lieu pour les consultations médicales le matin et de centre de prélèvement l'après-midi. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

Depuis le 5 septembre dernier, La Réunion est en zone de circulation active de la Covid-19. Les autorités ont toutefois constaté une baisse du nombre de cas confirmés et du taux d'incidence sur la semaine du 14 au 20 septembre. Le nombre moyen de cas confirmés sur la semaine est en effet de 77 par jour, en diminution par rapport aux 81 et 84 cas en moyenne des deux semaines précédentes.

Dans la nouvelle classification du virus, présentée ce mercredi par le ministre de la Santé Olivier Véran, La Réunion est toujours classée en zone d’alerte. Une zone de circulation virale active donc, sans pour autant avoir basculé en zone d’alerte renforcée ou en zone d’alerte maximale.

“Ce qui signifie que la situation ne se dégrade pas. On pourrait même croire qu’elle s’améliore un peu, puisqu’au cours des deux dernières semaines, on a comptabilisé entre 491 et 495 nouveaux cas par semaine, contre 595 il y a trois semaines”, note Martine Ladoucette. “Mais, ne nous y trompons pas, c'est le seul indicateur qui traduit une tendance à l’amélioration.”

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Le nombre d'hospitalisations en réanimation, le taux de positivité et le taux d'incidence pour les personnes de plus de 65 sont, en effet, tous en augmentation. Si 31 foyers de contagion ont été clôturés, 14 restent actifs à La Réunion.

- L'inquiétude grandit pour les personnes âgées -

Par ailleurs, la diminution du taux d’incidence de 70 à 63 pour 100.000 habitants concerne principalement la tranche des 15-40 ans. “Ce qui est préoccupant, c’est la dégradation du taux d’incidence chez les plus de 65 ans, en particulier chez les plus de 75 ans. On comptabilise 60 cas de plus en sept jours chez ces personnes âgées”, indique la directrice de l’ARS.

En moyenne, chaque jour, les autorités recensent donc huit personnes âgées de plus contaminées par le coronavirus. Le taux d’incidence de 60 nouveaux cas pour 100.000 habitants dépasse le seuil d’alerte national qui est de 50 nouveaux cas par 100.000 habitants. Aussi, le risque est fort de voir croître les besoins d’hospitalisations pour les formes sévères de la maladie, en médecine comme en réanimation.

“Au niveau mondial, on observe que le risque de décès est cinq fois plus élevé pour les personnes de plus de 75 ans que la population en générale. En France, neuf décès sur dix sont le fait des personnes âgées”, rappelle Martine Ladoucette.

Cette semaine du 14 au 20 septembre a également vu 13 entrées au service de réanimation, contre six sorties seulement. Aujourd’hui, pratiquement 20% des lits de réanimation installés sont occupés par des patients Covid sur l’île. Une source d’inquiétude puisqu’il conduit le CHU à fermer des salles de bloc opératoire et déprogrammer certaines interventions chirurgicales.

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“Alors même que la diminution du taux d’incidence pour la population pourrait nous pousser vers un certain optimisme, je veux insister sur le fait que d’un point de vue sanitaire, la Covid est une double peine : une peine pour les personnes touchées et une peine pour la population qui n’est pas touchée par la Covid et qui subit inévitablement les conséquences de l’augmentation des lits de réanimation”, affirme la directrice de l’ARS.

Le moment n’est sûrement pas venu de banaliser le risque. Il faut au contraire redoubler de vigilance et d’effort pour se préparer à ce qui serait un problème majeur : celui de basculer un jour au niveau d’alerte renforcée, voire d’alerte maximale, et de devoir très vite saturer nos capacités d’hospitalisation”, ajoute-t-elle.

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- Nouvelle organisation de dépistage -

Si Martine Ladoucette se dit “convaincue” des capacités de La Réunion de maîtriser la situation en utilisant pleinement les ressources à disposition, l’ARS a mis en place une nouvelle organisation.

Une décision motivée par le fait, qu’aujourd’hui, “près d’une personne sur cinq présentant des symptômes de la maladie doit subir un délai supérieur à quatre jours pour avoir accès au prélèvement, alors que tout doit être fait pour que la même personne puisse consulter son médecin et obtenire le résultat du test en moins de trois jours”.

Aux cinq centres Covid, qui fonctionnent à des degrés divers à La Réunion, va s’ajouter un autre à Saint-Denis qui va ouvrir ses portes à Saint-Denis, le 1er octobre prochain. Les plateformes de dépistage sans rendez-vous à Saint-Denis, Saint-Paul et Saint-Pierre, qui étaient, jusqu’à présent, réservés aux tests de suivi pour le retour des voyageurs vont désormais remplir d’autres fonctions :

- la tranche du matin de 8h à 10h sera réservée aux patients présentant les symptômes de la maladie, avec une prescription médicale ;

- après 10h30, un circuit pour les voyageurs et un autre pour les personnes identifiées comme cas contact par l’ARS ou l’Assurance maladie.

“La deuxième amélioration c’est l’ouverture d’un centre de prélèvement, toujours pour des tests à visée diagnostic, pour les personnes présentant des symptômes”, se félicite Martine Ladoucette. Le centre Covid de Saint-Denis, servira pour la consultation médicale le matin, et fera office de centre de prélèvement l’après-midi.

Cette réorganisation s’ajoute à la prolongation des campagnes de dépistage ciblées en fonction des nouveaux cas chaque semaine. 16 campagnes ont été menées depuis le 12 septembre dans sept communes différentes, dont la dernière au lycée Mémona Hintermann Afféjee de Saint-Denis.

aa / www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

   

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    3 Commentaire(s)

    Mécontent, Posté
    Encore des fonctionnaires venus passer des vacances et payer à rien faire avec l'argent des contribuables....
    Mayaqui, depuis son mobile, Posté
    Merci au personnel du CHU
    Missouk, Posté
    Cette dame LADOUCETTE m'insupporte... Elle est "convaincue" de quoi ? En tous cas pas d'avoir su anticiper l'épidémie (bonjour l'absence de contrôles et d'infos en août à Roland GaRROS) ni d'avoir été réactive quand la flambée épidémique est apparue. Heureusement que le CHU est lui réactif!