Quatre tests et une quatorzaine pour se rendre sur l'île :

Maurice : des précautions très strictes contre la Covid... et des gros couacs


Publié / Actualisé
Alors que les aéroports de l'Île Maurice rouvrent en ce début du mois d'octobre pour relancer l'économie, les autorités multiplient les mesures pour s'assurer de la bonne santé des nouveaux arrivants en cette période de Covid. Un luxe de précautions qui n'empêche pas des couacs d'arriver. Un Réunionnais nous a raconté sa galère à son arrivée sur l'île soeur. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Alors que les aéroports de l'Île Maurice rouvrent en ce début du mois d'octobre pour relancer l'économie, les autorités multiplient les mesures pour s'assurer de la bonne santé des nouveaux arrivants en cette période de Covid. Un luxe de précautions qui n'empêche pas des couacs d'arriver. Un Réunionnais nous a raconté sa galère à son arrivée sur l'île soeur. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

Savait-t-il (vraiment) dans quoi il se lançait ? Martin*, 56 ans et consultant pour une entreprise réunionnaise, avait été prévenu par sa direction - qui lui a laissé le choix de partir ou non - quatorzaine dans un hôtel et tests de Covid en perspective. Mais il ne savait pas qu'il se retrouverait à en faire trois à l'Île Maurice, dès son arrivée ce lundi et jusqu'à son départ programmé dans un hôtel, réquisitionné pour les nouveaux arrivants, le 19 octobre prochain.

Ceci en dépit de son premier test PCR réalisé dans le respect des règles sanitaires, c’est-à-dire dans les 72 heures précédant son départ en avion. La réouverture partielle de l'aéroport de "l'île sœur" pour les vols commerciaux, dans l'espoir d'une relance économique, n'est pas sans tension.

Il est un peu plus de 12h30 quand Martin débarque ce lundi 5 octobre à l'aéroport de Plaisance de l'Île Maurice. Il n'arrivera à son hôtel que sur les coups de 17h à bord d'une navette l'y emmenant directement. "Il nous a fallu une après-midi entière", soupire le cinquantenaire détaillant son long et fastidieux parcours. "Dès la sortie de l'avion, une petite armée [de gardes aéroportuaires et de douaniers] nous a fait passer les douanes pour nous conduire vers la sortie. Ils te contrôlent le passeport, ton test de la Réunion. Après, on t'emmène dans un couloir vers un laboratoire aménagé."

- Un contrôle de température à 7h30 et 17h -

Au final, une petite heure d'attente pour passer le test. Mais le reste du temps, il le passera avec sept autres personnes dans un gros van à attendre que la maigre cargaison de passagers à bord de son avion - une quarantaine - prenne place dans des vans semblables, et que la police se pose en escorte devant et derrière les véhicules pour s'assurer que personne n'échappe à la quatorzaine prévue.

L'arrivée n'est pas de tout repos. Il faut compter une heure, le temps de sortir les bagages, de les désinfecter ainsi que le van, et faire prendre la température aux voyageurs. Une mesure de précaution qui ne s'arrête pas là : Martin apprend qu'il devra alors refaire un test le samedi prochain, puis un autre le 19 octobre, jour de son départ. S'il est plus ou moins libre de circuler dans l'hôtel, "une prise de température est effectuée pour tout le monde, tous les jours, le matin à 7h30 et un autre l'après-midi à 17h", nous apprend le consultant qui n'en revient pas. "J'aurais fait quatre tests en tout", conclut le Réunionnais qui n'a aucune idée de quand ses tests lui seront communiqués, s'ils le sont un jour.

- Reprise des vols : des couacs et des coûts -

Un séjour forcé et encadré par une importante sécurité, de la sortie de l'avion jusqu'à l'arrivée à l'hôtel, ce qui n'empêche pas les failles dans le dispositif. A l'aéroport international Sir-Seewoosagur-Ramgoolam, plus de 283 passagers en provenance de Dubaï, début octobre, n'ont pas été pris en charge pour rejoindre les résidences réquisitionnées, rapportent nos confrères de Réunion 1ère qui ont remarqué bon nombre de signalements sur les réseaux sociaux.

Un couac que les autorités ne souhaitent pas répéter, d'autant plus que les autres compagnies aériennes devraient progressivement rouvrir, notamment Air Seychelles le 1er novembre prochain.

Des péripéties qui se doublent d'un certain coût pour ceux rejoignant l'île pour des raisons autres que professionnelles. Contrairement à Martin, dont les frais sont assurés par son entreprise, touristes, étrangers et ressortissants devront eux-mêmes assurer le coût de leur séjour de 14 jours dans les chambres d'hôtels ou maisons d'hôtes : 2.500 RS mauriciennes soit 53,50 euros la nuit, note toujours Réunion 1ère, estimant à plus de 1.800 euros le séjour d'un couple de mauriciens dans un hôtel 4 étoiles. Quant aux éventuels frais médicaux, les étrangers pourraient débourser jusqu'à 288 euros. Pour votre temps et votre argent, il ne fait pas bon de voyager par temps de Covid.

*Le nom a été modifié

vp / www.ipreunion / redac@ipreunion.com

   

4 Commentaire(s)

MICHEL, Posté
La politique sanitaire contre la Covid du Gouvernement Mauricien est un exemple pour tous les autres pays.Ce que l'Ile Maurice est entrain de faire pour empêcher les voyageurs venant de l'étranger de contaminer les Mauriciens est remarquable. Je vais voyager pour l'Ile Maurice le samedi 14 novembre et la quarantaine ne me pose aucun problème, bien au contraire cela me rassure, on peut me tester tous les jours s'il le faut. Il n'y a comme toujours que les Français pour brayer. Bravo aux Mauriciens.
MÃ'véLang, Posté
Bin, ils ont fait le voyage en connaissance de cause, il n'y a pas de surprise, mais ce voyage était il vraiment nécessaire Pas question d'aller polluer les mauriciens avec leurs microbes qui se privent depuis plus de 6 mois
Hersud, Posté
Étranger plus cher,et avec ça les soins de santé y faut payer ou les sur y soigne avec la chloroquine l'inde a fait don un demi million de comprimé.
Missouk, Posté
MAURICE dans toute sa splendeur! Si on veut se prendre une semaine, on ira à Salazie ou à la plaine des Cafres!