Le secteur représente un chiffre d'affaire de 100 millions d'euros :

Annulation des mariages et des fêtes : l'événementiel meurt à petit feu


Publié / Actualisé
Traiteurs, salles privées, organisateurs de mariage, décorateurs, tous sont sous la menace de voir leur activité s'arrêter si les récentes mesures prises par le gouvernement devaient durer jusqu'à la mi-juillet 2021. A La Réunion, les acteurs de l'événementiel, qui représentent plus de 400 entreprises, ne cachent pas leur pessimisme. Suite aux annonces du Premier ministre Jean Castex jeudi 15 octobre, toutes les fêtes privées qui se tiennent dans des salles des fêtes sont interdites sur l'ensemble du territoire. Un coup dur pour le secteur de l'événementiel, déjà en crise. (Photo rb/www.ipreunion.com)
Traiteurs, salles privées, organisateurs de mariage, décorateurs, tous sont sous la menace de voir leur activité s'arrêter si les récentes mesures prises par le gouvernement devaient durer jusqu'à la mi-juillet 2021. A La Réunion, les acteurs de l'événementiel, qui représentent plus de 400 entreprises, ne cachent pas leur pessimisme. Suite aux annonces du Premier ministre Jean Castex jeudi 15 octobre, toutes les fêtes privées qui se tiennent dans des salles des fêtes sont interdites sur l'ensemble du territoire. Un coup dur pour le secteur de l'événementiel, déjà en crise. (Photo rb/www.ipreunion.com)

"On ne peut pas se transformer en restaurant" lâche Stéphane Ether, énervé devant les restrictions sanitaires annoncées par le gouvernement et qui prendront effet ce lundi 19 octobre. Il est propriétaire d'Orchidea, salle de réception basée au Tampon, qui fait également traiteur. L'accalmie aura été de courte durée pour les acteurs de l'événementiel, forcés à l'arrêt pendant le confinement, et qui craignent aujourd'hui de voir leur activité disparaître. "On commence à prévoir notre porte de sortie", commente toujours Stéphane, dépité.

Lire aussi : Nouvelles mesures anti Covid : les précisions de la préfecture

"C'est simple, notre activité est quasiment de zéro en ce moment", continue-t-il. "Vous savez comment c'est à La Réunion : un mariage sans danse, ça ne vaut pas la peine", explique-t-il en référence à une mesure prise à la mi-septembre par le préfet de La Réunion, Jacques Billant. Celui-ci avait en effet annoncé l'interdiction de la danse dans les établissements recevant du public.

Forcément, l'activité de Stéphane en souffre, malgré les 1.500 euros d'aides fournis par l'Etat depuis avril. "Que voulez-vous que ça me fasse ? J'ai 3.400 euros de loyer, des charges" s'agace le patron qui emploie une dizaine d'employés.

- Une perte de 70 à 90% du chiffre d'affaires -

Les salles se ferment, et les revenus s'en trouvent cruellement menacés : "j'ai perdu 60% de mon chiffre d'affaires", calcule Thierry Mussard, gérant de la salle de réception Dream mariage. "Tout est annulé depuis le confinement. On n'a rien gagné cette année", confie-t-il en attendant, inquiet, de voir combien de ses clients lui demanderont de décaler la date prévue.

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Même constat du côté des traiteurs qui enregistrent "une baisse de 80% de l'activité", témoigne le propriétaire de My Traiteur. "Cockails de fin d'année, fête d'entreprise ou de Noël, anniversaire et communion, tout ce qui est inutile a été annulé". Au Port, le traiteur Stella, réputé sur l'île, prévoit "une perte de 90% de l'activité alors que j'en avais déjà perdu 40 à la sortie du confinement sur les mois de juin, juillet et août", estime son propriétaire, Matthieu Henriette.

Une situation que connaissent des métiers moins évidents. "J'ai moi aussi eu plus de 30 mariages décalés et une baisse de 70% de mon chiffre d'affaires sur les derniers mois", évalue la fleuriste Oulama Nina, propriétaire d'Une rose qui m'a dit.

- Agir maintenant ou mourir demain -

"Nous en avons [avec la Covid] jusqu'à l'été 2021 au moins", déclarait Emmanuel Macron dans son interview du 14 octobre. Soit jusqu'à l'hiver austral prochain pour La Réunion. Une perspective qui n'enchante guère, bien que les nouvelles mesures sanitaires - notamment celle du couvre-feu dans huit métropoles - ne sont pour l'instant valables que pour six semaines. "Que faire entre-temps ? Attendre, c'est bien beau mais faut agir", s'interroge Matthieu Henriette dont le personnel est passé de 35 à 29 employés, confinement oblige.

De son côté, le gérant de Dream mariage pense même "à quitter La Réunion et chercher du travail dans le privé". Si la situation devait continuer, son entreprise, qui a 25 années d'événementiel dans les pattes, devra mettre la clé sous la porte. Aujourd'hui, elle vit "sur des économies".  Pour l'Orchidea, Stéphane prévoit le dépôt de bilan à l'horizon de décembre 2020, janvier 2021. Oulama Nina, elle, se donne jusqu'à février avant de raccrocher.

 

- Mariage dans le garage -

Généralement décalés, les mariages sont rarement annulés. Mais en période prolongée de Covid-19, les futurs mariés pourraient demander le remboursement de l'acompte perçu, ce qui est leur droit, reconnaît-on dans le monde de l'événementiel. Un choix que redoutent plus que tout les professionnels concernés. Le droit de consommation prévoit un délai de 30 jours pour procéder au remboursement des arrhes.

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Pour limiter la casse, certains ont tenté de diversifier leur activité en proposant la livraison à domicile. "Mais ça ne suffit pas", avoue le gérant du Stella. D'autres se sont retrouvés à organiser leur mariage dans la maison des époux. "Au lieu d'être 200 là-bas, ils sont 50 dans leur garage", résume un autre organisateur qui s'est rendu chez un particulier à chacun des quatre mariages qu'il a effectué depuis la fin du confinement. "Tous les mariages se font dans un cadre privé maintenant. On continue de vivre comme avant, mais caché", affirme-t-il.

-"Ils nous prennent pour des enfants"-

Malgré tout, les acteurs de l'événementiel cachent mal leur sentiment d'impuissance. "Ils nous prennent pour des enfants", s'insurge Stéphane. "Dites au gouvernement de me faire confiance dans mon secteur. Dites-leur que j'ai du gel hydroalcoolique aux quatre coins de la salle et que mes employés s'assurent que tous l'utilisent. Dites-leur que je suis capable de faire respecter les gestes barrières, avec danse ou non. Dites-leur que j'assure le port du masque. Dites-leur que toutes les salles de réception peuvent le faire", lance le gérant avant de déclarer : "on est en train de mourir à petit feu".

D'après l'Union événementiel (Unev), une association créée suite à la crise sanitaire par des professionnels de l'événementiel, le secteur compterait plus de 400 entreprises référencées à la Réunion pour un chiffre d'affaire estimé à plus de 100 millions d'euros par an. Pour des milliers d'emplois.

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Publiée par UNEV Réunion officiel sur Jeudi 15 octobre 2020

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3 Commentaire(s)

John, Posté
VIVE L'INDÉPENDANCE DE LA RÉUNION
Aterla, Posté
Terrible situation. Courage et mes voeux de retour à la profession.
Gros parrain, Posté
Cest idnamissible que pour avoir des aides de la région que lon soit obligé de passer par cette association. Composée de quelques personnes qui ne representent absolument pas la totalité du corps de métier de l'événementiel