"Dysfonctionnements majeurs" au sein de l'établissement :

L'École supérieure d'art pourrait bientôt être privée de son master


Publié / Actualisé
Imaz Press le mentionnait déjà ce mercredi 25 novembre 2020 dans un article mettant en cause un professeur de l'École supérieure d'art (ESA) accusé de viol (accusation formellement démentie par son avocat): l'établissement est en proie "à de nombreux dysfonctionnements". En juillet 2020, le ministère de la Culture, administratrice de l'école, a accordé la prolongation de l'accréditation de la délivrance d'un master uniquement pour l'année 2020-2021, sous réserve qu'un projet d'établissement soit soumis avant le 15 janvier. Une situation qui s'expliquerait par les nombreux dysfonctionnements relevés depuis quelques années au sein même de la direction de l'école. Entre mauvaise gestion de l'ESA et accusations de "harcèlement moral" à l'encontre de la direction, l'école est aujourd'hui dans la tourmente. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Imaz Press le mentionnait déjà ce mercredi 25 novembre 2020 dans un article mettant en cause un professeur de l'École supérieure d'art (ESA) accusé de viol (accusation formellement démentie par son avocat): l'établissement est en proie "à de nombreux dysfonctionnements". En juillet 2020, le ministère de la Culture, administratrice de l'école, a accordé la prolongation de l'accréditation de la délivrance d'un master uniquement pour l'année 2020-2021, sous réserve qu'un projet d'établissement soit soumis avant le 15 janvier. Une situation qui s'expliquerait par les nombreux dysfonctionnements relevés depuis quelques années au sein même de la direction de l'école. Entre mauvaise gestion de l'ESA et accusations de "harcèlement moral" à l'encontre de la direction, l'école est aujourd'hui dans la tourmente. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

"Cela fait des années maintenant que nous alertons la directrice de sa gestion insuffisante de l'établissement, aujourd'hui c'est l'accréditation du Diplôme national supérieur d'expression plastique (DNSEP) qui est menacé si l'école ne rentre pas dans les clous. Ça serait un retour en arrière de plus de 15 ans" déplore la mairie du Port, elle aussi administratrice de l'établissement.

Le ministère de la Culture reproche notamment "un manque de visibilité sur la pérennité des financements des parties prenantes, une incertitude sur l'ancrage territorial qui doit être consolidé (…) et la faiblesse de la gouvernance inadaptée au regard des besoins et des attentes de la communauté de l'école" dans son rapport rendu en juillet dernier.

"L’école travaille activement sur ce projet afin de répondre aux exigences attendues par les Ministères de tutelle" assure de son côté Patricia de Bollivier, directrice de l'ESA en poste depuis 2014, dans un communiqué de presse.

Lire aussi : Ecole supérieure d'art : un enseignant accusé de harcèlement

- Le départ de la directrice demandé -

L'établissement est depuis quelques années soumis à des grèves à répétition, dénonçant le manque de moyens, d'organisation, les faiblesses et le manque de communication de la direction… Une situation qui a poussé la mairie du Port, la DAC, la FSU et les représentants étudiants à demander le départ immédiat de Patricia de Bollivier, en conseil d'administration.

C'est cependant au président du dit conseil, Gérard D'Abbadie, de prendre la décision finale. Une décision qui se fait toujours attendre, notamment du côté des syndicats, qui accusent par ailleurs la directrice de harcèlement moral à l'encontre des enseignants, mais aussi de chantage et menaces de sanctions… Sept dossiers sont désormais entre les mains de la FSU.

Le départ de Gérard D'Abbadie est par ailleurs lui aussi demandé, notamment par la FSU et les représentants étudiants, face à son inaction concernant la direction de l'ESA. "Il soutient, envers et contre tout, la directrice. Peu importe les bourdes, les aberrations et les dysfonctionnements qui sont signalés depuis des années" confie un enseignant de l'école. Ce dernier est d'ailleurs visé par une sanction disciplinaire en raison "de ses affinités avec les syndicats" assure-t-il.

- De nombreux enseignants sanctionnés -

La FSU assure par ailleurs qu'il existe une réelle souffrance au travail au sein de l'établissement. "Nous avons demandé des rendez-vous à répétition avec la direction, qui n'ont jamais été acceptés" assure le syndicat.

"De nombreux entretiens avec la médecine du travail ont conclu à de mauvaises conditions de travail, avec une dégradation de l'état psychologique de certains personnels. Au sein même de l'école, l'atmosphère est tendue" déplore l'un des enseignants visés par une sanction disciplinaire.

Entre grèves à répétition face à la dégradation de la qualité de l'enseignement et soutien aux victimes de l'enseignant incriminé par une ancienne élève pour viol, certains professeurs se seraient en effet vus menacés ou auraient directement écopés de sanctions disciplinaires. Le syndicat a donc décider de saisir le procureur pour des sanctions injustifiées dans au moins trois dossiers différents.

"Il y a eu une véritable chasse aux sorcières au sein de l'école pour découvrir qui était l'auteur de la lettre anonyme envoyée l'an dernier" assure par aileurs un enseignant de l'ESA.

"L’ESA a dû prendre ses responsabilités et traiter un certain nombre de dossiers disciplinaires, répondant à la nécessité de reposer les cadres de fonctionnement de l’établissement public ainsi que les droits et les devoirs des agents (…) un certain nombre de contrats n’ont pas enté renouvelés pour cette rentrée suite à la mise en place de procédures de recrutement plus rigoureuses" se défend cependant la direction.

- Un conseil d'administration repoussé -

"La gestion de l’établissement n’est ni "inhumaine", ni "catastrophique", ni "autoritariste", elle tient compte des réalités réglementaires et financières ainsi que de la situation de grande fragilité de l’établissement public" assure par ailleurs la direction.

Des propos réfutés par les syndicats et certains enseignants, qui mettent directement en cause la direction pour la situation "catastrophique" dans laquelle se trouve aujourd'hui l'école. "Il y a toujours eu un problème de communication avec Patricia de Bollivier, c'est comme se trouver devant un mur. S'il y a bien un trait qui la caractérise, c'est le déni" confie un enseignant.

Un conseil d'administration était censé se tenir ce mercredi 25 novembre. Il a cependant été repoussé à une date ultérieure. En attendant, la direction de l'établissement se défend ardemment contre les accusations auxquelles elle fait face.

as / www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

   

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