Après le retour sur le terrain de Nourreddine Amrabat :

Mondial-2018: polémiques autour des commotions cérébrales


Publié / Actualisé
"Le football n'a pas suffisamment progressé dans la gestion des commotions cérébrales": la Fifpro, syndicat mondial des joueurs, a mis les crampons dans le plat mercredi, jugeant précipité le retour sur les terrains du Mondial-2018 du Marocain Noureddine Amrabat.
"Le football n'a pas suffisamment progressé dans la gestion des commotions cérébrales": la Fifpro, syndicat mondial des joueurs, a mis les crampons dans le plat mercredi, jugeant précipité le retour sur les terrains du Mondial-2018 du Marocain Noureddine Amrabat.

"Ceci est encore un autre exemple alarmant d'un joueur mis en danger. Amrabat est retourné à l'action trop tôt selon les directives médicales", s'insurge la Fifpro dans un communiqué transmis à l'AFP."Quatre ans après la débâcle de la dernière Coupe du monde, où plusieurs joueurs n'ont pas reçu les soins adéquats, le football n'a pas suffisamment progressé dans la gestion des commotions cérébrales. Des appels répétés à mettre en ?uvre des normes de sécurité à l'échelle mondiale ont été ignorés", tacle encore la Fifpro.
Amrabat avait été contraint de quitter le terrain à la 76e minute vendredi dernier à la suite d'un choc avec un adversaire lors de la défaite contre l'Iran (1-0). Dans un premier temps, le médecin marocain lui avait donné de petites tapes sur les joues, comme pour le réveiller, suscitant une vague de critiques sur les réseaux sociaux.

Le docteur du Maroc, Abderazzak El Hifti, avait assuré mardi avoir "respecté point par point" les recommandations de la Fifa.
"Nous avons reçu un courrier de la Fifa qui nous rappelle les recommandations à suivre (?) nous les avons respectées point par point, notre intervention était correcte", assurait-il dans une vidéo envoyée à la presse par la Fédération marocaine.

- "Je ne suis pas docteur" -

Après le match, Amrabat avait passé la nuit de vendredi à samedi en observation dans un hôpital de Saint-Pétersbourg. Samedi, l'encadrement de la sélection marocaine l'avait déclaré forfait pour le prochain match du groupe B face au Portugal, ce mercredi à Moscou.

Avant que le médecin de la sélection ne déclare dans sa vidéo: "Amrabat va mieux. Il a repris les entraînements, j'avais dit qu'il aurait une semaine de repos (...) nous déciderons (mercredi) s'il va jouer ou non".Et ce mercredi, Amrabat était de retour sur le terrain, lors de la défaite face au Portugal (1-0) et portait une protection à la tête... qu'il a enlevée pendant le match. Il a joué toute la rencontre.

N'était-ce pas dangereux ? "Amrabat est un guerrier, il voulait jouer, il avait cette protection qu'il a enlevée pendant la rencontre, son esprit est incroyable et je me sens heureux d'avoir un tel joueur", a commenté après la rencontre son coach Hervé Renard. "Après, je ne suis pas docteur, les compte-rendus médicaux sont lus par des personnes compétentes, moi je ne le suis pas, ensuite ils prennent leurs responsabilités et le joueur aussi prend ses responsabilités, a ajouté Renard. Il a fait un match exceptionnel, après je ne suis pas en mesure de vous expliquer quoi que ce soit."

- Tapia ne se souvient de rien... -

Durant ce Mondial-2018, le milieu de terrain du Pérou Renato Tapia a aussi été touché à la tête lors de la défaite contre le Danemark (1-0) samedi dernier. Et ses déclarations depuis font froid dans le dos.Le joueur de Feyenoord a ainsi confié dimanche sur les réseaux sociaux: "Je ne me souviens de rien de ce qui s'est passé (samedi). Seulement que ce fut un jour particulier et que j'aime encore plus mon pays. C'est le genre d'expérience dont on tire des leçons".

Selon un protocole adopté par la Fifa après le Mondial-2014, marqué notamment par la commotion subie en finale par l'Allemand Christoph Kramer, l'arbitre a le pouvoir d'interrompre une rencontre "jusqu'à trois minutes" en cas de soupçon de commotion cérébrale."L'arbitre ne peut autoriser le joueur blessé à continuer de jouer qu'avec l'autorisation du docteur de l'équipe, qui aura le mot de la fin", précise la Fédération internationale.

 AFP

   

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