Chez les Bleus :

Mondial-2018: "PP" le patron, et Paul Pogba prit la parole


Publié / Actualisé
Paul Pogba, c'est un leader de l'équipe de France, auteur d'un début remarqué en Coupe du monde et dont la personnalité hors norme fascine et divise. Le milieu est monté sur scène dimanche au bout d'une longue diète médiatique en sélection. Casquette corporate FFF, sourire éclatant, aisance à l'américaine et tchatche à la "Pioche", mais toujours le pied sur le ballon, tout en contrôle. Morceaux choisis.
Paul Pogba, c'est un leader de l'équipe de France, auteur d'un début remarqué en Coupe du monde et dont la personnalité hors norme fascine et divise. Le milieu est monté sur scène dimanche au bout d'une longue diète médiatique en sélection. Casquette corporate FFF, sourire éclatant, aisance à l'américaine et tchatche à la "Pioche", mais toujours le pied sur le ballon, tout en contrôle. Morceaux choisis.

P comme Patron

Il avait relevé "un manque" du côté des patrons en sélection, dans sa tonitruante interview à France Football début juin. C'était par rapport à la "légende en équipe de France" Patrice Evra, "vraiment le patron sur le terrain et en dehors". "Il manque peut-être un patron comme lui, il n'y en a pas, mais chacun a sa personnalité. Bien sûr qu'il y a des patrons, Hugo (Lloris) c'est un patron sur le terrain et en dehors", précise-t-il, un peu contradictoire, en citant également Blaise Matuidi et Steve Mandanda.

Et lui-même (56 sélections, 9 buts)? Il avait martelé vouloir l'être, mais la joue désormais mezzo voce: "Patron, ce n'est pas à moi de le dire. Je fais mon boulot sur le terrain, c'est aux gens qui me voient d'en juger".

Est-il prêt à devenir ce leader? Moue. "Je suis prêt à tout donner à l'équipe de France. Etre un leader, pourquoi pas". Il souffle. "Après, tu ne le dis pas, ça vient automatiquement, naturellement. On a le même objectif, si je râle sur un joueur c'est pour son bien, s'il râle sur moi c'est pour mon bien. On veut la gagner (la Coupe du monde), ça passe par là, si je dois +booster+ tout le monde, je vais le faire".

P comme Pioche

Pogba, c'est aussi un showman. Comment se décrit-il? "La Pioche! Je ne joue pas un rôle, j'ai toujours aimé rigoler, sourire, danser, et le plus important, jouer au foot". Une exubérance parfois critiquée. "C'est la mentalité européenne ou française, on dirait qu'on n'a pas le droit de faire une coupe de cheveux et jouer au foot après, je ne comprends pas trop" (rires).

"Quand je danse et on gagne et je marque, je n'entends personne, mais quand je danse et qu'on perd, là ça devient un problème... C'est la mentalité française, mais ce n'est pas grave, je continue, même avec les critiques. On dit que je suis un showman. Il faut me prendre comme je suis, je serai toujours souriant, avec les critiques ou les éloges, c'est toujours pareil, c'est ça qui fait la Pioche, et Paul, voilà!" (sourire).

La même insouciance qu'à l'adolescence: "Je me rappelle - même si maintenant c'est le haut niveau, ce n'est pas pareil - je jouais à l'US Torcy, on mangeait un grec avant le match et on battait l'équipe 6-0" (rires). Et les déclarations du sélectionneur du Danemark, Åge Hareide, estimant que Pogba ne pensait "qu'à sa coupe" ? "Ouais... ah, il a de la chance que je n'aie pas de couleur, sinon j'aurais été ouf! Non je rigole!", plaisante-t-il d'abord, avant de rappeler plus sérieusement que "c'est le terrain qui parle".

P comme Presse

Sa dernière conférence de presse en sélection remonte au Mondial-2014. Alors pour les retrouvailles avec les journalistes couvrant les Bleus, il lance goguenard et rigolard: "Je vous aime tellement! Vous m'avez manqué! C'est vrai que je ne suis pas trop bavard... ça fait plaisir de vous voir tous, juste pour moi, ça fait du bien. Je ne viens pas toujours devant la presse mais comme vous m'aimez beaucoup, il faut que je vous redonne la monnaie de la pièce".

Quelles critiques l'ont touché ? "Il y en a tellement, je ne sais pas lesquelles (rires)! En fait, c'est d'entendre: l'argent, les transferts, les 100 millions... C'est pas qu'on me critique: depuis ce transfert (de la Juventus à Manchester United à l'été 2016 pour 105 M EUR, ndlr), on m'aime encore plus, on est tellement sur moi, on parle tellement de ce transfert que ça a vraiment changé ma vie, en fait, c'est tout".

Pogba manie l'ironie mais aussi le désir qu'il peut susciter, en répétant étrangement, à 25 ans: "C'est peut-être ma dernière Coupe du monde". Pourquoi ? "Parce que je suis réaliste. On ne sait pas ce qui peut se passer demain, peut-être que je ne serai pas appelé, ou blessé, ou qu'il y aura des joueurs plus performants que moi..."

Bref, il faut savoir savourer sa présence. En partant, il lance d'ailleurs, taquin: "Ah là, peut-être qu'on va pas se voir pendant longtemps !" Paul Pogba a quitté la scène.

© 2018 AFP

   

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