Mondial-2018 :

"On a déjà gagné!": la ferveur des Croates de Paris avant la finale


Publié / Actualisé
Le téléphone de Joseph Anticevic n'arrête pas de sonner: ce patron d'un bar éphémère des bords de Seine s'active pour accueillir dimanche des supporters croates de Paris prêts à vibrer, comme lui, devant le match de leur équipe contre la France en finale du Mondial.
Le téléphone de Joseph Anticevic n'arrête pas de sonner: ce patron d'un bar éphémère des bords de Seine s'active pour accueillir dimanche des supporters croates de Paris prêts à vibrer, comme lui, devant le match de leur équipe contre la France en finale du Mondial.

Sur ce ponton, situé quai d'Austerlitz, dans le sud-est de la capitale française, le drapeau croate trône fièrement. "On est en train de tout préparer", explique ce Franco-Croate de 49 ans qui attend la livraison de nombreuses caisses de champagne en prévision du jour J.

Mais dimanche, c'est surtout "le Rakija (une eau-de-vie très populaire en Croatie) qui va couler à flots", prévient celui qui s'attend à recevoir encore plus de monde que mercredi dernier.

Pour la demi-finale, près de 200 Croates s'étaient pressés dans son établissement. "On a fait la fête toute la nuit, c'était dantesque", raconte-t-il, les traits encore fatigués, mais les yeux pleins d'espoir. "On a déjà gagné! Pour un petit pays comme nous, avec seulement 4 millions d'habitants et qui existe depuis 27 ans, être en finale c'est déjà formidable", exulte-t-il.

La Croatie a déclaré son indépendance en 1991, au début de l'éclatement de l'ex-Yougoslavie. Entre 1991 et 1995, la guerre entre Croates et forces serbes de Croatie, soutenues par Belgrade, a fait environ 20.000 morts.

Dimanche, dans un Paris qui n'aura d'yeux que pour les Bleus, l'église catholique croate des Saints-Cyrille-et-Méthode, dans l'est parisien, accueillera elle aussi les supporters des "Vatreni" ("les Flamboyants"), où le match sera retransmis.
Chants typiques, danses traditionnelles... Denis Klapan, Franco-Croate de 51 ans, l'assure: "C'est chez nous que l'ambiance sera la plus folle."

"Le sport est très important dans notre pays. (...) Dans le moindre village vous avez toujours des buts et un panier de basket, ils n'ont parfois pas les moyens mais ils se cotisent", décrit-il.

- Religion et sport -

Jeudi, dans les salons officiels de la mairie du VIe arrondissement de Paris, une partie de la communauté croate était réunie pour le vernissage d'une exposition photo. Comme Denis, certains sont venus avec le maillot rouge à damiers de l'équipe nationale. Entre deux gorgées de Plavac, vin de la région de Dubrovnik, les conversations tournent, pour beaucoup, autour du football.

Pour Sandra Hagendorfer, secrétaire générale du Conseil représentatif des institutions de la communauté croate de France, "les fêtes religieuses ou les évènements sportifs sont des moments fédérateurs pour notre communauté". Une communauté qu'elle évalue à environ 15.000 Croates, binationaux ou Français d'origine croate en région parisienne. Avec peu de lieux où se retrouver: la capitale ne compte que deux restaurants croates et aucun bar.

Depuis le début du Mondial en Russie, Sandra Hagendorfer s'étonne d'ailleurs de "l'incroyable ferveur dont fait preuve la jeune génération", alors que la plupart sont nés en France, leurs parents ou grand-parents ayant "émigré ici dans les années 70 pour des raisons économiques".

"La communauté s'est très bien intégrée dans la société française", affirme-t-elle: les mariages franco-croates sont légion mais l'attachement au pays d'origine, dernier entré dans l'Union européenne, en 2013, reste puissant. A l'image de Gaspard Martinovic, 24 ans, de père croate et de mère française: "Moi je l'ai déjà gagnée ma Coupe du monde, mes deux pays sont en finale". Ce serveur savourera dimanche ce moment d'histoire avec la famille de sa petite amie française. "Je serai le seul à supporter la Croatie!"

AFP

   

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