Contre l'annulation systématique des événements sportifs :

La Saline-les-Bains : une manifestation pour sauver la filière sport d'une "mort programmée"


Publié / Actualisé
Une manifestation est prévue, ce dimanche 1er novembre 2020, à la plage de Trou d'eau à La Saline dès 8h, pour protester contre l'annulation de tous les événements sportifs. L'organisateur plaide pour une exception réunionnaise alors que le département n'est pas placé en zone d'alerte maximale et n'est donc pas concerné par les mesures fortes prises par le gouvernement, notamment le couvre-feu. Il dénonce l'effondrement à venir de la filière. (Photo d'illustration rb/ www.ipreunion.com)
Une manifestation est prévue, ce dimanche 1er novembre 2020, à la plage de Trou d'eau à La Saline dès 8h, pour protester contre l'annulation de tous les événements sportifs. L'organisateur plaide pour une exception réunionnaise alors que le département n'est pas placé en zone d'alerte maximale et n'est donc pas concerné par les mesures fortes prises par le gouvernement, notamment le couvre-feu. Il dénonce l'effondrement à venir de la filière. (Photo d'illustration rb/ www.ipreunion.com)

L'idée lui a pris "en voyant l'annulation successive de tous les événements sportifs", notamment du Tour Auto du Tour de l'île cycliste, raconte l'organisateur François Pierré. Plus récemment, c'est le Swimrun qui a été annulé, comme nous l'annoncions ce mardi 27 octobre. "Je ne suis pas un révolutionnaire qui organise un rassemblement illégal", prévient d'emblée cet universitaire réunionnais, et président d'un club de triathlon, lui qui a bien fait la demande d'autorisation auprès de la préfecture.

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-  Pour"une exception réunionnaise" -

L'objectif "n'est pas de s'opposer aux mesures sanitaires", avance-t-il prudemment tout en reconnaissant leur nécessité en cette période de Covid-19. Mais selon l'universitaire, "les manifestations et événements sont annulés dès qu'ils sont déclarés, sans aucune discussion. La préfecture applique une logique qui se base sur les chiffres de Métropole, pas ceux de La Réunion".

Selon les dernières données délivrées par l'ARS, La Réunion enregistrait 212 nouveaux cas du 24 au 26 octobre, tandis qu'on dénombrait plus de 50.000 cas supplémentaires en 24 heures sur tout le territoire national, dimanche 25 octobre. "On parle souvent de l'exception réunionnaise, il serait temps de l'appliquer", lance François Pierré à l'attention du préfet. 

Une exception qu'ignore la préfecture "pour se protéger", estime l'universitaire dénonçant un système carriériste où on aurait trop peur de prendre le risque d'autoriser une manifestation, et la création de nouveaux clusters. Une attitude qu'il juge, là encore, peu cohérente avec la réalité : "certains font des soirées à 20 sur la plage sans problème, mais quand vous proposez un événement sportif avec un très strict protocole sanitaire, on vous le refuse", s'insurge-t-il.

Sur les réseaux sociaux en effet affluent de plus en plus les nombreuses propositions de rassemblements conviviaux ou pique-niques en pleine crise sanitaire. La limite autorisée dans les lieux publics est de six personnes, depuis le 19 octobre à La Réunion.

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- "Acceptez nos protocoles sanitaires !" -

Ces "incohérences" frôlent également l'infantilisation pour François Pierré : "on ne nous fait pas confiance". L'intéressé défend la responsabilité des organisateurs, capables de mettre au point des protocoles sécurisés : "on peut organiser une course sans remise de brassard, sans remise de récompense, sans équipe de ravitaillement à la fin, sans public", détaille celui qui vante le dispositif mis en place par Michèle Benard, l'organisateur du Tour cycliste.

"On refuse de nous encadrer sanitairement... Mais alors acceptez nos protocoles !", demande-t-il, énervé. Idem du côté des acteurs de l'événementiel : "dites au gouvernement de me faire confiance dans mon secteur", plaidaient-ils suite au renforcement du protocole sanitaire.
 
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Ces annulations à répétition menacent tout un secteur, estime François Pierré : "animateurs, organisateurs d'événements, magasins de sports, fournisseurs, sans oublier les clubs où le nombre de licenciés est en chute", liste-t-il en indiquant que son club est passé de 90 à 50 adhérents. Un péril économique qui se double d'un péril sanitaire selon lui : "le sport est un vecteur important contre la morbidité, il sauve des vies ! On ne parle quand même pas de l'association des chasseurs et des buveurs de bières", s'agace-t-il avant d'espérer que le mobilisation de dimanche rassemblera bien plus qu'une soirée au bord de la plage.

Car le but de la manifestation, c'est aussi de "fédérer les gens" dans ce moment d'incertitude économique et de "souffrance du monde du sport". Sans espoir d'attirer une foule immense, François Pierré espère tout de même voir certaines personnalités au rendez-vous, notamment le maire du Port, Olivier Hoarau, qui a récemment publié une tribune libre demandant le maintien du Tour auto et du Tour Cycliste. "Comme j'imagine qu'il est d'une grande cohérence, il sera sûrement là", dit-il, mi-sérieux, mi- moqueur. L'ancien candidat aux municipales à Saint-Paul Jean-François Nativel, devrait également être présent.

La page Facebook de l'événement est à retrouver ici.

vp/www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

   

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