Courrier des lecteurs de Jean-Pierre Espéret :

Supprimer la mer?


Publié / Actualisé
Le jour même de la mort tragique d'un surfer sous les dents d'un requin, un enfant, un vieillard, un cycliste étaient grièvement blessés par des autos. Le lendemain, les journaux annonçaient la noyade d'un pêcheur... Le banal, l'ordinaire, le quasi quotidien, n'a pas droit à la une, ne suscite aucune indignation. Il est accepté, intégré. On prend bien des mesures, mais personne ne songe à supprimer l'auto, ni l'alcool. On vit avec.
Le jour même de la mort tragique d'un surfer sous les dents d'un requin, un enfant, un vieillard, un cycliste étaient grièvement blessés par des autos. Le lendemain, les journaux annonçaient la noyade d'un pêcheur... Le banal, l'ordinaire, le quasi quotidien, n'a pas droit à la une, ne suscite aucune indignation. Il est accepté, intégré. On prend bien des mesures, mais personne ne songe à supprimer l'auto, ni l'alcool. On vit avec.

En revanche cette scandaleuse nouveauté, la mort fréquente par requin, engendre une armée de tartarins, qui, on va voir ce qu'on va voir, exige l'éradication des requins et la suppression de la réserve marine. L'un et l'autre étant évidemment liés, alors qu'on enregistre des attaques sur tous les rivages de l'île où des humains se mettent à l'eau!

On peut remarquer que si les badauds, les pêcheurs, les surfeurs, sont bien péremptoires dans leur avis, les savants sont nettement plus circonspects, et de ce fait accusés par les premiers nommés d'être des incapables. Pourtant c'est bien les savants, et leur prudence, qui nous ont permis de sortir de la caverne.

Le jour du drame, non loin des long liners mis au chômage par l'appétit d'ogre des thoniers senneurs de la SAPMER, était amarré un des bateaux de l'organisation internationale Greenpeace, venu dénoncer justement cette mise en coupe réglée de l'Océan Indien organisée par la société de Jacques de Châteauvieux, avant de bientôt s'attaquer à l'Océan Pacifique. C'est peut-être du côté de cette corrélation-là qu'il faut chercher l'accroissement de l'intérêt des requins pour nos côtes.

Ne pas oublier non plus les pollutions récentes des ravines de l'ouest. Saint Gilles et Saint Leu viennent de se voir décerner le pavillon bleu des plages propres, par quel miracle? Parmi les édiles, à la tête des tartarins, un maire bien connu pour son agilité à grimper au cocotier!

Jean-Pierre Espéret

   

1 Commentaire(s)

Pierre, Posté
C'est vrai qu'on parle beaucoup des requins et pas assez des élus qui tuent chaque jour la démocratie et dégradent notre environnement . Par exemple j'en connais un à St Denis , qui se prétend écologiste , et qui attribue un permis de construire bidon dans une zone inconstructible pour installer devinez quoi ? Une station de lavage de voitures à 20 m de la mer qu'il aime tant. C'est ce qu'on appelle un faux monnayeur . Dans les pays civilisés ce type d'individu est condamné à mort ...politique .