Tribune libre du groupe Possession Ecologie Solidaire :

Crèche abandonnée, argent gaspillé


Publié / Actualisé
La crèche Câlin Malin, de 24 places, située à Sainte-Thérèse, dans les quelques ruines de l'ancienne distillerie a coûté 692 000 euros hors-taxe. La commande fut passée en novembre 1998 pour une réception des locaux de 420 m² en février 2005. Sept ans ont donc été nécessaires pour parachever ce chef-d'oeuvre.
La crèche Câlin Malin, de 24 places, située à Sainte-Thérèse, dans les quelques ruines de l'ancienne distillerie a coûté 692 000 euros hors-taxe. La commande fut passée en novembre 1998 pour une réception des locaux de 420 m² en février 2005. Sept ans ont donc été nécessaires pour parachever ce chef-d'oeuvre.

Le défi de ce projet était de réaliser une crèche sur un terrain très exigu qui est en forte pente (20%), " Stretching the space ", selon les termes employés par le cabinet d'architecte pour séduire le maire et son conseil municipal il y a quelques années.

Finalement, le visuel est édifiant, en effet, devant cette façade de plus de 15 mètres de haut, rouge vif, biscornue, bardée de tôle et planches de bois brutes, qui rompt brutalement l'harmonie des immeubles locatifs que cette crèche devait intégrer. Il faut croire que c'est la couleur rouge qui a suscité l'adhésion aveugle du maire et de ses conseillers, couleur imposée à tous pour tout mobilier urbain récent à La Possession, dans cet ensemble urbain d'une toute autre couleur, vert et crème.

En revanche, parmi nos élus, il ne s'est trouvé personne pour s'inquiéter de l'évolution dans le temps de ce bâtiment qui a donc immédiatement moisi, puis gonflé sous l'effet de l'humidité sur le revêtement inadapté sous nos latitudes. Aucun édile ne s'est ému de dévaloriser ainsi les murs classés de l'ancienne distillerie sur le plan patrimonial et touristique dans un quartier qui aurait pu en profiter sur la route touristique de Dos d'Âne.

Personne n'a non plus envisagé que le personnel pouvait trouver beaucoup d'inconvénients à s'occuper de nourrissons et de très jeunes enfants sur plusieurs étages sans ascenseur et sans jardin ni jeux de plein air !

Toujours sans concertation, ni solution de remplacement, parents, personnel et enfants ont appris, choqués et anéantis, début juillet 2012 la fermeture de l'établissement après seulement quelques années de fonctionnement !

Un an après, personne ne connaît le devenir de cet investissement lourd, désormais laissé à l'abandon, comme les parties communes et parc de la cité limitrophe, qui n'a plus de crèche et n'a toujours pas de jeux pour les enfants, ni ombres, ni bancs, ni locaux communs pour ses habitants, jeunes parents et séniors.

Aujourd'hui, une étude est lancée pour un  projet de réhabilitation. Ces travaux sont estimés à  plus de 450 000 euros HT pour faire face aux graves problèmes d'étanchéité, mais sans résoudre l'inconfort pour les enfants, ni le caractère inesthétique du lieu et de l’accessibilité au pmr !

Nous voyons là qu’il est nécessaire d’avoir des élus qui sont capables de faire preuve de réflexion dans ce type de dossier. Il ne s’agit pas simplement de dire oui à des projets farfelus , sans prendre le temps de la réflexion et de la concertation avec l’ensemble des acteurs concernés par les équipements publics. Nous pensons là aux usagers, aux riverains qui habitent à proximité et au personnel communal.

C’est pour éviter ce genre d’échec sur le plan financier et environnemental que nous construisons notre programme sur la base des besoins des habitants des quartiers et que nous nous engageons à concerter les habitants dans les différents projets. La politique a changé et elle est devenue plus moderne. Il faut laisser plus de place d’expression aux administrés et avoir des élus compétents pour gérer les affaires de la cité et faire de la Possession une Ville durable.

Le groupe Possession Ecologie Solidaire

   

1 Commentaire(s)

Loulou97419, Posté
il aurait pu demander au CCAS de la ville des palettes des feuilles de tôle et de la peinture rouge ce qui aurait couter moins chère a la commune.