Courrier des lecteurs du Collectif pour le maintien des activités au coeur de la Réunion :

Le parc national ne doit pas être le nouvel épouvantail électoraliste


Publié / Actualisé
Suite au communiqué publié par le Député Maire PS-Le Progrès, M. Patrick Lebreton, relatif à son prochain entretien avec le Ministre de l'Ecologie sur le parc national, notre collectif pour le maintien des activités au coeur de La Réunion tenait à apporter un certain nombre de précisions. Nous souhaitions d'abord indiquer que nous avons tenté de rencontrer l'élu avant l'adoption définitive de la charte pour comprendre l'avis favorable délivré par la commune de Saint-Joseph sur le projet de charte, mais sans aucun succès. M. Lebreton, alors que nous tentions à nouveau de l'interpeller à l'occasion de l'université rurale en décembre 2012, nous avez accueilli de manière singulière pour un élu de La République et nous avez qualifié d'opposant politique.
Suite au communiqué publié par le Député Maire PS-Le Progrès, M. Patrick Lebreton, relatif à son prochain entretien avec le Ministre de l'Ecologie sur le parc national, notre collectif pour le maintien des activités au coeur de La Réunion tenait à apporter un certain nombre de précisions. Nous souhaitions d'abord indiquer que nous avons tenté de rencontrer l'élu avant l'adoption définitive de la charte pour comprendre l'avis favorable délivré par la commune de Saint-Joseph sur le projet de charte, mais sans aucun succès. M. Lebreton, alors que nous tentions à nouveau de l'interpeller à l'occasion de l'université rurale en décembre 2012, nous avez accueilli de manière singulière pour un élu de La République et nous avez qualifié d'opposant politique.

Nous tenons à rappeler à M. Lebreton, ainsi qu’à tous les politiques, avec tout le respect dû à leur fonction et à leur personne, qu’ils se sont mépris sur ce qu’est un parc NATIONAL, dont la création, est intimement liée à l’affirmation d’un État centralisé et à sa participation au processus de globalisation. D’une part, l’État central affirme son autorité sur de nouveaux espaces avec une force légale dans un nouveau domaine qui est l’environnement et, d’autre part, le modèle français, puis les grandes conférences internationales, établissent une nouvelle légitimité à l’action, en faisant de la conservation de la biodiversité un devoir de l’humanité.  

La mise en place d’un parc national délie légalement et légitimement une portion de l’espace de sa dimension locale, au nom du bien de l’humanité qui est supérieur à celui de la collectivité. Les revendications locales à un juste et plein droit de propriété traditionnel, apparaissent comme illégitimes et deviennent, brutalement, illégales. Or, dans un contexte de grande pauvreté et de croissance démographique comme celui de La Réunion, est-il possible de mettre en place des configurations spatiales de mise en défens qui se sont imposées sur le territoire métropolitain en pleine industrialisation et urbanisation ?

Le territoire couvert par le parc national de La Réunion doit devenir l’outil du patrimoine culturel autant que naturel et cesser d’opposer la protection et le développement. Le modèle administratif doit également intégrer que la voie la plus efficiente pour protéger le patrimoine passe certes par la construction d’une vision commune de l’avenir du territoire entre les acteurs institutionnels locaux, mais aussi et surtout avec une participation accrue de la population (aucune réunion publique sur la charte du parc national de La Réunion) et non par la seule application d’une réglementation autoritaire incomprise.
 
La patrimonialisation des éléments naturels et culturels, parce qu’elle est vecteur de valorisation économique et de renforcement de l’identité du territoire, constitue un outil de protection plus efficace. Mais cette patrimonialisation doit avant tout passer par la gestion du territoire en bien commun telle que la théorisait Mme Elinor Ostrom, prix Nobel d’économie en 2009.
 
Cependant, décréter la protection de l’environnement dans une société basée sur la seule consommation, dont la mise en &oeliguvre à La Réunion est flagrante, est un v&oeligu pieux et démagogique. L’urbanisation affolante liée aux effets d’aubaine de la défiscalisation dans de nombreux secteurs répondant uniquement à une logique financière, et ne permettant même pas de satisfaire aux besoins réels de la population en terme d’emplois ou de logement ; la prédominance de l’agriculture intensive aux mains de l’agrobussiness, telle qu’elle existe à La Réunion et détruisant la fertilité des sols mais aussi impactant fortement sur les récifs coralliens ; sont notamment deux causes de destruction de notre environnement qu’il conviendrait de corriger. A ce jour, aucun élu, ni le parc national, ni la réserve marine, et donc l’État ne s’attaquent à ces questions préalables. La création du parc national, du fait de sa mise en oeuvre autoritaire de la part de la direction du parc, et de la vision purement électoraliste et court-termiste de nos élus, n’est pour le moment qu’une couche supplémentaire ajouté au mille feuille administratif réunionnais, un frein à la protection de l’environnement autant qu’au développement de l’île.

Le CMAC

   

Votre avis nous intéresse, soyez le premier à vous exprimer !