Courrier des lecteurs de Christian Picard :

Rythmes scolaires : les raisons de la colère


Publié / Actualisé
La réforme dite des rythmes scolaires ne passe pas. L'accueil périscolaire est majoritairement précaire. Les enfants sont fatigués au-delà de la "normale", surtout en maternelle. Les familles sont elles aussi victimes des stress ambiants, des horaires décousus. Cette réforme accentue les inégalités entre les enfants mais aussi entre les territoires. Les communes qui ont les moyens doivent mettre en oeuvre les autres doivent se débrouiller. Cette réforme, précipitée, mal concertée, va avoir à très court terme une incidence sur les fiscalités locales et donc sur les budgets des familles.
La réforme dite des rythmes scolaires ne passe pas. L'accueil périscolaire est majoritairement précaire. Les enfants sont fatigués au-delà de la "normale", surtout en maternelle. Les familles sont elles aussi victimes des stress ambiants, des horaires décousus. Cette réforme accentue les inégalités entre les enfants mais aussi entre les territoires. Les communes qui ont les moyens doivent mettre en oeuvre les autres doivent se débrouiller. Cette réforme, précipitée, mal concertée, va avoir à très court terme une incidence sur les fiscalités locales et donc sur les budgets des familles.

-1- L’INTÉRÊT DES ENFANTS : le temps de présence à l'école est de fait allongé. Les deux heures d’école supprimées en 2008 ne sont pas rétablies : elles sont converties en " animation " périscolaire morcelée.

La semaine est alourdie, sans continuité pédagogique concertée. Le projet éducatif territorial (PEDT) est le plus souvent d’emballage. En maternelle, comme au primaire, tous les enfants sont exposés à de nouvelles formes de fatigues où les lever matinaux consécutifs et les transports, s’ajoutent à de nouvelles tensions.

-2- LES PERSONNELS TERRITORIAUX (ATSEM, Secteur Animation, Personnels de service, Accueil…) : malgré certaines avancées dans quelques villes qui en ont les moyens, la majeure partie des problèmes demeure. On est toujours face à des remises en cause imposées des horaires de travail, des conditions de travail et profils de poste, de la nature des activités du mercredi, de la prise en compte de la pénibilité… Les amplitudes horaires sont indécentes.

-3- LE PÉRISCOLAIRE : c’est la précarité à tous les étages, les salaires au rabais, des activités morcelées, le chantage à l’emploi et la menace de licenciement pour les plus récalcitrants. Le premier ministre vient même récemment de promettre aux maires qu’il va encore dégrader les taux d’encadrement pour que ça coûte moins chers au détriment de la sécurité et d’une bonne prise en charge des enfants! Les activités artistiques culturelles et sportives sont les premières victimes des nouveaux découpages horaires. Dans l’animation, la précarité c’est aussi le recrutement de personnels "vacataires" pour des périodes de 15 jours renouvelables avec quelques heures par ci par là.

Cette réforme a été mise en oeuvre dans la précipitation contre l'avis d'une majorité des personnels, de leurs organisations syndicales de l'enseignement mais aussi de la fonction publique territoriale et génère une inquiétude grandissante des parents sur les conditions de prise ne charge de leurs enfants. Elle a été imposée sans que les moyens pérennes nécessaires n’aient été prévus.

Plusieurs dispositifs dégradent les conditions d'encadrement périscolaire et morcellent l'activité des enfants comme celle des personnels. Par manque de moyens, certaines activités relèvent plus de "l'occupationnel" que d'un parcours pédagogique structurant accompagné d'un personnel qualifié et titulaire. La professionnalisation nécessaire n'est pas au rendez-vous et bon nombre d’emplois proposés sont précaires.

La réforme mise en place pour un peu plus de 20 % des écoliers, fait apparaître de grandes difficultés. Déjà des communes annoncent leur refus de la mettre en place à la rentrée de septembre 2014.

Le SNUCLIAS-FSU est aux côtés des personnels enseignants et des personnels territoriaux concernés pour mettre fin à cette situation. Il demande la suspension de ce projet et l'ouverture de vraies négociations à tous les niveaux pour une autre réforme réellement concertée des rythmes scolaires et éducatifs respectant le temps de l'enfant, son droit à l'éducation comme au loisir avec des moyens pérennes, garantis par l'Etat aux collectivités locales, permettant d'assurer une égalité de traitement des usagers et des territoires, accompagnée du recrutement d'emplois stables et statutaires pour tous les personnels chargés de mettre en oeuvre les activités périscolaires avec les effectifs suffisants pour ne pas dégrader les conditions de travail des agents concernés.

C’est pourquoi le SNUCLIAS-FSU appelle les personnels concernés à une journée de grève et de manifestation pour obtenir la suspension de cette réforme et l’ouverture de négociations qui prennent en compte l’intérêt des enfants, de leurs familles, des agents et des services publics.

Christian Picard
Secrétaire Départemental du SDUCLIAS FSU 974

   

1 Commentaire(s)

Jean-Denis, Posté
Je vous concède que les heures retrouvées ont été converties en activités périscolaires, mais c'est à l'avantage des enfants qui peuvent découvrir ou exercer des activités dans son temps scolaire avec un encadrement de qualité. Qu'il y ait des ratés c'est inévitable, il n'y a que ceux qui ne font rien qui ne fautent pas. Mais rappelons, que les professeurs ne sont pas sollicités dans ce temps périscolaire et les activités périscolaires ne sont pas obligatoires, si d'aventure cela surchargerait l'emploi du temps des parents ou des intéressés. Les enseignants ont vu leur rémunération changer depuis 2008, et de nouveau en 2013 et avec des embauches et des ESPE en plus. De quoi se plaint-on ? Certains voudraient -ils supprimer le Ministère de l'Education Nationale ?. Avant 2008 c'était pas bon, après 2008, non plus et encore moins en 2013. Qui est insatisfaits, cherchez et vous comprendrez que les enjeux sont syndicaux ou très personnels, voire politiques mais rien en faveur des enfants.

Nous ne sommes pas Secrétaire départemental de quoi que ce soit, mais des Parents responsables, non syndiqués et qui agissent dans l'intérêt de leurs enfants. Nous sommes pour le samedi, mais la majorité des parents ont opté pour le mercredi, allez comprendre...Après on se plaint de fatigue. ?Surprenant ou égoïste.