Tribune libre de Marie Claude Barbin :

La question du harcèlement à l'école


Publié / Actualisé
Enfin, on en parle ! Le propre du harcèlement est le silence autour, cette chape de plomb. Sujet tabou jusque-là, voire banalisé. Gamineries, chamailleries. Pas grave ! Fais pas un compte ! Comment briser le silence ? Le mécanisme du harcèlement fonctionne sur un sentiment de toute puissance. Le harceleur choisit sa victime en raison de sa vulnérabilité, aux fins d'établir une relation d'emprise digne d'un gourou. Le plus faible trinque. La stratégie perverse consiste à isoler la victime pour mieux la dévaloriser, avec souvent une gradation dans la violence (Photo archives).
Enfin, on en parle ! Le propre du harcèlement est le silence autour, cette chape de plomb. Sujet tabou jusque-là, voire banalisé. Gamineries, chamailleries. Pas grave ! Fais pas un compte ! Comment briser le silence ? Le mécanisme du harcèlement fonctionne sur un sentiment de toute puissance. Le harceleur choisit sa victime en raison de sa vulnérabilité, aux fins d'établir une relation d'emprise digne d'un gourou. Le plus faible trinque. La stratégie perverse consiste à isoler la victime pour mieux la dévaloriser, avec souvent une gradation dans la violence (Photo archives).

Violences psychologiques, verbales, physiques, racket, agressions sexuelles, en passant par la cyber violence. Le net est le lieu privilégié à cause du sentiment d’impunité qu’il confère. Le harcèlement peut être largement facilité par l’appartenance à une bande avec son identité propre, son code vestimentaire.

Le groupe a pour fonction de lever les inhibitions. La peur des représailles, la honte, la culpabilité, font que l’enfant n’ose pas parler. Il envoie des signaux de détresse, qu’il n’est pas toujours facile de décoder (plaintes, somatisations, phobies scolaires, tentatives de suicide, quand ce n’est pas hélas, suicide). Sa manière à lui d’exprimer une souffrance intolérable, qui ne peut se dire avec des mots.

Revenons au harceleur. Comment en est-il arrivé là ? Derrière son sentiment de toute puissance, se cache un profond mal-être qu’il convient d’entendre (carences affectives, vécu de violence, non verbalisation des interdits, absence de repères). Dans la relation harceleur-harcelé, il y a énormément de souffrance. Le harceleur qui est dans la transgression a besoin qu’on pose les limites avec lui, qu’on lui rappelle la loi. Le changer d’école sans une prise en charge de son mal-être, ce serait juste déplacer le problème.

Marie Claude Barbin

   

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