Tribune libre :

Bejisa: Jean-Yves Minatchy interpelle Jean-Marc Ayrault


Publié / Actualisé
Monsieur le Premier Ministre, le cyclone Bejisa a occasionné de lourds dégâts à l'agriculture réunionnaise sur l'ensemble des régions de l'île. Les pluies diluviennes et les vents forts ont dévasté les cultures maraîchères et fruitières. D'autres productions animales et végétales ont également été touchées par le météore laissant au passage une ardoise globale de plus de 55 millions d'euros de pertes de récoltes et de fonds au secteur agricole.
Monsieur le Premier Ministre, le cyclone Bejisa a occasionné de lourds dégâts à l'agriculture réunionnaise sur l'ensemble des régions de l'île. Les pluies diluviennes et les vents forts ont dévasté les cultures maraîchères et fruitières. D'autres productions animales et végétales ont également été touchées par le météore laissant au passage une ardoise globale de plus de 55 millions d'euros de pertes de récoltes et de fonds au secteur agricole.

Plus d'une semaine après le passage de Bejisa, les agriculteurs et éleveurs continuent d'évaluer les pertes post cycloniques sur leur exploitation agricole. L'agriculture locale est incontestablement meurtrie, non seulement par Bejisa, mais également par les deux épisodes inédits de sécheresse et le cyclone Dumile de l'année dernière.

Avec Bejisa, de nombreux agriculteurs et éleveurs sont grandement sinistrés et totalement découragés devant les dégâts laissés par le météore.

Aussi, la profession réclame des mesures d'aides d'urgence pour relancer les productions agricoles et répondre aux besoins de la consommation locale. Certes, le

Ministre des outre-mer a pu constater l'ampleur des dégâts causés à l'agriculture lors de sa visite à La Réunion le 4 janvier dernier. Mais nous attendons surtout la concrétisation de ses promesses dedéclaration de catastrophe naturelle et l'examen des dossiers des producteurs sinistrés dans les plus brefs délais. D'autant plus qu'il a lui-même conclu que toutes les conditions sont réunies pour une intervention urgente de l'Etat.

Dans l'intérêt des agriculteurs sinistrés, la reconnaissance de l'état de calamité agricole doit se faire au plus tôt, dès réception du rapport de la mission d'enquête diligentée par le Préfet de La Réunion pour évaluer les dégâts sur le terrain avec les agents de la DAAF et les élus de la Chambre d'Agriculture. Le Ministre des outre-mer devrait l'avoir entre ses mains cette semaine et être en possession de tous les éléments nécessaires pour réunir les Comité interministériel en vue de débloquer le plus vite possible le fonds de secours pour les agriculteurs sinistrés et exsangue de trésorerie.

Nous souhaitons en outre votre appui auprès des collectivités locales et administrations concernées pour mettre en oeuvre les mesures urgentes préconisées par la Commission

Départementale d'Expertise réunie ce vendredi 10 janvier. Les mesures préconisées reprennent un certain nombre de propositions que nous avons émis dans un précédent courrier adressé le 6 janvier dernier au Ministre des outre-mer et au Ministre de l'Agriculture ainsi qu'aux collectivités locales.

Les agriculteurs sinistrés comptent sur la solidarité locale et nationale pour relancer rapidement leurs cultures et leurs élevages. Nous rappelons que les besoins urgents sont les suivants:

- Remise en état des exploitations et élevages dégradés avec l'appui d'emplois verts, de militaires et du R5MA qui ont déjà fait leur preuve lors de précédents sinistres,

- Enlèvement des déchets plastiques avec l'appui financier de ADIVALOR et des collectivités locales,

- Versement anticipé aux planteurs de canne de toutes les aides à venir de l'Etat et des usiniers,

- Mise en oeuvre d'une procédure simplifiée et exceptionnelle de demande de subvention FEADER notamment pour la reconstruction de serres, la replantation de canne, et d'autres investissements en biens mobiliers,

- Report sans frais su pplémentaires ou remise gracieuse des échéances de cotisations sociales et fiscales,

- Report sans intérêts ou remise gracieuse des échéances d'emprunts bancaires,

- Aide du Conseil Général à l'achat d'intrant, de serre, de paillage plastique, de bâche, de réserve d'eau, de groupe électrogène, de cheptel, d'aliment, de vitamine, d'oligoélément, de produit vétérinaire, ...

- Mobilisation du FAC de l'Etat pour alléger les intérêts d'emprunt bancaire,

- Versement temporaire d'un RSA agricole à tous les agriculteurs sinistrés avec l'appui de la CAF et du Conseil Général pour qu'ils puissent vivre et faire vivre leur famille,

- Remise en état par les communes des chemins d'exploitation dégradés par Bejisa,

- Mise en oeuvre de mesures de vigilance sanitaire et de restriction d'importation de produits frais agricoles de la zone océan indien.

Ces mesures devraient aider les agriculteurs démoralisés à prévenir les difficultés, à redresser la situation de leur exploitation et à relancer leur activité anéantie par le cyclone.

Nous comptons sur votre appui auprès des administrations, collectivités locales et autres administrations concernées par ces mesures d'urgence pour qu'ils interviennent rapidement et solidairement auprès des agriculteurs sinistrés. Et nous comptons aussi sur votre compréhension et votre bienveillance pour faire aboutir la procédure de calamité agricole lors du prochain comité interministériel ainsi que votre engagement à réduire les délais d'indemnisation des agriculteurs sinistrés au titre du fonds de secours.

Nous vous prions de bien vouloir agréer, Monsieur le Premier Ministre, l'expression de notre très haute considération.

Le 2ème Vice-Président, délégué aux Affaires Agricole,
Président de la CGPER

Jean-Yves MINATCHY

   

Mots clés :

    Votre avis nous intéresse, soyez le premier à vous exprimer !