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Tir de flash-ball au Port : le PCR demande que "la vérité éclate le plus tôt possible"


Publié / Actualisé
Le 1er février dernier au Port, une manifestation éclate dans un contexte social tendu. Steve, un jeune Réunionnais spectateur de la manifestation, est pris à partie par les forces policières. Un policier lui a tiré dessus, le projectile lui a emporté l'oeil. Steve dit avoir ensuite été frappé à terre par des représentants de l'État.
Le 1er février dernier au Port, une manifestation éclate dans un contexte social tendu. Steve, un jeune Réunionnais spectateur de la manifestation, est pris à partie par les forces policières. Un policier lui a tiré dessus, le projectile lui a emporté l'oeil. Steve dit avoir ensuite été frappé à terre par des représentants de l'État.

Hospitalisé d'urgence, Steve a perdu l'usage d'un œil malgré tous les soins prodigués. Le 3 février, le père de Steve dépose plainte. Les faits sont suffisamment graves que le procureur a dû ouvrir une information judiciaire pour coups et blessures d'un dépositaire de l'autorité publique ayant entrainé une infirmité permanente. L'inspection générale de la police nationale a donc été saisie. Ses enquêteurs sont arrivés ce lundi à La Réunion.

Le PCR rappelle que ce n'est pas la première fois que des représentants de l'État agissent de la sorte au Port. En 1994, lors d'une manifestation de dockers, des gendarmes ont eu ordre de tirer sur les travailleurs. Le docker Théo Hilarion a reçu une balle en pleine tête, il a perdu un œil. Quelques jours après les faits, l'arme du crime avait disparu.

Finalement, 14 ans après les faits, deux gendarmes sont jugés par la Cour d'assises. Théo Hilarion a alors décidé de pardonner, ce qui a permis l'acquittement des deux représentants de l'État.

Au moment où commence l'enquête sur la mutilation de Steve, le PCR demande que tout soit fait pour que la vérité éclate le plus tôt possible. Depuis le 1er février, un jeune Réunionnais a perdu un œil, c'est irréversible.

La visite du ministre de l'Intérieur est annoncée pour le mois d'avril. Le PCR estime que Manuel Valls devra apporter des réponses concrètes aux Réunionnais sur cette affaire. Car il ne peut être question qu'il faille encore attendre 14 ans pour que la justice soit rendue.

Yvan Dejean, secrétaire général du PCR

   

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