Courrier des lecteurs de Marie-France Mourrégot :

La radicalisation en prison


Publié / Actualisé
Régulièrement, de ce qu'on a appelé "l'affaire Mérah à l'attentat perpétré contre le Musée juif de Bruxelles, les médias tournent en boucle le problème de la radicalisation en prison. Le sujet n'est pas nouveau. En 2004, Farhad Khosrokhavar, directeur de recherche à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences sociales à Paris alertait les pouvoirs publics et l'opinion dans un livre intitulé "L'islam dans les prisons".
Régulièrement, de ce qu'on a appelé "l'affaire Mérah à l'attentat perpétré contre le Musée juif de Bruxelles, les médias tournent en boucle le problème de la radicalisation en prison. Le sujet n'est pas nouveau. En 2004, Farhad Khosrokhavar, directeur de recherche à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences sociales à Paris alertait les pouvoirs publics et l'opinion dans un livre intitulé "L'islam dans les prisons".

Le sociologue livrait là le fruit de son travail, réalisé pendant plus de deux ans auprès de 160 détenus dans trois prisons représentatives de la population carcérale française. Il y a dix ans déjà, la pratique de l'islam ne cessait de s'étendre chez les détenus, dix fois plus nombreux que les autres à être musulmans.

Il s'agissait essentiellement d'hommes jeunes, entre 18 et 35 ans, issus des banlieues. L'islam, présenté comme la religion des opprimés ne manque pas de séduire des personnalités mal tructurées, en recherche d'identité, de repères culturels et éthiques à qui il donne un code moral que la société n'a pas su leur donner et rend leur "dignité".

En 2014, le prosélytisme n'est plus obligatoirement le fait d'hommes barbus, mais plutôt de jeunes qui ne portent pas de barbe, ne participent pas à la prière. Leur introversion a un but stratégique : ne pas se faire remarquer des surveillants et endoctriner dans leur cellule des jeunes fragiles, issus de famille musulmane ou d'origine chrétienne, sur lesquels ils exercent leur djihad individuel.

Les jeunes convertis, persuadés d'avoir été victimes d'une injustice de la part de la société française transforment leur colère en haine généralisée de l'Occident. C'est, dit Farhad Khosrokhavar "ce glissement de la souffrance individuelle en combat idéologique qui est dangereux".

Il faudrait un grand nombre d'aumôniers reconnus, formés et une prise en compte par l'administration (mais la laïcité impose des normes) des spécificités de la pratique de l'islam pour espérer mettre un frein à la dérive sauvage à propos de laquelle la société s'alarme. Quant aux organisations musulmanes officielles, elles trouvent bien encombrants ces fidèles sous les verrous...

Marie-France Mourrégot
Auteur de L’islam à l'île de la Réunion

   

2 Commentaire(s)

Valérie, Posté
Moins nos rues sont sures et plus nos prisons sont dangereuses. ça devient compliqué : Dehors ils nous tuent aveuglément, dedans, ils projettent de le faire, je crois que je préfère leurs projets ! Heureusement, il y a Hollande
Daaazibao, Posté
Soyez tranquille Mme Taubira y travaille, bientôt les délinquants ne passeront plus par la case prison... ils se radicaliseront moins facilement!! Enfin je crois...