Tribune libre de la CGTR Educ'action :

Fin du redoublement : mesure pédagogique ou mesure d'économies budgétaires


Publié / Actualisé
La ministre de l'Éducation Najat Vallaud-Belkacem a décidé de rendre "exceptionnels" les redoublements dès la rentrée 2015. L'objectif inavoué est bien sûr sa suppression pure et simple bien que la ministre s'en défende par un rétropédalage hasardeux qui fait suite à l'annonce faite par Europe 1 qui a pu consulter le projet de décret. Quoi que la ministre dise : il est devenu clair que l'administration est déterminée à mettre fin à une pratique qui selon elle coûte trop chère (2 milliards d'euros par an) d'autant que, pacte de responsabilité oblige, la ministre de l'Éducation en bonne affidée de la politique gouvernementale est à la recherche d'économies à réaliser.
La ministre de l'Éducation Najat Vallaud-Belkacem a décidé de rendre "exceptionnels" les redoublements dès la rentrée 2015. L'objectif inavoué est bien sûr sa suppression pure et simple bien que la ministre s'en défende par un rétropédalage hasardeux qui fait suite à l'annonce faite par Europe 1 qui a pu consulter le projet de décret. Quoi que la ministre dise : il est devenu clair que l'administration est déterminée à mettre fin à une pratique qui selon elle coûte trop chère (2 milliards d'euros par an) d'autant que, pacte de responsabilité oblige, la ministre de l'Éducation en bonne affidée de la politique gouvernementale est à la recherche d'économies à réaliser.

Le projet de décret sur l'accompagnement pédagogique des élèves précise que le redoublement ne serait plus admis que suite à "une rupture longue des apprentissages". La décision de redoublement ne pourrait être prise par le conseil de classe qu'avec l'accord écrit des parents. Le décret élargirait à tous les redoublements la situation déjà présente pour les redoublements à l'intérieur d'un même cycle, déjà soumis à l'autorisation parentale. L'article D 331-29 du code de l'éducation stipule déjà que "à l'intérieur des cycles des collèges et des lycées, le redoublement ne peut intervenir qu'à la demande écrite des parents de l'élève ou de l'élève majeur ou, sur proposition du conseil de classe, avec l'accord écrit des intéressés". Malgré les artifices  pour mieux faire passer la pilule, la volonté est là, elle est même manifeste : On s'oriente vers la fin des redoublements !

Bien sûr, la CGTR Educ’action s’interroge également sur le redoublement qui en règle générale, à l'école et au collège, s'avère globalement peu équitable et inefficace du point de vue des progrès individuels des élèves, bien qu'individuellement, il peut, ici et là, dans un certain nombre de cas, apporter un plus à tel ou tel élève. Il affecte souvent négativement la motivation, le sentiment de performance et les comportements d'apprentissage de certains élèves et les stigmatise.

Toutefois la CGTR Educ’action ne peut pas accepter qu’une telle décision soit prise sans l’avis des personnels. Pas plus qu’elle ne peut accepter que le gouvernement analyse le redoublement comme simplement un coût au détriment d’une réelle volonté de l’enseignant de pouvoir donner une nouvelle chance à l’élève. En effet nous estimons que la faible réussite des redoublements est indissociable des conditions dans lesquelles ces redoublements s’effectuent, par exemple les PPRE (Programme personnalisé de réussite éducative) au collège et l'accompagnement personnalisé au lycée, qui ne permettent, en aucun cas, de faire progresser les élèves en difficulté.

En voulant prendre une telle mesure sans concertation, c’est de la part du ministère une nouvelle preuve de mépris du travail des enseignants et du rôle des conseils de classe.

La CGT Educ’action demande donc solennellement au gouvernement une réelle consultation des personnels sur la question du redoublement avant de représenter un quelconque décret sur ce sujet.

La CGTR Educ’action

   

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