Courrier des lecteurs de Marie Claude Barbin :

Le syndrome du spectateur ou l'effet témoin


Publié / Actualisé
Une jeune femme se fait agresser sexuellement en public par plusieurs individus alcoolisés et personne ne réagit. Personne n'a rien vu, rien compris. Elle (la victime) n'a rien dit. Comment expliquer qu'aucun témoin de la scène d'agression violente, ne soit à aucun moment intervenu ? Peut-on parler de non-assistance à personne en danger ?
Une jeune femme se fait agresser sexuellement en public par plusieurs individus alcoolisés et personne ne réagit. Personne n'a rien vu, rien compris. Elle (la victime) n'a rien dit. Comment expliquer qu'aucun témoin de la scène d'agression violente, ne soit à aucun moment intervenu ? Peut-on parler de non-assistance à personne en danger ?

Malheureusement, des cas similaires se reproduisent trop souvent (viols dans les transports en commun…). Plus il y a de témoins, moins il y a de chance que quelqu’un intervienne. Chacun compte sur l’autre, en pensant que s’il n’intervient pas, un autre va le faire à sa place, pour finir par déduire qu’une aide n’est pas nécessaire et la responsabilité se dilue ainsi dans le groupe. S’agit-il d’égoïsme, de lâcheté ? 

La surprise, la sidération paralyse, empêche de crier, d’agir, non seulement chez la victime mais aussi chez les témoins. Ceci pourrait expliquer un temps d’inaction. Mais comment expliquer le manque d’empathie, cette anesthésie émotionnelle ? La peur de se prendre un mauvais coup, n’explique pas le fait que personne n’ait alerté un vigile, appelé la police, à l’ère du téléphone portable. 

Lorsqu’un seul témoin réagit, il envoie un signal fort vers les autres, traduisant que la situation est intolérable, qu’il faut la dénoncer, venir en aide à la victime. L’indifférence envers une jeune femme en danger, participe de la banalisation, de la tolérance, de la minimisation des agressions sexuelles dans une société imprégnée de stéréotypes sexistes, qui confine au déni de la réalité des violences sexuelles, face à la détresse de la victime, qui se sent bien seule.  

Elle est toujours soupçonnée d’être responsable de l’agression. Soit de ne pas avoir fait ce qu’il fallait pour l’éviter, soit d’être finalement " consentante ". Tant pis pour elle, si elle n’est pas capable de se débrouiller seule. C’est son problème. La société serait-elle devenue froide et incapable de compassion ? Ces situations sont inacceptables. Si on continue à ne pas venir en aide aux victimes ; pire, à jeter le discrédit sur elles, on envoi un message négatif en leur direction. Des campagnes d’information sur les comportements à adopter en pareille situation, seraient utiles pour susciter des réactions civiques, solidaires, afin de secourir au mieux les victimes.

Marie Claude Barbin

   

2 Commentaire(s)

Candide, Posté
Hurler ou sortir un sifflet, genre sifflet d'arbitre. Effet garanti !
MC Barbin, Posté
Si la situation le permet. Hurler de toutes ses forces et désigner nommément un témoin qui se verra dans l'obligation de réagir. Le groupe suivra.