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Nouvelle route du littoral : André Thien-Ah-Koon demande un référendum


Publié / Actualisé
Le dossier Nouvelle Route du Littoral est loin d'être clos dans le paysage politique, économique, financier et environnemental local. L'actualité récente montre que le dossier est loin d'être clos, notamment pour ce qui concerne l'approvisionnement du chantier en blocs de roches. Par ailleurs, le rapporteur public ayant demandé la suspension de l'arrêté préfectoral modifiant le schéma départemental des carrières, le Conseil d'Etat pourrait porter un coup sévère à ce projet qui semble avoir été mal ficelé.
Le dossier Nouvelle Route du Littoral est loin d'être clos dans le paysage politique, économique, financier et environnemental local. L'actualité récente montre que le dossier est loin d'être clos, notamment pour ce qui concerne l'approvisionnement du chantier en blocs de roches. Par ailleurs, le rapporteur public ayant demandé la suspension de l'arrêté préfectoral modifiant le schéma départemental des carrières, le Conseil d'Etat pourrait porter un coup sévère à ce projet qui semble avoir été mal ficelé.

En l’état actuel, deux camps s’opposent : ceux qui sont pour ce projet, et ceux qui s’y opposent.
Certes, une première phase de travaux a débuté et les responsables régionaux affirment qu’on ne peut plus reculer.

Mais plus que jamais, les choix imposés par la région restent d’actualité et posent d’innombrables problèmes que l’on peut regrouper en trois rubriques :

  • les conséquences financières : ce projet gigantesque qui s’étale sur plusieurs années pèsera très lourd sur les prochaines générations. Son financement et les inévitables dépassements de l’enveloppe budgétaire initiale réduiront fortement la capacité d’investissement de la Région pour de très longues années, au détriment des autres projets et des différentes microrégions de l’île,
  • les choix techniques sont inquiétants, au regard des capacités destructrices de l’océan et des forces de la nature (houle, cyclones, conséquences du réchauffement climatique…)
  • les conséquences directes et indirectes sur l’environnement (flore, faune, santé, désagrément liés au transport des matériaux et à l’exploitation des carrières…)

Donner la parole aux Réunionnais

Face à autant d’incertitudes lourdes de conséquences pour notre avenir, il nous semble primordial de donner la parole aux Réunionnais.
C’est donc aux Réunionnais de faire leur choix. Il appartient bien sûr aux décideurs, aux techniciens, d’éclairer ce choix par leurs explications. Cette étape essentielle a été occultée. Elle aurait permis clarté et lisibilité dans ce dossier NRL. Elle lui aurait donné toute la légitimité populaire nécessaire. Elle aurait mis fin à toutes les polémiques, incertitudes et conflits en hausse constante.
Quand il s’agit de confier au peuple les clés de son destin, il faut se référer, puisque nous sommes dans un état de droit, aux possibilités de consultation de tous les administrés.

La réponse est celle du recours à la démocratie locale, au travers des dispositions légales : la loi organique n°2003/705 du 1er août 2003 traite du référendum local, régional en l’occurrence. Elle consacre " la démocratie participative ", (article additionnel 72-1, alinéa 2 de la Constitution) :

Que précisent les textes ?

  • Il appartient à l’assemblée délibérante, ici le Conseil Régional, de délibérer en une seule fois sur les modalités d’organisation du référendum, celui-ci ne pouvant avoir lieu moins de 2 mois après la transmission au Préfet (la délibération précise notamment le projet d’acte soumis aux électeurs). (Ni dans les 6 mois précédant le renouvellement du Conseil Régional).
  • Les procédures de validation accomplies (elles sont très techniques, je n’en parlerai pas), les Maires organisent le scrutin (le Préfet se substitue aux Maires éventuellement défaillants).
  • Les dépenses d’organisation incomberaient ici au Conseil Régional (précisément) 0,09 euro par électeur inscrit, et 38,11 euros par bureau de vote) !
  • Un dossier d’information sur l’objet du référendum est mis à disposition du public dans les conditions fixées par un décret en Conseil d’Etat.
  • La loi fixe les conditions de déroulement de la campagne, notamment des groupes et partis politiques.
  • Les recours contentieux éventuels sont ceux prescrits pour l’élection des membres de l’assemblée régionale.

Au vu de toutes ces précisions, le référendum est donc bien une procédure institutionnelle encadrée par la loi. Elle n’est pas un mot incantation d’opportunité. Elle est la voie légale permettant d’entrevoir un avenir voulu par la majorité de nos concitoyens.
Les Réunionnais ont le droit de s’exprimer dans ce cadre. Au regard du caractère considéré irréversible de l’avancement du projet, il faut se poser la question suivante : le fait de réorienter, redéployer les engagements pris, techniquement, financièrement, ne coûtera-t-il pas moins cher que l’achèvement du dossier en l’état ? La question mérite encore d’être posée. La réponse sera concrète en termes d’intérêt général et de mobilisation des crédits publics.

La voie démocratique, c’est le référendum

Reste le problème stratégique de l’initiative du référendum Qui peut l’initier ? la réponse est double :

  • Politique
  • Légale.

La réponse politique ? Chaque candidat tête de liste en décembre prochain devrait dans son programme s’engager sur la poursuite du projet actuel, ou sur l’organisation rapide du référendum suivant l’élection éventuelle d’une majorité hostile au projet.
La réponse légale ? Si la réponse n’est pas politique, si l’on occulte le peuple réunionnais et compte tenu de l’énormité et de la gravité des conséquences du projet Nouvelle Route du Littoral, il appartiendra à tous ceux qui se sentent en charge du devenir de notre île (élus, associations de citoyens notamment), de mettre en œuvre l’art. 1112-16 de la loi n°2004-809 du 13 août 2004, en vigueur le 1er janvier 2005, qui précise notamment que :
" … dans les autres collectivités territoriales (dont la Région), un dixième des électeurs, peuvent demander à ce que soit inscrite à l’assemblée délibérante de la collectivité l’organisation d’une consultation sur toute affaire relevant de la décision de cette assemblée ".

Si l’on veut que La Réunion ne risque pas financièrement d’être anéantie pour les prochaines décennies, (qui sait la vérité ? notamment au regard des passations des marchés ?) il faut recourir à la voie démocratique qui dégagera une majorité absolue (la réponse étant nécessairement le " oui ", ou le " non " à la question posée).
Et la voie démocratique, c’est le référendum. Face aux responsabilités considérables qui pèsent sur nos décideurs actuels ou, peut-être, à venir, le référendum est seul porteur d’apaisement social, de respect des citoyens, et de gage de sécurité pour demain.

André Thien-Ah-Koon

   

10 Commentaire(s)

Chant974, Posté
Il a une fois de plus perdu une occasion de se taire, et de nous laisser croire qu'il avait encore un peu de bon sens. Ses propos confirment chaque jour qu'il aurait dû rester là où il était. En tant que conseiller régional, il aurait dû se manifester depuis longtemps. Ce qui l'embête c'est que tout vient du président actuel de Région, celui là même qu'il avait choisi pour le remplacer à la mairie du Tampon. L'élève a dépassé le maître et il ne l'accepte pas. TAK devrait discuter avec les personnes qui ont perdu un des leurs sur la RL. cela lui fera réfléchir avant de dire n'importe quoi. Laisser la place à la nouvelle génération et faites nous plaisir, prenez votre retraite !!!
CHABAN, Posté
BERTRAND
ROSALIE
MATTIEU
ARISTIDE
GAUTHIER

La CRC dans le QUOTIDIEN de ce jour annonce 7 MILLIONS € de déficit. VOUS SAVEZ QUI LE GESTIONNAIRE?
Gérard Jeanneau, Posté

Notre île fait fuir les touristes à cause des requins. Et comment peut-on les attirer en saccageant l'île par des carrières ouvertes dans les bas, zones à végétation riche ? Va-t-on pouvoir apprécier encore une île gruyère ? Faut-il - horribile dictu ! - se laisser happer par le requin de la pyramide inversée alors que le projet de Limagne tient la route, oui, une route par la montagne avec deux tunnels ?

***

http://www.reagissons-la-reunion.fr/Nouv-route-littoral-2.html


Gérard Jeanneau, Posté
Parlons de stratégie économique ! La NRL de Didier Robert est une parfaite absurdité, un gouffre financier, avec d'énormes pylonnes qu'il faudra entretenir constamment à cause de l'érosion d'une mer souvent déchaînée, et on va déshabiller l'île pour habiller la mer. Maintenant il faut dénicher des carrières dans les bas, zones surpeuplées et d'une biodiversité très riche. Didier Robert a pour maxime : pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué. Quelle drôle de stratégie !

Et le plus simple, c'était le projet de Limagne, une route par La Montagne avec deux tunnels. Depuis la tragédie du Mont Blanc, on a fait de très gros progrès pour la sécurité, et on dispose de tunneliers remarquables pouvant à la fois creuser la roche dure comme la roche friable et consolider les parois au fur et à mesure de leur progression. Et l'île ne sera pas une île-gruyère : pas de carrières à ouvrir ou si peu ! On peut même à la rigueur exploiter celles que Vergès a fait ouvrir pour la route des Tamarins, en zone sèche et pauvre !

Et n'oublions pas que dans une dizaine d'années, on brûlera moins d'essence ou de fuel; les voitures électriques ou hybrides vont se multiplier. Le tout essence sera bientôt du passé ! Par ailleurs, Vergès a pu établir ses carrières dans les hauts, en zone sèche, sans faire grincer les dents des Verts. Mais on comprend la colère des opposants à la NRL, et ils sont nombreux, et de tout bord politique. Votre serviteur est du nombre et ne votera pas pour le pirate de notre siècle !

Le projet de Limagne, voilà la stratégie à adopter ! Et il n'est pas trop tard pour revenir à de meilleurs sentiments et pour montrer que l'on a enfin les pieds sur terre !

Mais pourquoi, diable ! Didier Robert s'est-il fourré dans cette galère, lui crierait le clairvoyant Harpagon de Molière ?

Gérard Jeanneau à Gières
Mdr, Posté
La population s'est prononcée en 2010 pour ce projet! Tak a du retard , il croit pouvoir areter cette route? ben essaye toujours ! lol
Bertrand, Posté
- Je me souviens d’un 4X4 en 1988
- Je me souviens du mercredi 23 mars 1994, des femmes ont été tabassées sur la Place de la République
- Je me souviens d’un maire qui a fermé par vengeance l’OMS
- Je me souviens d’un maire qui a fermé par vengeance l’USST
- Je me souviens d’un maire qui a voulu a voulu nous faire croire à un déficit dans les caisses de la Casud alors qu’il y avait 17 millions !
Bref, TAK nous a tous bien arnaqué. Il perd de la crédibilité, il a même oublié qu’il a déjà voté contre ce projet il y a 5 ans…. Et que depuis
Rosalie, Posté
Pourtant TAK est Conseiller Régional et présent aux Assemblées Plénières ! Une consultation auprès de la population a déjà été faite dans les mairies ! Il a vraiment la mémoire courte notre maire du Tampon.

J’ai honte d’être Tamponnaise.
Matthieu, Posté
TAK, vous aussi vous avez des intérêts sur Madagascar ? Ah oui c’est vrai qu’en 1988 un 4X4 a été envoyé la bas ! A qui profite le crime ? Ah oui, ah ceux qui ont déjà négocié avec Madagascar, en attendant cabris (le Réunionnais) y mangent salade….
Gauthier, Posté
Il ferait mieux de s’occuper de la Casud dont il est le Président celui-là ! C’est avec ce genre d’élu que l’on voit nos impôts augmenter, dire qu’il a voulu créer un budget déficitaire !
Aristide, Posté
Le Vengeur du Tampon se réveille alors que l’audit auprès de la population a déjà été réalisé !

Les Réunionnais aujourd’hui sont pour cette nouvelle route en mer hormis certains détracteurs et un « petit maire du Tampon » qui ne pense qu’à se venger.