Tribune libre de Monique Orphé :

La Région Réunion s'affiche sur une publicité pour l'alcool


Publié / Actualisé
En cette période de l'année marquée par les fêtes (Fête des Pères, communions, etc.), nous assistons à une multiplication des publicités pour l'alcool qui deviennent omniprésentes dans notre champ visuel : dans nos rues, dans nos quartiers, près de nos écoles.
En cette période de l'année marquée par les fêtes (Fête des Pères, communions, etc.), nous assistons à une multiplication des publicités pour l'alcool qui deviennent omniprésentes dans notre champ visuel : dans nos rues, dans nos quartiers, près de nos écoles.

Ces publicités s’affichent en pleine page dans les journaux et vont même jusqu’à intégrer le logo d’institutions comme la Région Réunion et l’Europe (cf Quotidien du vendredi 5 juin 2015). Je m’interroge sur la signification de ce logo associé à une publicité pour l’alcool quand on sait les ravages causés par les boissons alcoolisées dans notre île.

Faut-il rappeler que l’alcool est responsable du décès prématuré de 250 Réunionnais, chaque année, selon l’Observatoire Régional de la Santé de La Réunion ? De plus, ces chiffres sous-estiment la mortalité réelle puisqu’ils n’intègrent que certaines causes de décès : les cirrhoses alcooliques, les psychoses alcooliques et les cancers ORL. Les décès par suicides, homicides, accidents de la voie publique, accidents de travail, accidents domestiques, maladies transmissibles favorisées par l’alcool (VIH, tuberculose, etc.) ne sont pas inclus dans ces chiffres. Selon l’Observatoire des drogues pour l’information sur les comportements en région, l’île présente le 3e indice national de mortalité liée à l’alcool après la région Nord Pas de Calais et la Bretagne.

L’alcool est impliqué dans plus de 60 % des accidents mortels contre 30 % dans l’hexagone. Il est présent dans une proportion importante des faits délictueux et criminels, en particulier dans le domaine des violences intrafamiliales. Le taux d’arrestation pour ivresse sur la voie publique est le plus élevé du territoire national. Comment, au regard de ce constat, interpréter le soutien de la Région Réunion et de son Président à ces campagnes publicitaires ? Un soutien qui me choque et me scandalise.

Il en est de même de cet amendement déposé dans la loi Macron par Gérard César, sénateur des Républicains (ex-UMP) et qui autorise un assouplissement de la publicité sur l’alcool. Cet amendement remet en cause les fondements même de la loi Evin et a scandalisé l’Ancien Ministre de la Santé Claude Evin et l’actuelle Ministre des Affaires sociales Marisol Touraine. Je me joins à eux pour dénoncer ces attitudes complaisantes ou complices qui ne peuvent être acceptées face à ce fléau qui dévaste particulièrement notre territoire réunionnais. Aucun intérêt économique ne peut légitimer ces entorses et primer sur ce grave problème de santé publique.

La Région Réunion doit donc clarifier son positionnement. Par ailleurs, c’est cette collectivité qui prélève les taxes sur l’alcool (sur l’importation d’alcool et sur la vente locale) : quel usage fait-elle de ces taxes ? Quelle est sa politique de prévention contre l’alcoolisme ?

Nous assistons donc à un manque d’information sur les actions de la Région en matière de prévention contre l’alcoolisme et, dans le même temps, à un affichage de cette collectivité aux côtés des publicités pour l’alcool. J’estime que cette attitude envoie un drôle de message aux consommateurs d’alcool.

Monique Orphé

   

4 Commentaire(s)

Lol, Posté
Tient un commentaire le l'alcoolo du dimanche "non l'écolo du dimanche" lol
R I P O S T E, Posté
Pauvre de toi Monique Orphé , on t'a pas attendu pour parler , écrire de l'alcool qui tue .

L'alcool n'est pas la réponse... mais au moins il fait oublier la question!
Pfff, Posté
zen Monique, boit un coup ca va te détendre !
Jean-pierre espéret, Posté
Bravo Monique! Comme pour la protection de l'environnement, la Région est atteinte du syndrome du boucher végétarien, du double langage : "faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais"! Protégeons les mineurs. Réservons l'alcool, le tabac et les jeux à une boutique spécifique pour adultes.