Courrier des lecteurs de Dominique Rivière :

FLOREBO QUOCUMQUE FERAR : une exigence !


Publié / Actualisé
Quand les temps sont incertains, quand tant de confusions s'installent, que tant de repères se brisent, que la mondialisation menace les identités qui se rebellent avec fracas, il est toujours utile d'en revenir à l'essentiel. S'il arrive aux Réunionnais que nous sommes de s'interroger ou de douter, il est temps de nous reprendre.
Quand les temps sont incertains, quand tant de confusions s'installent, que tant de repères se brisent, que la mondialisation menace les identités qui se rebellent avec fracas, il est toujours utile d'en revenir à l'essentiel. S'il arrive aux Réunionnais que nous sommes de s'interroger ou de douter, il est temps de nous reprendre.

Nous nous sommes toujours fait une certaine idée de la REUNION. Autant dire de la République.

Aussi bien, alors que les changements technologiques nous emportent vers l'avenir avec une vitesse accrue, que le sablier du changement climatique est en route, que le danger terroriste guète, notre inspiration singulière, nourrie de cirques et de remparts, d'esclavage et de marronnage, de liberté et de fraternité, de maloya d'or et de tristesse…, doit sans cesse nous conduire à réinventer un humanisme authentique. C'est cela faire REUNION, être réunionnais !

A la manière de la France qui, avec sa diversité territoriale et anthropologique obligeant à la tolérance, a engendré la République une et indivisible et l'idée d'un Homme universel, la Réunion, terre où se rassemble, toute en ressemblances, la diversité du monde, porte des réunionnais qui ne le sont, et ne peuvent l'être, qu'en transcendant leurs origines. De même que la France, à travers ses villes et paysages périurbains saccagés,  garde l'empreinte quasi-spirituelle de sa ruralité comme un arrière-fond de stabilité, la Réunion s'incarne dans sa nature, entre battant des lames et sommet des montagnes. Et s'ils sont parfois "volcaniques", les réunionnais demeurent des ruraux, en dépit de l'urbanisation envahissante, de l'hyper-connexion et de l'ouverture planétaire. C'est pourquoi, l'on ne saurait être réunionnais sans cet attachement à la terre, au sol qui porte, avec tant de nos anciens, notre vivante végétation, plantée ou sauvage, et le fruit de nos mains laborieuses et de notre culture.... Ou pour mieux dire, l'on ne saurait être réunionnais, sans ce sentiment partagé, irréductible à nos diverses traditions, de RESPONSABILITE TERRITORIALE.
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Voilà pourquoi, pour continuer à tracer le sillon réunionnais en visant l'étoile, il nous faut très prosaïquement, reprendre le chemin commun sur deux priorités actuelles qui doivent nous réunir :

- En premier lieu, la priorité de l'Education et spécialement de de l'Education Civique et Laïque, indispensable ciment de l'unité réunionnaise. Tout respect gardé, ce ne sont pas les religions, toujours enclines à distinguer le bon grain de l'ivraie et porteuses d'identités communautaires, qui feront l'unité de la Réunion. Comme  l'athéisme intégral qui prétendrait soumettre les croyances au savoir, elles ont une difficulté ancestrale à penser l'unité dans la diversité. La Laïcité est d'abord portée par des citoyens, lesquels, le cas échéant, sont par ailleurs croyants ou incroyants. Et l'Education, c'est d'abord pour des citoyens en devenir, l'apprentissage de la liberté, de l'émancipation, non de la soumission.

- En second lieu, le Droit au travail pour tous, c'est-à-dire, au-delà de tout économisme, la promesse républicaine pour chacun, et d'abord pour chacun de nos jeunes concitoyens, d'utiliser son énergie, si possible créatrice, pour une utilité sociale le faisant participer au destin commun. La réussite économique viendra si nous savons d'abord faire société. Des idées et des outils sont sur la table. A nous de nous en saisir pour construire l'avenir, en commençant par répondre à l'urgence.

FLOREBO QUOCUMQUE FERAR: ce moto porte une promesse florale à laquelle nous ne saurions, sans nous perdre, renoncer. Cela signifie qu'il nous faut d'abord assumer ce que nous sommes. Si fiers soyons-nous de nos origines, confessions ou convictions diverses, nous ne sommes réunionnais que parce que d'abord, nous sommes des CITOYENS.

Des citoyens, c'est-à-dire une sorte d'humains improbables : enracinés dans un territoire mais avec la tête dans les étoiles et qui se gardent d'oublier leur "patrimoine mondial". Des humains qui certes ont leur Histoire singulière, mais qui avant tout, ont vocation à devenir fils et filles de demain. Des citoyens, c'est-à-dire des responsables de notre avenir.

Est-ce trop demander aux réunionnais que nous sommes d'être à la hauteur pour faire REUNION ?

Il ne s'agit pas, même si des exemples peuvent nous inspirer, de copier ce qui se fait ailleurs, mais d'inventer des réponses adaptées, donc originales.

Il ne s'agit pas de céder une nouvelle fois à la surenchère dans le "moucatage" politicien qui n'est souvent que de l'auto-moucatage, ce tropisme au demeurant très franco-réunionnais. Il s'agit de se parler. Vraiment.  Pour agir. Ensemble.

Faire REUNION aujourd'hui, c'est une exigence !

Dominique Rivière
Avocat

   

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