Courrier des lecteurs :

La pêche thonière industrielle : La Réunion marginalisée


Publié / Actualisé
Greenpeace a raison de dénoncer la diminution accélérée des poissons dans l'océan Indien. C'est vrai en particulier pour les pélagiques (dont les thons), objets de la pêche industrielle. Les méthodes modernes de pêche, efficaces mais destructrices, provoquent l'épuisement des stocks. La survie de millions de personnes qui subsistent de la pêche aux Maldives, à Madagascar, en Afrique australe et orientale, aux Comores ou aux Seychelles est menacée. Notre pêche côtière palangrière en souffre.
Greenpeace a raison de dénoncer la diminution accélérée des poissons dans l'océan Indien. C'est vrai en particulier pour les pélagiques (dont les thons), objets de la pêche industrielle. Les méthodes modernes de pêche, efficaces mais destructrices, provoquent l'épuisement des stocks. La survie de millions de personnes qui subsistent de la pêche aux Maldives, à Madagascar, en Afrique australe et orientale, aux Comores ou aux Seychelles est menacée. Notre pêche côtière palangrière en souffre.

Les ressources sont gérées par la Commission Thonière de l’océan Indien où siègent majoritairement des Etats non-riverains qui effectuent 97% des captures.  Il est impératif que les pays de l’océan Indien se réapproprient et maîtrisent leurs ressources halieutiques. Qu’ils les gèrent de façon durable. Qu’ils utilisent les redevances payées par les navires étrangers pour créer des pêcheries nationales.

La Réunion avait mis beaucoup d’espoir dans la pêche thonière industrielle. Elle a créé pour cela une darse de pêche, une cale sèche et des entrepôts frigorifiques. Des navires formosans y débarquaient leurs cargaisons. Des entreprises réunionnaises y ont investi, avec l’aide des pouvoirs

Mais notre île est marginalisée par une gouvernance inappropriée et par un capitalisme apatride. Nous devons agir pour que l’Union européenne adapte la politique de la pêche  à nos spécificités de région ultrapériphérique.

Nous pouvons aussi regretter que les armements français dans l’océan Indien ne jouent pas le jeu du développement de La Réunion. Le principal armement réunionnais a été rattaché à une holding financière située à Singapour et a transféré son pôle thonier (flotte, maintenance et unités de transformation) à Maurice. Même les navires immatriculés à Mayotte ou à La Réunion débarquent leurs prises à Maurice ou aux Seychelles. La plus-value nous échappe ainsi que les emplois, les bateaux ayant majoritairement recours à une main d’œuvre  étrangère sous payée comme la réglementation les y autorise.

La pêche thonière industrielle créerait des richesses si les navires qui opèrent dans notre Zone Economique Exclusive déchargeaient au moins une partie de leurs prises au Port. Elle pourrait créer des emplois si les armements français se comportaient en entreprises citoyennes en embauchant autant que faire se peut des compatriotes. A l’heure de l’économie bleue, La Réunion, île tropicale, gagnerait à se doter d’une stratégie dans le domaine maritime et à se donner les moyens de la mettre en œuvre avant qu’il ne soit trop tard.  

Wilfrid Bertile

   

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