Courrier des lecteurs :

En une mandature, l'aéroport du sud est devenu l'ombre de lui-même


Publié / Actualisé
On spécule beaucoup et depuis des années sur l'aéroport de Pierrefonds, encore plus en campagne électorale. En 2010 Didier Robert promettait son " renforcement et l'extension ", la piste a certes été agrandie et certes une partie des fonds du protocole de Matignon 2 est destinée aux aéroports mais les résultats sont bien maigres : en une mandature, l'aéroport du sud est devenu l'ombre de lui-même. Pierrefonds n'est plus complémentaire de Gillot, Pierrefonds n'a pas disparu mais est au moins en mort cérébral.
On spécule beaucoup et depuis des années sur l'aéroport de Pierrefonds, encore plus en campagne électorale. En 2010 Didier Robert promettait son " renforcement et l'extension ", la piste a certes été agrandie et certes une partie des fonds du protocole de Matignon 2 est destinée aux aéroports mais les résultats sont bien maigres : en une mandature, l'aéroport du sud est devenu l'ombre de lui-même. Pierrefonds n'est plus complémentaire de Gillot, Pierrefonds n'a pas disparu mais est au moins en mort cérébral.

Didier Robert a annoncé mardi qu'il souhaite à nouveau le développement de Pierrefonds en ajoutant encore un bout à la piste. Nouveauté cependant, son désir de voir s'y installer une compagnie low-cost, destinée à l'Océan Indien.
Est-ce que nous nous posons les bonnes questions ?



La plus fondamentale d'entre elle et en matière d'aménagement du territoire peut être celle de l'opportunité de deux aéroports à La Réunion. Finalement, sur notre île, tout n'est jamais très loin, surtout si l'on n'a pas à le faire tous les quatre matins ! Si nous nous évertuons à faciliter les déplacements sur l'île, n'est-ce pas satisfaire deux besoins : celui du déplacement quotidien et du déplacement vers l'extérieur ?
L'existence de deux aéroports est souvent justifiée et là aussi depuis des années, par une complémentarité : Gillot pour le national et l'international, Pierrefonds pour le régional. Sauf que depuis des années, il n'en n'est rien : Pierrefonds fait certes dans la desserte régionale mais Gillot aussi et beaucoup plus. Souhaiter spécialiser Saint-Pierre dans quelque chose que fait Sainte-Marie, n'est-ce pas déshabiller l'un pour habiller l'autre et donc ne rien créer ?



Il y a ensuite l'ambition de faire dans le low-cost. De la part du président de région et ex-président du Conseil de surveillance d'Air Austral, après avoir été poussé vers la sortie par la Cour des comptes, c'est un comble et pour cause : Didier Robert a abandonné l'A380 densifié qui aurait pu contribuer à une baisse significative du prix des billets d'avion. Depuis rien n'a été fait pour réduire le coût des déplacements aériens depuis La Réunion. Vaut mieux tard que jamais, l'investissement dans le low-cost peut être une réponse en faveur de l'aérien mais en quoi le lancement de ce type de compagnie nécessite un autre aéroport alors que Gillot en accueille déjà une ?



Enfin pas un mot sur le tourisme de luxe. A focaliser sur les longueurs de pistes et le low-cost on en oublie les touristes qui pourraient venir avec leur propre avion, dépenser généreusement leur argent sur l'île. On en oublie aussi toutes les activités liées à l'aéronautique dont le potentiel est sous exploité aujourd'hui : Ulm, hélicoptères…



Ainsi l'avenir de l'aéroport de Pierrefonds semble condamné avec les dirigeants d'aujourd'hui. Cher aux élus du sud dont André Thien-Ah-Koon, c'est un sujet électoral de poids mais finalement ils ne savent pas trop quoi en faire, ils n'ont pas vraiment d'idée. C'est une belle infrastructure qu'on laisse mourir tout doucement au lieu de l'exploiter au maximum en développant de nouveaux leviers de croissance. Osons un vrai projet pour cet espace. La Réunion et le sud y gagneront.



H.D.

   

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