Tribune libre de Jean-Claude Comorassamy :

Ce subtil parfum de réflexion et d'échange en ce premier mai


Publié / Actualisé
C'était un premier mai 1886 à Chicago d'USA, qu'éclate une grève suite à un mouvement revendicatif des ouvriers d'usine, pour une durée de travail à 8 heures par jour. Elle sera suivie le 3 mai d'une manifestation des grévistes, qui sera violemment réprimée par la police. Le bilan officiel des victimes sera de six morts et une cinquantaine de blessés.
C'était un premier mai 1886 à Chicago d'USA, qu'éclate une grève suite à un mouvement revendicatif des ouvriers d'usine, pour une durée de travail à 8 heures par jour. Elle sera suivie le 3 mai d'une manifestation des grévistes, qui sera violemment réprimée par la police. Le bilan officiel des victimes sera de six morts et une cinquantaine de blessés.

Le lendemain au cours d’une autre grande manifestation de protestation, une bombe est lancée dit-on, contre les forces de police, lesquelles tirent sur la foule. Si le bilan exact des victimes ne sera communiqué. En revanche des militants seront par la suite arrêtés, certains seront condamnés sans preuve et exécutés, écrit-on encore.

C’est ainsi qu’en France, depuis 1947, bientôt soixante dix ans, que le 1er mai est devenu officiellement, un jour férié et chômé. C’est à cette date symbolique, que certains syndicats se rassemblent pour un défilé, pendant que le syndicat réformiste qu’est la CFDT, appelle ses adhérents à un pique-nique familial de partage et de réflexion.

D’ailleurs, au menu de ces réflexions, des sujets importants qui préoccupent la société réunionnaise, chômage, jeunesse, le projet de loi El Khomri, qui doit réformer le droit du travail, qui
provoque de vives réactions et des mobilisations avant son passage à l’Assemblée Nationale, notre Territoire de santé, le dialogue social dans les entreprises…etc.

Ici, la carte des repas s’annonce copieuse en ce premier mai 2016 à l’ombre de la cocoteraie de la "Rivière" de l’Etang de Saint-Paul où le parfum de muguet ne risque pas de les perturber dans leur réflexion. Á défaut peut-être demain, pourquoi pas, de porter à la boutonnière comme dans le passé, l’églantine rouge qui était le symbole originel de porte bonheur, du premier jour de mai.

Quoiqu’il en soit, ce syndicat réformiste prône comme Gandhi le dialogue. Et, il affirme que c’est dans le dialogue social qu’on trouvera des réponses négociées pour avancer. Car, il ne faut pas oublier, qu’il n’aura jamais d’ouvrier sans patron et pas de patron sans ouvrier. C’est pourquoi, il est important de se réunir pour échanger, pour négocier et pour trouver des compromis pour avancer ensemble.

Comme a dit si bien Laurent Berger, la bataille se gagne sur le terrain, dans les entreprises. Une des clés dit-il, sera de : considérer son lieu de travail, comme le lieu "où on vivra ce qu’on changera", celui où "on se battra pour faire reconnaitre ses compétences, parfois pour imposer de nouvelles orientations stratégiques à l’entreprise, où l'on discutera du partage de la valeur ajoutée". Avant de rajouter que "l’entreprise, c’est aussi nous".

A partir de cette réflexion, je vous souhaite des bonnes fêtes de premier mai à toutes et à tous pour un dialogue social apaisé et constructif. Et d’une manière générale, comme les communes honorent aussi en ce 1er mai, son personnel pour leur ancienneté de service, leur mérite, leur dévouement et leur professionnalisme à travers la Médaille d’Honneur de travail. J’en profite pour adresser mes félicitations chaleureuses à tous les médaillés de travail de la Réunion plus particulièrement aux récipiendaires de Saint-Leu, décorés par le Député-maire Thierry Robert, en ce 1er mai 2016.

Jean Claude Comorassamy
 

   

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