Tribune libre de Thierry Robert et Michel Dennemont :

"Une nouvelle carrière, pourquoi faire ?"


Publié / Actualisé
Les habitants de nos communes sont de nouveau appelés à donner leur avis sur le projet de carrière à Bois-Blanc, durant l'enquête publique qui s'est ouverte ce lundi et qui prendra fin le 6 octobre prochain.
Les habitants de nos communes sont de nouveau appelés à donner leur avis sur le projet de carrière à Bois-Blanc, durant l'enquête publique qui s'est ouverte ce lundi et qui prendra fin le 6 octobre prochain.

Nous partageons l'attachement des citoyens de nos communes à l'exceptionnel cadre de vie qui caractérise Saint-Leu, Les Avirons et l'Etang-Salé. Nous partageons également les inquiétudes légitimes que suscitent l'éventuelle exploitation d'une carrière de roches massives sur ce site remarquable. Nous renouvelons notre opposition commune à ce projet destructeur.

Nous comprenons la nécessité de trouver les matériaux pour réaliser le projet de Nouvelle Route du Littoral, reconnu d'utilité publique. Les besoins du chantier ont été revus à la baisse, passant de 19 à 12 millions de tonnes de roches.

Aujourd’hui ces ressources existent déjà

La carrière de Dioré a eu toutes les autorisations nécessaires (administratives, techniques, juridiques) et le carrier attend désormais le seul feu vert du groupement attributaire du marché. Une autre carrière à Saint-André, celle de Menciol, est en bonne voie. Ces deux carrières peuvent fournir la totalité des matériaux nécessaires à la réalisation de la Nouvelle Route du Littoral.

Le potentiel d'andains estimé à 6 millions de tonnes est également un apport non négligeable. Alors que des accords et des protocoles ont été mis en place pour qu'ils puissent être exploités, des montagnes de galets s'entassent depuis des mois dans les champs aux quatre coins de l'île.

Nous constatons donc que les galets nécessaires à la réalisation du chantier existent et sont pour la plupart déjà disponibles. Faire une carrière à Bois-Blanc est une entreprise périlleuse mais tenter de surcroît de justifier son ouverture par la nécessité de réaliser la NRL relève du non-sens.

Il ne nous semble pas utile d'ouvrir cette carrière pour permettre la réalisation de la NRL pour laquelle les besoins sont déjà satisfaits.

Il ne nous semble pas non plus utile de solliciter de nouveau la population qui s'est largement exprimée contre à plusieurs reprises.

Il nous paraît enfin inenvisageable que demain, ce soit par une procédure de Projet d'Intérêt Général (PIG) liée à la réalisation de la NRL que nous soit imposée cette carrière à Bois-Blanc.

Ce projet n'est plus lié à la NRL et à son utilité publique, encore moins à l'intérêt général qui pouvait en découler.

Thierry Robert et Michel Dennemont

 

   

1 Commentaire(s)

Joé Bédier, Posté
Je ne peux laisser passer sans réagir les déclarations publiques de Thierry Robert et de Michel Dennemont sur la problématique des carrières à ouvrir pour satisfaire les besoins de la nouvelle route du littoral en roches massives.
De quoi s’agit-il ? Parce que le projet de carrière de Bois Blanc est contesté par une partie de la population de leur secteur, démarche que je respecte, ces deux élus réclament l’abandon du projet en invoquant l’existence de la ressource à Saint-André, où une autorisation a effectivement été délivrée pour la carrière de Dioré mais pas pour le second projet (Bras Mousseline), qui vient seulement d’être mis à l’enquête publique.
Curieuse attitude que celle de ces élus qui, pour refuser sur leur territoire ce qu’ils considèrent comme une atteinte à un environnement et un cadre de vie à protéger, n’hésitent pas à venir demander publiquement de faire chez les autres ce qu’ils n’admettent pas chez eux. Alors que la population de Saint-André découvre à peine l’existence du projet de Bras Mousseline et qu’elle est appelée à se prononcer, MM Robert et Dennemont ont déjà répondu à leur place ! Bel exemple de respect de la démocratie locale chez ces deux maires !
J’ai pour ma part alerté la population sur une situation qui n’est pas normale en termes de nuisances et de risques : celle de la concentration de quatre projets de carrières sur un secteur restreint, à cheval sur les deux communes de Saint-André et de Bras-Panon (Paniandy et Ma Pensée pour cette dernière) et impactant aussi une partie de Sainte-Suzanne. Il ne s’agit pas de s’opposer par principe aux carrières, je dis simplement que ces équipements, qui sont nécessaires, doivent être répartis sur tout le département afin d’en limiter les impacts sur leur environnement naturel et humain. C’est d’ailleurs ainsi qu’a été conçu et dressé la carte des « espaces carrières » dans le schéma départemental.
La population de la micro région Est appréciera en tout cas les déclarations d’élus qui considèrent qu’elle peut et doit supporter tous les risques et nuisances liés aux besoins de la NRL, notamment l’implantation de mégas carrières proches dans l’espace. Cela alors même que l’Autorité Environnementale n’a pu faire autrement que d’exprimer sa perplexité sur le second projet de Saint-André - prévu faut-il le rappeler pour s’implanter sur des terrains de la famille Virapoullé, comme à Bras-Panon, dans un mélange des genres entre la politique et les affaires.
Voilà de la part de ces élus une façon bien particulière d’assumer leurs responsabilités dans ce dossier des carrières et une vision bien étriquée de l’intérêt régional.
Joé BEDIER
Conseiller régional
Conseiller municipal de Saint-André
Président de l’UDSA