Courrier des lecteurs de Jacques Dijoux :

Lettre au prochain président


Publié / Actualisé
Emmanuel Macron a le vent en poupe. Il est plutôt au sommet de la vague. Attention à ne pas en connaître le creux ! Pour cela le programme doit être délivré. Certes son livre : "Révolution" fixe le cap. La vision décrite, suffit pour des initiés. J'adhère au positionnement. Il faut transcender ce clivage droite-gauche ; et en faire une synthèse de ceux qui est bon dans chaque " camp ". La partie de bras de fer est stérile. C'est sclérosant pour le pays.
Emmanuel Macron a le vent en poupe. Il est plutôt au sommet de la vague. Attention à ne pas en connaître le creux ! Pour cela le programme doit être délivré. Certes son livre : "Révolution" fixe le cap. La vision décrite, suffit pour des initiés. J'adhère au positionnement. Il faut transcender ce clivage droite-gauche ; et en faire une synthèse de ceux qui est bon dans chaque " camp ". La partie de bras de fer est stérile. C'est sclérosant pour le pays.

Le mode de gouvernance basé sur la parité homme-femme, public-privé et société civile avec les politiques est salvatrice ! Il est sain de panacher les visions des théoriciens et des praticiens. Le résultat ne peut être que bénéfique. Emmanuel MACRON poursuit : " pour distribuer aux plus déshérités, il faut produire ". C’est tellement de bon sens ! Il faut libérer les énergies entrepreneuriales, lever les freins à l’embauche et améliorer substantiellement le pouvoir d’achat. J’y souscris !

Mais il faudra avoir le courage d’affronter, les mythes, les tabous et les résistances syndicales. Il y a trop de passe-droit, d’abus de pouvoir, de privilégiés, d’injustices. L’égalité de traitement est un leurre ! Les politiques ont-ils eu cette réflexion ? On peut en douter quand on voit des affaires surgir de façon récurrente. Le peuple gronde et grondera encore. Mais je reste persuadé  que si on lui explique le bien-fondé des mesures, il l’acceptera. Il faut aussi que l’on ait la possibilité de se faire entendre quand on subit une injustice.

L’appareil de l’Etat  avec ses administrations sont trop puissantes. C’est le pot de fer contre le pot de terre. C’est ça la démocratie ? C’est ça la liberté ? Et ne me parler pas de tribunal administratif. Les tribunaux ne font que la lecture du droit. Même si c’est tortueux. On devrait parler du Ministère de l’application du droit, mais non pas de la justice car la légalité l’emportera sur le moralité.

Les politiques sont responsables. Ils font les lois ! Et les règlements (décrets et arrêtés) sont mis en œuvre par une administration aveugle, qui s’abrite derrière des textes. Etat de droit ne veut pas dire avoir des droits sur les citoyens. Tout cela échappe aux politiques. C’est anormal ! Le mode de gouvernance est à revoir. Le citoyen devrait pouvoir saisir une commission rapidement pour pouvoir débloquer sa situation.

Les recrutements que sur concours, mènent à des blocages. Contractualiser avec la société civile changerait les modes de fonctionnement. L’ENA donne peut-être une tête bien pleine ; mais bien faite au regard des réalités, j’en doute. Il faut panacher les embauches dans les cabinets Ministériels.

La confrontation des visions (publique- privée) serait de nature à faire changer, dans le bon sens. Pour avoir siégé au CAEN (Conseil Administratif de l’Education Nationale) j’ai bien vu, qu’il ne s’agit pas que d’un Mammouth comme disait Claude Allègre. C’est une forteresse ! Les problèmes ne proviennent pas, à mon sens, des enseignants. Mais du corps  de l’inspection centrale. Dans tous les Ministères c’est ainsi. Les directives venant d’en haut, bloquent les initiatives sur le terrain. Sinon comment expliquer que tant de " gamins " entre en 6ème avec de grosses difficultés, qui vont par ailleurs, les suivre. Puis on s’étonne des déviances, de l’errance juvénile. Ils seront les chômeurs de demain.

Oser cette nouvelle gouvernance Monsieur M. Macron Faites cette révolution !

Vous êtes aussi le chantre de la concurrence ! En matière économique, on n’a pas trouvé mieux. Dans tout, la compétition est un stimulant. Il faut juste veiller à ce que les règles soient équitables car la guerre des prix tue l’emploi et le salaire. Il faut mettre quelques garde-fous, à la concurrence sauvage et déloyale. Mais lorsque c’est la réglementation qui crée cette déloyauté, c’est insensé. Je l’ai vécu : j’ai eu un agrément pour former des conducteurs routiers de marchandises en FIMO.

Pour obtenir l’agrément FIMO pour la formation en transport de voyageurs, on a décrété qu’il fallait avoir une antériorité en CFP, devenu titre pro voyageurs. On a ainsi clairement fermé la porte aux petites structures au profit des " grosses ", de surcroit subventionnées. On vous délivre donc, un agrément probatoire de six mois, pendant lesquels il fallait former 48 stagiaires. Ce qui était irréalisable. Dans sa grande clémence, l’Etat a corrigé le décret. Maintenant c’est une probation d’un an et vous devez former 24 stagiaires. Mais pourquoi toutes ces contraintes ? Si on a les diplômes  et qualifications, qu’on nous laisse entreprendre ! Je peux comprendre les contrôles qualités mais pas les empêchements. C’est contraire d’ailleurs à la libéralisation des " cars MACRON ".

Quant aux complications dues à la paperasse, elle est bien réelle. Vous ne réduisez pas le millefeuille administratif. Vous l’amplifiez. Je cite un exemple parmi d’autres : Les ERP doivent être aménagés pour recevoir les handicapés. C’est une juste réglementation. Mais sa mise en œuvre est administrativement lourde. Vous devez remplir des documents cerfa volumineux et les produire en six exemplaires ; Une commission de six personnes se réunira et rejettera votre dossier parce qu’une case n’a pas été cochée, ou mal cochée.

La compréhension des documents demande déjà des heures de lecture. Il suffirait pourtant que deux ou trois personnes habilitées se rendent sur les lieux pour constater la conformité. Au fil des années, on nous a submergé de travaux administratifs. On en étouffe ! Ceci au détriment de l’exercice du métier : Produire, embaucher et vendre. Allégez, libérez, vous verrez la croissance repartir.  En matière d’appel d’offres, là aussi c’est l’opacité. Si on ouvrait publiquement, les offres en présence des soumissionnaires, ce serait transparent mais on ne pourrait plus magouiller. Pauvre France ! Quand on subventionne certaines entreprises et pas d’autres, dans un même secteur d’activité, ça devient déloyale. Je pense même qu’il faudrait stopper toute subvention. Il en est de même pour les syndicats.

Ils doivent vivre de leurs cotisations, mais non de l’argent publique. Qu’est-ce qui justifie que l’on subventionne les films commerciaux ? Cela n’a rien à voir avec les films documentaires, culturels. Les mœurs politiques doivent être aussi assainies. L’Affaire Fillon  et bien d’autres avant le démontre. Les taxes et impôts doivent baisser, au profit d’une élévation du revenu, en tenant compte de la qualification et de la pénibilité. Ce qui signifie que l’Etat doit aussi revoir son train de vie et son niveau d’endettement. Au final c’est le contribuable qui paye. Les écarts des salaires sont indécents. Une véritable réflexion doit avoir lieu sur ce point important. Cela conditionne la vie au quotidien. Quand les clients sont pauvres, l’économie ne peut pas fonctionner.

Dans votre livre, M. Macron vous dites que c’est le salarié qu’il faut sauver, mais non l’emploi. Il faudra nous l’expliquer. J’ai tendance à penser le contraire. Si on remplace A par B (avec le même salaire) parce qu’il ne donnait pas satisfaction, où est la perte ? Quel intérêt on aurait à licencier quelqu’un qui est apprécié ? L’entreprise n’est pas un centre de formation. Que A aille se former, il augmentera ses chances pour l’avenir. Aujourd’hui les TPE se trouvent empêtrés dans des complications de formation et de licenciement. C’est un vrai frein à l’embauche. Tant qu’on ne sortira pas du dogme qui consiste à empêcher les licenciements, vous aurez moins d’embauche.

L’Etat ne se prive pas des CDD ! Pourquoi limiter les entreprises à deux renouvellements sur 18 mois ? La précarité est une vision bassement philosophique. Même un CDI peut être rompu. Mais le risque est tellement grand pour l’employeur, qu’il fait tout pour éviter l’embauche. Quand vous avez vécu les prud’hommes vous comprendrez. La parité est " battue en brèche " par des réglementations, largement favorables aux salariés. Ceci pour contrer le bien de lien de subordination. Sauf que ce n’est pas la réalité dans les TPE. Pire, on fait rentrer les syndicats. Encore un frein à l’embauche.

Vous n’avez pas conscience que vous allez détruire les relations humaines, qui ne sont pas mauvaises dans la majorité des TPE. L’équation gagnante c’est : j’en ai besoin, j’embauche. Sinon c’est " pôle " qui emploie. Autant je trouve que le Revenu Universel d’HAMON  est une hérésie, autant je pense que tout chômeur doit être indemnisé. Cela ne doit pas être un revenu, mais bien un soutien passager avec une prise en compte des ces emprunts en cours. Je connais des chômeurs à 6000€ qui se payent de bonnes vacances. Au lieu de payer les jeunes à ne rien faire (M. Hamon), on devrait plutôt augmenter les petites retraites et former les jeunes pour travailler.
Autre sujet tabou : la sécurité sociale qui ne devrait pas être soumis à la concurrence.

C’est curieux. La concurrence est vertueuse. Sauf dans ce secteur. J’aimerai connaître les arguments. On entend dire qu’il faut supprimer le RSI. Oui ce régime en l’état, est spoliateur. Il faut le réviser. Il ne faut surtout pas le rattacher au régime général. Le monopole des caisses de sécu coûtent cher. Car les charges sont mal ou pas gérées : coût des hôpitaux, ambulanciers, médicaments etc.… Actuellement le CHU de la Réunion comptabilise une perte de 50 millions. La cour des comptes n’arrêtent pas d’épingler les établissements publics. C’est en les mettant en concurrence, qu’ils vont s’améliorer. Croire qu’on ira vers un système à deux vitesses est là aussi une vision dogmatique.

Imaginez que l’on devait tous assurer notre véhicule, dans la même compagnie. Les primes seraient plus élevées et les services de moindre qualité. C’est évident ! Si on permettait aux salariés et employeurs de choisir leur assurance publique ou privée, je parie sur de meilleurs résultats. C’est le cas en Suisse, en Allemagne, en Nouvelle Zélande. Ils ne s’en plaignent pas. Pourquoi ne pas l’expérimenter ? Ah c’est par solidarité diraient les privilégiés et les abuseurs du système étatique.

C’est inexact. La solidarité relève de l’impôt. Les cotisations sociales sont proportionnelles aux salaires. Il faut définir un niveau de prestations minimum pour tous. Un cahier des charges. Il appartient aux assureurs publics ou privés de proposer le meilleur prix, et des prestations supplémentaires. Vous ne trouvez pas que la solidarité choisie fonctionne mieux : Resto du cœur, téléthon, croix rouge etc.…

Comme dit Mgr. Aubry " sort dan fé noir, rouve zot yeux, et fait travail out cerveau ". Un modèle social qui produit quelques privilégiés et de plus en plus de chômeurs, d’illettrés, de travailleurs pauvres, de SDF, de délinquances etc.…  est un mauvais modèle. C’est le modèle étatique de l’UMPS avec toujours plus d’impôts et taxes. Au lieu de traquer les TPE, qui prennent de gros risques, en travaillant 35H en 3 jours, attaquez-vous à l’évasion fiscale, à la fraude : chez les riches comme chez les pauvres. Réglez les problèmes macro-économiques à l’internationale, et laissez nous nous occuper de la micro-économie.

Avec le FN ce sera pire : replis sur soi, immigrés stigmatisés et économie fermées. Seule le modèle social-libéral est équitable. Et c’est Emmanuel Macron qui le porte. S’il le met en œuvre, ça ira mieux pour tous ceux qui veulent se prendre en main.

Jacques Dijoux, Saint-Paul

   

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