Tribune libre de Gilles Leperlier :

Sans planteur, pas d'agriculture, pas de canne, pas de produits issus de la canne !


Publié / Actualisé
Depuis plusieurs jours, les planteurs de canne alertent les industriels et les autorités sur leur situation toujours plus précaire et sur le flou qui règne, à un peu plus d'un mois du début de la coupe, sur les conditions d'achat de leur production.
Depuis plusieurs jours, les planteurs de canne alertent les industriels et les autorités sur leur situation toujours plus précaire et sur le flou qui règne, à un peu plus d'un mois du début de la coupe, sur les conditions d'achat de leur production.

D’abord, je tiens à apporter aux agriculteurs mon soutien plein et entier. Il est inadmissible que les industriels qui achètent la matière première aux planteurs ne leur présentent pas de conditions d’achat en toute transparence. Nous avons aujourd’hui la certitude que 28 millions d’euros d’aides seront versés par l’Etat aux industriels pour les coupes de 2017 à 2020. Les industriels doivent faire la transparence sur l’utilisation de cette subvention et expliquer aux planteurs, pourquoi, cette aide ne peut aider à valoriser le prix de la canne.

Il faut bien noter que le prix de la canne n’a pas évolué depuis 20 ans. Les agriculteurs sont donc dans la même situation depuis deux décennies. Or, la situation a évolué et nos agriculteurs travaillent dans des conditions de plus en plus précaires, avec des charges lourdes à payer. Le prix de la canne doit évoluer en tenant compte de cette situation.

Je tiens aussi à rappeler que cette crise aurait pu être évitée. Voilà des années que les agriculteurs tirent la sonnette d’alarme. Le PCR alerte également depuis plusieurs années sur l’urgence de la situation. Des mesures auraient du être prises depuis bien longtemps.

Enfin, je vous confirme que je soutiendrai, si je suis élu député, mais aussi dans mes combats à venir, la filière canne-sucre. Nous ne pouvons laisser notre culture réunionnaise à la merci des grands groupes. Nous ne pouvons laisser les industriels décider du sort des planteurs. Ces planteurs sont essentiels à notre agriculture et incarnent un savoir-faire et une culture réunionnaise. Sans planteur il n'y a pas d'agriculture, pas de canne et pas de produits issus de la canne. Nous devons croire aux valeurs de la terre, croire en ce patrimoine agricole, source d’économie et de développement pour La Réunion.

J’ai eu l’occasion la semaine dernière de rencontrer des agriculteurs qui m’ont fait part de leurs préoccupations. Nous avons longtemps échangé sur la façon dont nous pourrions intervenir à l’Assemblée Nationale pour améliorer leur situation.

Sachez que je ferai de cette problématique l’une de mes priorités. Je demanderai à réunir d’urgence tous les acteurs de la filière pour mieux la structurer et sauver les emplois. Je défendrai aussi une revalorisation des retraites agricoles à hauteur de 900 euros minimum, pour que les plus âgés puissent partir sereinement et transmettre leur savoir-faire et leur exploitation aux pus jeunes.

Je défendrai également la relance des cultures traditionnelles (café Bourbon pointu, vanille Bourbon, géranium, plantes aromatiques et médicinales, fruits et légumes lontan…) et la diversification de notre agriculture pour créer de l’économie et tendre vers la sécurité et l’autosuffisance alimentaire.

Les agriculteurs ont besoin de réponses pour pouvoir démarrer leur saison sereinement. Je leur réitère ici mon soutien total et entier ainsi qu’à tous ceux qui se mobilisent pour sauver la filière canne-sucre et sauver ainsi des milliers d’emplois et des familles.
          
J’espère que ces accords aboutiront et qu’ils seront favorables à La Réunion et aux Réunionnais.

Gilles Leperlier

 

   

4 Commentaire(s)

T42, Posté
Mr Leperlier veut se faire élire député. Gouverner c'est prévoir (Emile de Girardin). Au lieu de jouer les pleureuses Mr Leperlier devrait developper son plan pour faire passer La Réunion d'une agriculture subventionnée à grands frais (nos impôts bien sûr) à une agriculture autonome et rentable. Dans une île où 75% des produits de première nécessité sont importés il y a un gros travail de réflexion et de reconversion. C'est maintenant qu'il faut le faire. Dans peu de temps ce sera "subventions=0".
Omaya, Posté
i reste pi bcp jeune marmaille comme ou pou prend la relève pou empêche la classe dominantes remplis zot jabot un coup chapeau pou ou pou l'instant mi vois que ou lé capab nou fé la résistance
Lela, Posté
La canne n'a plus aucun avenir à la Réunion. Elle ne subsiste que grâce à de couteuses subventions européennes et nationales payées par les contribuables.La consommation de sucre baisse en Europe et dans le monde, la concurrence de la betterave et des autres pays producteurs est féroce. Vous défendez un monde ancien, sans regarder la réalité qui pourtant s'impose. Qu'attendez vous pour cultiver du soja, des kiwis et autres aulx, importés très chers à La Réunion?
Bruno Bourgeon, Posté
Non, M. Leperlier, votre combat est un combat d'arrière-garde. Les subventions européennes ou même françaises ont vocation à se tarir, et la concurrence internationale dans une économie globalisée sera de plus en plus pressante. Si vous voulez cheminer vers l'autonomie alimentaire, il faudra bien prendre un tiers de la sole cannière pour rajeunir et améliorer la santé de notre bétail, pour faire vivre une agriculture vivrière et bio, biodynamique, agroforesterie, ou agro-écologie, ou encore permaculture. Le reste de la canne servira à des produits finis à forte valeur ajoutée, ou aux agrocarburants. Voilà quel devrait être votre combat, plutôt que de défendre un passé néo-colonial et un fond de commerce électoral désormais dépassé. A bon entendeur...