Tribune libre de Huguette Bello :

La députée interpelle le ministre de l'Agriculture sur la filière canne


Publié / Actualisé
Huguette Bello, députée de La Réunion, a interpellé le ministre de l'Agriculture Stéphane Travert, à propos de la filière canne-sucre-énergie. Nous publions ci-après son allocution.
Huguette Bello, députée de La Réunion, a interpellé le ministre de l'Agriculture Stéphane Travert, à propos de la filière canne-sucre-énergie. Nous publions ci-après son allocution.

Ma question s’adresse à Monsieur le Ministre de l’agriculture et porte sur l’avenir de la filière canne – sucre – énergie à la Réunion.

"Après plusieurs semaines de conflits, un accord de sortie de crise a été signé hier soir. Il témoigne de l’esprit de responsabilité des planteurs qui ne souhaitent ni paralyser l’île, ni
compromettre la campagne sucrière qui doit débuter ces jours-ci. Mais assortir une négociation d’un ultimatum n’est pas la meilleure garantie d’un accord durable, c’est-à- dire d’un accord permettant aux industriels, mais aussi aux planteurs, de faire face à la fin des quotas sucriers et des prix garantis par l’Union européenne. Ce bouleversement exige en effet que soient ouverts deux chantiers prioritaires.

Le premier porte :

- sur la nécessaire transparence des coûts de production industrielle et de ce prix d’achat, unique, pour tous les sucres, bruts et spéciaux,
- sur la transparence des revenus provenant des brevets et des nouvelles variétés élaborées par un centre de recherches mondialement réputé

- ainsi que sur la répartition des richesses issues des produits et des innombrables sous- produits de la canne, notamment de la bagasse. Le deuxième chantier est la mise en œuvre d’un plan de modernisation des Centres techniques (les CTICS). Les efforts consentis par les planteurs pour augmenter les rendements ne doivent plus être contrariés par des matériels de mesure et d’analyse obsolètes.

Cette filière, qui représente 18 000 emplois, a un indéniable potentiel. Elle est déjà une source non négligeable d’énergies renouvelables et un puissant capteur de gaz carbonique.

Pouvons-nous, M. le Ministre, compter sur votre détermination pour permettre à cette culture d’avenir de déployer toutes ses potentialités ?"

Réponse de M. Stéphane TRAVERT, Ministre de l’agriculture

"Je vous remercie Madame la députée pour votre question.

La filière canne à sucre est le premier secteur agro-industriel de l’économie réunionnaise et constitue l’un des plus importants pourvoyeurs d’emplois de la Réunion. C’est pourquoi, avec ma collègue Annick Girardin, j’ai suivi avec grande attention les négociations interprofessionnelles de la filière canne dans votre région.

Vous le savez,  l’Union Européenne, l’Etat et les collectivités locales se mobilisent pour le soutien de cette filière d’importance à la Réunion, mais aussi dans d’autres régions d’outre-mer. Dans le cadre du programme POSEI France financé par l’Union européenne, la filière canne-sucre Outre-Mer bénéficie d’un soutien annuel de près de 70 M€. Par ailleurs, ce règlement européen autorise la France à verser des aides nationales à la filière à hauteur de 90 M€ par campagne sucrière. Une  aide complémentaire de l’Etat au bénéfice de la filière sera mise en place à compter de la disparition du régime des quotas sucriers au 1 er octobre 2017.

C’est dans ce contexte que des négociations entre les planteurs et les industriels ont débuté dès le mois d’avril autour de la question des conditions d’achat de la canne par les industriels sucriers. Ces négociations interprofessionnelles ont été difficiles mais un accord a été trouvé hier.

Je salue cette avancée concrète et significative pour les planteurs et pour une filière qui structure en profondeur l’économie réunionnaise.

Par ailleurs, vous m’interrogez sur la nécessaire transparence des coûts de production et de prix d’achat, sachez que cette réflexion sera au cœur du premier chantier des Etats généraux de l’Alimentation qui seront lancés d’ici la fin du mois et auxquels je ne manquerai pas d’associer la représentation nationale."

   

Votre avis nous intéresse, soyez le premier à vous exprimer !