[VIDÉO] L'association Lataniers nout ker d'vie s'oppose à la carrière :

"La santé des enfants vaut plus que des millions"


Publié / Actualisé
Une seule affaire figure au conseil municipal exceptionnel de La Possession ce jeudi 14 septembre 2017. Les élus se prononceront sur l'approbation du lancement de la procédure de concession de travaux pour l'exploitation du site des Lataniers et sa remise en valeur. Autrement dit, il s'agit de donner le feu vert ou non à l'ouverture de la carrière dans la ville. Les membres de Lataniers nout ker d'vie (NKV) y assisteront afin de signifier leur désaccord. (Photo d'archives)
Une seule affaire figure au conseil municipal exceptionnel de La Possession ce jeudi 14 septembre 2017. Les élus se prononceront sur l'approbation du lancement de la procédure de concession de travaux pour l'exploitation du site des Lataniers et sa remise en valeur. Autrement dit, il s'agit de donner le feu vert ou non à l'ouverture de la carrière dans la ville. Les membres de Lataniers nout ker d'vie (NKV) y assisteront afin de signifier leur désaccord. (Photo d'archives)

 

L’opposition à la majorité de Vanessa Miranville entend aussi contester ce projet. La séance s’annonce donc explosive. Et pas seulement en raison des futurs tirs de mines à prévoir dans le cadre des travaux… L'opposant Érick Fontaine dénonce, lui, : "L’accélération du processus de concession de travaux pour l’exploitation de la carrière du site des Lataniers."

Le 29 mars dernier, l’élu indiquait déjà à l’édile : "Pendant votre campagne pour les municipales, vous vous êtes prononcée contre la carrière, maintenant, vous êtes pour, uniquement pour des raisons financières." Une déclaration effectuée lors d’un conseil déjà très tendu. Les militants de Lataniers nout ker d’vie perturbaient les débats. Ils affichaient des banderoles et surtout taxaient la première magistrate de "menteuse".

Une accusation reprise à nouveau par Stéphanie Gigan, la présidente de l'association. Ces scènes risquent de se répéter ce jeudi dès 17 h 30.

Lire aussi : La Possession - Grosses tensions au conseil municipal

"Nous voulons montrer que nous sommes toujours mobilisés et déterminés. Nous serons là dans la salle du conseil avec des banderoles, de façon pacifique", glisse la responsable de NKV. Elle rappelle les 2 000 signatures de la pétition contre la carrière devant servir aux enrochements nécessaires à l’approvisionnement du chantier de la nouvelle route du littoral. La commune, propriétaire du site naturel, souhaite sa remise en valeur à l’issue de l’exploitation de quatre ans.

L'extraction de roches massives pourrait démarrer en 2020. Le concessionnaire, bientôt retenu suite à un appel d’offres, devra en effet se charger de cette mission. Objectif : aménager le parc Rosthon-Lataniers en restaurant de façon écologique et paysagère l’endroit. De quoi offrir un Cœur nature près de l’opération Cœur de ville, déjà lancée.

- "Le maire a menti" -

"Madame le maire a menti. Elle disait qu’elle ne ferait pas de consultation et a fait le contraire. Lors de l’inauguration du parc Rosthon, elle indiquait que les avis divergents et que notre projet alternatif seraient pris en compte. Ça n’a pas été le cas. 75 % des Possessionnais seraient pour la carrière selon elle suite au sondage menée auprès de 300 personnes. C’est de la manipulation", lâche Madame Gigan.

Elle vient de publier une vidéo sur la page Facebook de NKV. Les images tournées aux Lataniers montrent la configuration actuelle du lieu. Une voix off explique les conséquences à venir en cas de démarrage des opérations d'extraction.

 

 

Le contre-projet défendu par son organisation n’aurait pas été étudiée selon elle. Un cabinet d’architecte parisien spécialisé l’accompagnait dans cette proposition chiffrée à plus de 100 000 euros. Il s’agissait de mettre en place aux Lataniers, un parcours pédagogique et de replanter des espèces endémiques.

"Ce site a une dimension historique. Nous voulions développer le verger Rosthon et faire revivre le lieu culturellement." La collectivité doit s’attendre à une réponse juridique "à chaque décision administrative attaquable en faveur de l’exploitation de la carrière." Stéphanie Gigan balaye également l’argument des difficultés financières avancé par la municipalité.

"Un mensonge. La maire disait que 70 % du financement de l’aménagement du front de mer venait de la Région Réunion, hors financement convention mairie-région pour la carrière. Et que 15 % seraient financés par le TCO et que le reste serait à charge de la mairie. Il reste donc un million à financer. S’il a besoin de faire une carrière pour ce million, je lui dit que la santé des enfants vaut beaucoup plus que des millions."

- Répondre à leurs accusations -

Dans un communiqué envoyé par les services municipaux, Vanessa Miranville détaillait le choix effectué en faveur d'une concession de travaux.

Lire aussi : Feu vert pour la carrière des Lataniers

Pour rappel, elle expliquait que la décision d’ouvrir ou non les Lataniers ne dépendait pas de la mairie mais de la préfecture. "En tant que propriétaire, nous autorisons simplement le dépôt d'un dossier. L'autorisation préfectorale ne pourra être donnée par le préfet qu'en 2019, et la carrière pourrait ouvrir en 2020, si elle ouvre", soulignait-elle. On ignore si ce type d’argument pourra convaincre ses opposants.

L’ancien adjoint sous Roland Robert, Jean-Hugues Savigny, et les membres de La Possession de demain évoquent, eux, "une parjure" de Madame Miranville sur ce dossier. Elle ne devrait pas rater l'occasion de répondre à leurs accusations ce jeudi.

ts/www.ipreunion.com

   

Votre avis nous intéresse, soyez le premier à vous exprimer !