Tribune libre de l'association Vérité Requins Réunion :

M. le Président, je vous écris pour vous faire partager ma joie retrouvée


Publié / Actualisé
Monsieur le Président, Une fois n'est pas coutume, je vous écris pour vous faire partager ma joie retrouvée. Une joie profonde et tellement intense qu'elle m'a donnée, l'espace d'un court instant, l'illusion qu'enfin l'île de La Réunion sortait de la torpeur dans laquelle l'Etat français la maintient depuis 5 ans en interdisant tout accès à l'océan à l'ensemble de la population. Une situation unique au monde !
Monsieur le Président, Une fois n'est pas coutume, je vous écris pour vous faire partager ma joie retrouvée. Une joie profonde et tellement intense qu'elle m'a donnée, l'espace d'un court instant, l'illusion qu'enfin l'île de La Réunion sortait de la torpeur dans laquelle l'Etat français la maintient depuis 5 ans en interdisant tout accès à l'océan à l'ensemble de la population. Une situation unique au monde !

 

Une privation injuste que même le Conseil d’Etat, plus haute Autorité de notre pays, a dénoncée. Un drame humain ayant déjà causé de nombreux décès ou mutilations suites à des attaques de requins. Dimanche, nos enfants ont ri à nouveau et nous avons ri aussi de les voir si heureux de jouir de ce plaisir aussi élémentaire et simple qu’est celui de pouvoir accéder à l’océan quand on réside dans une île comme c’est notre cas.

Monsieur le Président, vous êtes le gardien des libertés que notre pays a gravé dans notre constitution et vos représentants locaux sont censés l’être aussi par le mandat que vous leur confiez. C’est pourquoi nous faisons appel à vous, car vous seul désormais pouvez changer le cours des choses et mettre un terme à une crise qui ne va qu’en s’aggravant.

En effet, au lieu de s’attacher à réparer le trouble qu’ils ont créé de toutes pièces, notamment en constituant une Réserve Marine en plein cœur d’une station balnéaire sur la base d’un constat erroné et mensonger, vos représentants locaux n’ont de cesse de piétiner et bafouer nos libertés de manière constante depuis bientôt 10 ans.

Ils accumulent les mensonges et les dissimulations, par exemple en refusant de communiquer le rapport Ciguatera dont ils disposent depuis de longs mois et que l’ancien Préfet, monsieur Dominique SORAIN, désormais en poste au Ministère des outre-mers, s’était pourtant publiquement engagé à diffuser.

Jugez-vous normal que nous soyons contraints d’avoir à saisir la CADA comme nous nous apprêtons à le faire, pour obtenir la diffusion d’informations publiques pourtant essentielles à la gestion et la résolution d’une crise grave qui dure et qui a conduit à tant de décès déjà ?
Que penser aussi de l’opacité qu’entretiennent vos représentants si ce n’est qu’ils s’attachent à dissimuler leurs erreurs et qu’ils entretiennent un profond mépris à l’égard des réunionnais qui sont les premières victimes de cette crise ?

Au lieu de mettre en œuvre les solutions simples qui permettraient de résoudre cette crise en résorbant la prolifération des requins bouledogues, une espèce reconnue invasive et de surcroît non protégée, ils gesticulent, dilapident inutilement l’argent public, créent des comités qui fonctionnent en conclave et dans l’opacité la plus totale, des usines à gaz, organisent un processus de pêche ridiculement complexe, couteux et inefficace, s’arc-boutent sur une réglementation qu’ils interprètent avec une rigueur intégriste, stigmatisent la population et favorisent des comportements racistes … Voila la situation telle qu'elle est sans la moindre perspective de résolution de leur part.

Ces comportements indignes ne peuvent plus être tolérés et il n’est sérieusement pas possible d’attendre de ceux qui ont créé ce trouble qu’ils reconnaissent leurs erreurs et agissent pour les réparer.

C’est pourquoi nous estimons que tant les Autorités locales que le Ministère des outre-mers, où officie désormais notre ancien Préfet, sont incompétents pour une gestion saine de ce dossier, et qu’à ce titre, ils doivent être mis à l’écart par vos soins de la gestion de cette crise très grave.

Ainsi, par exemple, le nouveau Préfet n’a pas daigné recevoir nos représentants locaux ni répondre à leurs différentes sollicitations depuis qu’il est en poste. Tout juste s’est-il fendu d’un communiqué d’interdiction et de rappel à la loi plutôt que de venir sur place, au contact des réunionnais et des usagers de la mer, pour prendre la mesure sur le terrain de la gravité de la situation et de l’urgence d’agir.

L’association Vérité Requins Réunion, créée il y a 2 mois, et qui compte déjà plus de 500 adhérents et plus de 14.500 suiveurs sur sa page Facebook, lui a écrit dès le 16 août dernier et n’a pas reçu la moindre réponse malgré ses relances. Le même traitement a été réservé à l’association Océan Prévention Réunion dont nous venons d’apprendre que son secrétaire, monsieur Jean-François Nativel, venait d’être convoqué demain (aujourd'hui jeudi 14 septembre - ndlr) à  9h la gendarmerie de Saint-Paul parce que vos représentants lui reprochent d’avoir contribué à l’organisation de cette séquence de joie et de bonheur qui s’est tenue en présence de plus de 1.300 personnes ce week-end.

Vous en conviendrez je l’espère, que cette situation qui consiste à utiliser la puissance publique pour punir plutôt qu'agir ne doit plus durer.
Lorsque vous êtes venu dans notre île lors de la campagne présidentielle, vous vous êtes exprimé de manière très claire sur la nécessité d’instaurer une politique de pêche, et de mettre en œuvre toutes mesures adaptées pour une résolution raisonnable de cette crise.
C’est ce que nous attendons de vous désormais et c’est pourquoi nous sollicitons de vous que vous désigniez une commission indépendante, ouverte et publique, chargée de l’analyse objective de la situation, des erreurs passées, mais surtout de la mise en œuvre de solutions pragmatiques et adaptées.

La citation d’Albert Einstein, qui a dit qu’" il ne faut pas compter sur ceux qui ont créé les problèmes pour les résoudre " nous semble particulièrement bien adaptée à notre situation, et ce d’autant plus que des manquements et des fautes graves ont été commises par ceux-là même qui sont toujours en charge de la gestion et de la résolution de la crise.

Monsieur le Président, dimanche dernier, la station balnéaire de La Réunion a retrouvé la vie, certes quelques heures seulement et au prix d’une désobéissance citoyenne ayant consisté à enfreindre une une loi injuste, les réunionnais n’ayant pas eu d’autre choix pour vous alerter et vous montrer le ridicule et la gravité de la situation dans laquelle l’Etat les maintient. L’heure est grave pour nous. Nos enfants et nos amis sont morts ou ont été mutilés. Notre île est privée d'océan.

La situation commande que vous vous en saisissiez et c’est ce que nous espérons et attendons de vous.

Association Vérité Requins Réunion

   

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