Tribune libre de la section FO du lycée professionnel de Vue Belle :

Près de 1.000 lycéens exposés tous les jours à des dangers multiples


Publié / Actualisé
Une élève s'est blessée sur l'un des multiples espaces en chantier du lycée professionnel Vue Belle de La Saline en tombant dans un trou au cours de la semaine dernière. Cet accident prévisible donne raison aux nombreux collègues qui - émus de la situation chaotique dans laquelle se trouve durablement l'établissement - ont débrayé lundi 11 septembre dernier, pour alerter les autorités.
Une élève s'est blessée sur l'un des multiples espaces en chantier du lycée professionnel Vue Belle de La Saline en tombant dans un trou au cours de la semaine dernière. Cet accident prévisible donne raison aux nombreux collègues qui - émus de la situation chaotique dans laquelle se trouve durablement l'établissement - ont débrayé lundi 11 septembre dernier, pour alerter les autorités.

 

Depuis des mois, les chantiers se sont multipliés sur les différents sites du lycée, notamment au niveau de la cour centrale (voir photographies jointes). Ils présentent des défauts majeurs de signalisation et d’isolement dans un espace qui accueille chaque jour près de 1.000 élèves et près de 200 personnels. Cette situation est non seulement très dangereuse, mais de surcroît elle rend extrêmement pénibles les conditions de travail des élèves (bruits, poussières, saleté, cantonnement à des espaces restreints,…), de leurs professeurs (qui n’ont même plus de toilettes, ni de lavabo, depuis un mois) et des différents corps de métiers.

De lourds camions de travaux publics font la navette au milieu des élèves, tandis que les chocs sourds de gros marteaux piqueurs hydrauliques et les projections de pierres liées aux travaux sont réguliers.

Les très nombreux parents qui, samedi 9 septembre dernier, ont dû longuement attendre avec leurs enfants – debout sous le soleil, entassés entre un mur et une barrière de chantier bancale – la distribution des manuels scolaires se sont plaints à juste titre de l’accueil qui leur était réservé et de la désorganisation du lycée. Les conséquences sont désastreuses pour l’image de l’établissement.

A ce jour et malgré la gravité de la situation, la Commission d’hygiène et de sécurité de l’établissement n’a toujours pas été réunie.

Dans ce contexte général, durant le débrayage légitime du lundi 11 septembre dernier, la direction de l’établissement a brandi la menace d’une retenue de salaire d’une journée de travail. Pourtant, après quelques dizaines de minutes de suspension de leur travail, les collègues avaient repris leur emploi du temps normal jusqu’à 17H. La direction a également tenté d’intimider les personnels présents en relevant ostensiblement les noms de ceux qui étaient en débrayage.

C’est une situation sans précédent depuis la création du lycée. Elle est révélatrice de dérives inquiétantes dans la gestion des ressources humaines par la direction.

De nombreuses dérives dans la gestion des personnels

Depuis l’année dernière et plus encore depuis le début de cette année scolaire, les pressions de toutes sortes sur les personnels se multiplient et dégradent drastiquement leurs conditions de travail :

- Des tâches de plus en plus nombreuses et diverses sont imposées, alourdissant et déstabilisant les emplois du temps pratiquement chaque semaine. Depuis la rentrée, les enseignants ont été contraints de rester dans l’établissement durant 10 heures d’affilée pendant près d’un semaine. Ils ont été également convoqués le samedi matin et à des réunions en soirée pouvant durer jusqu’à près de 20H. Ce, en plus des heures de cours, de préparation et de concertation ;

- Les sommations à changer de pratique professionnelle sont incessantes, culpabilisant les personnels et dévalorisant leur pratique actuelle, alors que les résultats des examens ne le justifient aucunement. Dans le même esprit, des personnels ont été sommés de justifier de manière tout à fait illégale leurs arrêts maladie (!), tandis que d’autres ont vu leur situation de santé, pourtant confidentielle, dévoilée publiquement ;

- La peur de s’exprimer librement quant aux dysfonctionnements dans l’établissement s’est largement répandue tandis que se développe une atmosphère délétère de surveillance généralisée. Les personnels qui osent défendre leurs droits sont convoqués ou interpelés individuellement par la direction sous des prétextes fallacieux pour les intimider. Ceux qui défendent des points de vue différents ne sont ni respectés, ni écoutés, même si cela implique de violer les procédures légales (cas notamment de la journée banalisée du 31 octobre 2016) ;

- De nombreux collègues qui faisaient l’objet d’évaluations élogieuses depuis des années, ont vu leurs appréciations être dégradée sans raison. Il a fallu des interventions syndicales directes  auprès du Rectorat pour mettre un terme à cette situation totalement arbitraire (20 juin 2017).

Il en résulte une multiplication des cas de souffrance au travail, voire d’épuisement, dans un établissement qui accueille la plus grande proportion d’élèves issus de milieux défavorisés de toute l’académie.

Dans un souci de responsabilité, les principaux syndicats du lycée n’ont pourtant cessé d’informer, en interne, la direction des risques de dérapages psycho-sociaux, notamment au cours d’une réunion il y a près d’un an déjà (22 novembre 2016). Ils n’ont pas été entendus.

Toutes les catégories de personnels sont désormais touchées.

Combinée à la gestion calamiteuse des chantiers en cours dans le lycée, cette situation obère largement les conditions de travail des élèves qui sont souvent en grande difficulté scolaire et ont absolument besoin d’évoluer dans une atmosphère d’étude détendue et sereine.

Les difficultés actuelles risquent de peser lourdement sur les résultats aux examens de l’année 2018 alors que ces résultats ont jusque là été structurellement bons compte-tenu des difficultés de toutes sortes du public accueilli dans l’établissement.

Les personnels syndiqués et non syndiqués du Lycée professionnel Vue Belle se sont réunis, nombreux, ce jour pour dénoncer cette situation inacceptable.

En conséquence, la section FO demande :

- La venue d’une mission d’enquête du Rectorat comprenant le médecin de prévention ;

- La réunion en urgence de la Commission d’hygiène et de sécurité concernant d’une part les dysfonctionnements dans les chantiers en cours et d’autre part les risques psycho-sociaux auxquels sont exposés les personnels ;

- La venue des responsables des associations de parents d’élèves, notamment de la PEEP et de la FCPE, pour constater par eux-mêmes les conditions de travail de leurs enfants et les dangers auxquels ils sont exposés du fait des travaux.

Harry Aubert et Jean-Jacques Perrot

   

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