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Tribune libre de Sauvegarde par le imams réunionnais du vivre ensemble (Sairvire) :

Lettre ouverte à Daw Aung San Suu Kyi sur le massacre des Rohingyas


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Madame Daw Aung San Suu Kyi, Conseillère spéciale, Ministre des Affaires étrangères, C'est avec beaucoup de tristesse et de regrets que nous constatons les faits suivants : Le gouvernement de Myanmar continue d'accréditer l'idée que les Rohingyas, minorité musulmane déjà persécutée, soupçonnés d'accueillir des terroristes, risquent de devenir responsables de l'insécurité et faire échouer le processus d'ouverture du pays. Derrière ce faux prétexte, l'armée se mêle à une minorité de bouddhistes pour perpétrer des actes de violence et de barbarie dépassant toutes les formes d'exclusion imaginables.
Madame Daw Aung San Suu Kyi, Conseillère spéciale, Ministre des Affaires étrangères, C'est avec beaucoup de tristesse et de regrets que nous constatons les faits suivants : Le gouvernement de Myanmar continue d'accréditer l'idée que les Rohingyas, minorité musulmane déjà persécutée, soupçonnés d'accueillir des terroristes, risquent de devenir responsables de l'insécurité et faire échouer le processus d'ouverture du pays. Derrière ce faux prétexte, l'armée se mêle à une minorité de bouddhistes pour perpétrer des actes de violence et de barbarie dépassant toutes les formes d'exclusion imaginables.

 

Les stades de ségrégation, de discrimination, d’exploitation ou d’oppression sont largement atteints pour laisser place à une véritable chasse à l’homme aboutissant à l’extermination totale des Rohingyas du territoire national. Il suffit de lire les différents rapports des Nations Unies ; Amnesty International ou Human Rights Watch : à Rakhine le " pas de droit aux Rohingyas " est exécuté par une persécution organisée, enfants martyrisés, femmes violées, assassinats en masse, villages incendiés, des centaines de morts sans compter les réfugiés !

En 2017, il est inadmissible de voir et d’accepter de tels massacres sans dire mot ! Ni la richesse du sous-sol de Birmanie ni sa position géostratégique ne peuvent
et ne doivent justifier ce nettoyage ethnico-religieux ! Votre pays bénéficie d’un parlement élu, et si vous voulez rendre crédible le processus démocratique en place, nous espérons que des lois seront votées et appliquées pour protéger également les minorités du pays et leur reconnaître des droits au vote, à l'éducation, au travail, au logement, etc…

En qualité de Cheffe du gouvernement, nous vous demandons de faire le nécessaire pour promouvoir davantage le respect des Droits de l’homme. Nous sollicitons instamment votre haute autorité à prendre les décisions d’arrêter sans délai ces massacres humains ! Ces derniers ne profitent guère au pays. Au lieu d’attirer les investisseurs, ils les font fuir. Car comme vous le savez, l’avenir des grandes entreprises qui voudront s’y installer sera incertain si un minimum de citoyenneté et les droits de l’homme ne sont pas respectés, rendant le développement économique quasi impossible.

Nous vous demandons de faire cesser le drame humain auquel nous assistons ! Devons-nous inviter l’Union Européenne à aller au-delà des signaux lancés jusqu’à ce jour à la Birmanie ! à exercer des pressions internes et externes afin d’éviter de futures morts d’hommes ; à mettre en place une commission d’enquête sur la situation réelle du terrain et faciliter aux frontières toutes les aides gouvernementales et les aides des ONG destinées aux Rohingyas en détresse !

Aujourd’hui force est de constater que la question des Rohingyas n’est pas seulement liée à l’Islam. C’est aussi une question politique. Considérant le conflit avec les Rohingyas, les Chefs d’Etats Européens ne manqueront-ils pas de se rappeler du conflit au Moyen Orient ou du conflit Israélo-Palestinien !

Enfin, nous espérons que les médias ne céderont pas au discours politique qui se sert du fait religieux pour réduire ou dissimuler les vrais problèmes sociaux et
d’appartenance, d’identité ou de résistance. Face à l’exode forcée des Rohingyas, l’inquiétude de la Communauté internationale grandit, et nous exprimons notre profonde solidarité avec les pays et les sociétés qui se mobilisent davantage pour apporter tous les secours nécessaires et possibles aux opprimés.

C’est depuis l’île de la Réunion, avec la volonté de dépasser les clivages communautaires religieux, que les membres de l’association Sairvire lancent ces appels afin de sensibiliser la responsabilité de la conscience humaine, aussi bien sur la situation dramatique des Rohingyas que celle de toutes les minorités
persécutées dans le monde.

Nous implorons Notre Créateur, le Tout Miséricordieux et le Très Miséricordieux, de protéger les peuples oppressés, et que triomphent sur terre l’Union, la
Justice et la Paix !

Nous vous remercions de l’attention que vous porterez à cette lettre que nous rendrons publique.

Avec nos respectueux hommages, nous vous prions d’agréer, Madame la Conseillère spéciale, l’expression de notre très haute considération.

Le Président de Sairvire
Louqman Ingar

   

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