Tribune libre de Jean Hugues Ratenon :

Ils sont devenus fous


Publié / Actualisé
Où va le monde ? Le numéro un du MEDEF vient de proposer ce mardi 17 octobre au Premier Ministre, à propos de l'assurance chômage, un suivi plus régulier des chômeurs dans leur recherche d'emploi avançant l'idée d'un contrôle journalier ou hebdomadaire, estimant qu'il y a des gens qui " profitent du système qui donne un confort fictif " !
Où va le monde ? Le numéro un du MEDEF vient de proposer ce mardi 17 octobre au Premier Ministre, à propos de l'assurance chômage, un suivi plus régulier des chômeurs dans leur recherche d'emploi avançant l'idée d'un contrôle journalier ou hebdomadaire, estimant qu'il y a des gens qui " profitent du système qui donne un confort fictif " !

Il pousse son argumentation en allant prendre l’exemple du Canada où " lorsque les personnes partent en vacances, elles ne reçoivent plus l’allocation ".
L’escalade, la surenchère dans l’insulte et le mépris continuent. Après, entre autres, " les riens ", " les fainéants " du Président de la République, c’est le patron des patrons qui veut durcir le flicage des demandeurs privés d’emplois. C’est totalement inadmissible.

Monsieur Gagttaz remet en cause directement, non seulement, le rôle de Pôle Emploi qui est chargé de procéder à l’inscription du chômeur, d’établir avec lui un projet professionnel, de lui proposer stages et formations, de lui faciliter le retour à l’emploi, de suivre son parcours par des convocations régulières et de se " pointer " mensuellement ; mais fait aussi un procès d’intention aux demandeurs privés d’emploi. Cette proposition du MEDEF dépasse tout entendement. Avec quels moyens compte-t-il effectuer ces contrôles… (l’armée) ?

Au final, le scud de Macron (Gattaz) ne cherche-t-il pas plutôt à réaliser, une fois de plus, des économies déguisées sur le dos des plus modestes ? Car en souhaitant imposer ces contrôles journaliers ou hebdomadaires, le demandeur privé d’emploi pourrait être dégouté de toutes ses démarches et de ne pas s’y plier entrainant alors sa radiation automatique et la perte de ses allocations.  Du même coup, les chiffres du chômage en France baisseraient artificiellement. Ce serait machiavélique si c’est ça l’idée.

A ce rythme-là, bientôt des bracelets électroniques pour les demandeurs privés d’emplois ? Face à cela et rencontrant tous les jours des travailleurs privés d’emploi vivant dans la souffrance, avec le sentiment de culpabilité, de perte de dignité par le manque d’activité, proposons de voter une loi : le droit opposable à l’emploi, nous appuyant sur la Constitution dans son préambule qui dit que : " chacun a le devoir de travailler et le droit d’obtenir un emploi ".
Les citoyens pourraient alors exercer un contrôle journalier ou hebdomadaire sur l’Etat et en cas de manquement à son devoir, les citoyens auraient la possibilité de le faire condamner à indemniser les demandeurs privés d’emploi.

Jean Hugues Ratenon
Député de La Réunion
 

   

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