Tribune libre du Crapa :

Errance animale : l'abattage, "solution miracle" ou enfumage ?


Publié / Actualisé
Le Collectif réunionnais d'assistance et de protection des animaux (CRAPA) réagit après les trois attaques de meutes de chiens observées le week-end dernier dans l'île. Des éleveurs retrouvaient leurs coqs, poules et cabris tués du côté de La Rivière Saint-Louis. Les membres du CRAPA s'opposent également à un abattage massif des animaux et avancent des solutions venues de l'étranger. Nous publions ci-dessous leur communiqué en intégralité.
Le Collectif réunionnais d'assistance et de protection des animaux (CRAPA) réagit après les trois attaques de meutes de chiens observées le week-end dernier dans l'île. Des éleveurs retrouvaient leurs coqs, poules et cabris tués du côté de La Rivière Saint-Louis. Les membres du CRAPA s'opposent également à un abattage massif des animaux et avancent des solutions venues de l'étranger. Nous publions ci-dessous leur communiqué en intégralité.



Pendant que Murielle courait et finissait brillamment la Diagonale des Fous au nom de la "Diagonale des Sans Voix", que tout au long de son parcours, les associations se mobilisaient pour sensibiliser à la problématique de l’errance animale, qu’à l’initiative d’une bénévole, un rassemblement informatif avait lieu devant la préfecture de Saint- Denis, 3 nouvelles attaques de meutes de chiens sur des troupeaux avaient lieu ce week-end.

Et avec elles, resurgit le spectre de l’abattage massif prôné par quelques-uns. A l’heure où en de nombreux endroits de la planète, des solutions durables et respectueuses du statut de l’animal se multiplient, l’abattage ayant démontré son inefficacité, et si La Réunion s’inspirait de ces dernières ?


COZUMEL, MEXIQUE: pendant des années, la seule solution trouvée, pour endiguer la problématique des chiens errants a été de les empoisonner... Sur place, à même la rue. Sans succès pour autant. Depuis, les autorités ont fait le choix de la stérilisation massive, couplée à des programmes permanents d’éducation, de sensibilisation, des démarches d’adoption aux Etats Unis.

Et la politique porte ses fruits. Dans le Nord du CANADA, débordée par les meutes de chiens, une communauté a mis en place une démarche globale avec l’aide de l’IFAW (Fond International pour la protection des animaux dont la France est partie prenante) : stérilisation, adoptions, sensibilisation dans les écoles, éducation des populations.

Là encore, avec succès. Le parlement Russe a pour sa part voté un texte interdisant l’abattage, la capture et l’euthanasie via sa loi contre la cruauté faite aux animaux. Peu à peu, MOSCOU qui était particulièrement confrontée au problème de l’errance animale, s’organise, entre démultiplication de refuges, stérilisation et politique d’adoption. Au TEXAS, après une campagne de 2 ans intensive en termes de stérilisation, sur un campus servant de site-test, le nombre de chats errants a été divisé par 4 en un an et à l’issue des 2 années, seuls 3 chatons étaient recensés en termes de naissances...

Au ZANZIBAR, le gouvernement local soutenu par la WSPA a axé ses efforts sur l’encouragement des propriétaires à faire stériliser leurs compagnons à 4 pattes. Passé le moment de défiance, grâce à l’implication des leaders de communautés, au travail d’information et d’éducation mais aussi aux preuves d’innocuité de la stérilisation sur la santé des animaux, peu à peu les habitudes des propriétaires changent.


Partout, des initiatives fleurissent pour régler " harmonieusement " un problème que La Réunion n’est donc pas seule à vivre. On pourrait encore citer le mécénat de certaines entreprises en GUADELOUPE, les chiens errants " auxiliaires de police " en THAILANDE, la BELGIQUE, ISRAEL... Partout, les démarches reposent sur le triptyque de base : stérilisation massive pour voir décroître la population errante; campagnes d’information sur la responsabilité des propriétaires et de sensibilisation à la nécessité de faire stériliser son animal de compagnie, éducation dès l’école.

En un mot, effort des pouvoirs publics car les seules associations ne peuvent endiguer le phénomène. Car il s’agit bien d’un réel problème dont les associations mesurent pleinement toutes les conséquences pour les uns et les autres et, qui, contrairement à ce que certains peuvent croire, les inquiètent tout autant pour leur impact sur l’humain, l’activité, l’image de La Réunion.

Notre île n’est donc pas un cas isolé. En de nombreux endroits, villes et pays sont confrontés à cette problématique. Beaucoup ont compris que faire ou laisser mourir n’était pas le facteur réussite. Et si La Réunion était bientôt citée elle-aussi parmi ces exemples remarquables, en lieu et place d’une image désastreuse liée à l’abattage prôné ?
 

   

1 Commentaire(s)

TAGOUN, Posté
Fatigue ils fatiguent toutes ces assos....parle de l'humain oui rien que de l'humain en détresse, en situation de pauvreté extrême oui mais les chiens les chats stop et dis pas à moin ou l'est pas humain ! trop facile quand on vit da