Tribune libre du conseiller d'opposition à La Possession Philippe Robert :

"L'avenir morose pour la commune"


Publié / Actualisé
Suite au classement de la commune à La Possession en risque financier important par la préfecture et la direction régionale des finances publiques, le conseiller municipal d'opposition possessionnais Philippe Robert, également conseiller départemental, tenait ce vendredi 27 octobre 2017 une conférence de presse. Il prédit un "avenir morose pour la commune". Il détaille son argumentaire dans un communiqué de presse que nous publions en intégralité.
Suite au classement de la commune à La Possession en risque financier important par la préfecture et la direction régionale des finances publiques, le conseiller municipal d'opposition possessionnais Philippe Robert, également conseiller départemental, tenait ce vendredi 27 octobre 2017 une conférence de presse. Il prédit un "avenir morose pour la commune". Il détaille son argumentaire dans un communiqué de presse que nous publions en intégralité.


Dernièrement ont paru dans la presse locale des extraits d’un courrier du Préfet adressé à la Maire de La Possession. Celui-ci est sans équivoque sur la situation financière catastrophique de la ville sous la gestion Miranville. Au travers des éléments factuels à la disposition de la Préfecture, cette dernière a pris la décision de classer la commune en "risque important", dernière étape avant une mise sous tutelle de l’État.

Je voudrais rappeler que depuis maintenant trois années, je n’ai eu de cesse de dénoncer la dérive financière de la commune au travers de nombreuses tribunes libres, de conférences de presse, ou en réunion publique du conseil municipal. En juin 2017, j’écrivais par exemple : Si la municipalité maintient la tendance actuelle, il est pratiquement certain que la ville sera déficitaire aussi bien en investissement qu’en fonctionnement dès 2017.

Qu’adviendra-t-il ensuite ? Une ville à l’arrêt, en cessation de paiement, sous tutelle de l’état ? Malheureusement, Il semblerait bien que nous soyons au bord de ce que je pressentais. La différence réside dans ce qu’aujourd’hui, ce n’est pas l’opposant politique Philippe ROBERT qui parle, mais bien le représentant de l’État, que l’on ne peut soupçonner de parti-pris ou de manque d’objectivité.

Je voudrais préciser que pour moi ce courrier de l’Etat qui précise bien que les faits concernent uniquement les années 2016/2017 sous gestion Miranville, hors affaire Souprayenmestry est une véritable réhabilitation pour Roland Robert et son équipe à laquelle j’ai eu l’honneur d’appartenir. Je me dois de rappeler que depuis son élection, Madame Miranville n’a eu de cesse de trainer dans la boue l’ancienne mandature , d’invoquer de soit-disant " erreurs du passé " derrière lesquelles elle s’est toujours réfugiée.

De même s’est-elle posée en victime en évoquant à toute les sauces l’affaire Souprayenmestry. Je ne peux résister à vous faire part de mon analyse personnelle et du sentiment de gâchis qui m’habite pour cette commune et ses habitants qui me sont chers.

Un constat :

Après trois années de gestion au jour le jour, la maire et son équipe payent aujourd’hui leur amateurisme et leur obstination orgueilleuse de ne pas vouloir entendre les conseils avisés de fonctionnaires expérimentés. Pire ! D’avoir plutôt fait le choix de les écarter par tous les moyens. Ce qui soit dit en passant, lui vaut d’être sous le coup de poursuites au pénal pour des faits de harcèlements.

Est-il nécessaire de rappeler que le dernier rapport de la Chambre Régionale des Comptes épinglait déjà le dérapage incontrôlé de la masse salariale depuis l’arrivée de l’équipe Miranville. Il est notoirement connu que ses recrutements inconsidérés ont perdurés en 2015 et 2016 à hauteur de 3 millions et demi d’euros supplémentaires en deux années et qu’au vu des écrits des services de l’État l’année 2017 s’annonce également florissante dans ce domaine.

Mais malheureusement, si la masse salariale est en grande partie responsable de la situation budgétaire de la ville il n’y a pas que cela puisqu’en conseil municipal lors du vote du budget primitif 2017, je m’étonnais déjà des augmentations suivantes par rapport à l’année précédente :

- Annonces et insertions (+ 96 %)
- Catalogues et imprimés (+423 %)
- Transports collectifs (+282 %)
- Réception (+139 %)
- Frais d’affranchissement (+63 %)
- Frais de colloque et de séminaire (+43 %)

Force est de constater que malgré les augmentations de la fiscalité ou/et des tarifs des prestations municipales chaque année, le compte n’y est toujours pas pour pouvoir équilibrer un budget communal totalement hors de contrôle. Et les explications peu convaincantes de l'édile de la commune, qui n’hésite pas à réfuter les arguments de la préfecture (comme s'il s'agissait de l’opposition politique), ne sont pas à même de nous rassurer pour la suite des événements.

Sur les explications de la mairie :
Pour une fois, je m’étonne que la Maire ne ressorte pas le vieux serpent de mer bien commode, utilisé depuis maintenant trois années, des erreurs du passé dont, bien sûr, elle serait la victime. Contrairement aux autres fois, la Maire ne peut plus utiliser l’affaire Souprayenmestry comme justificative de ses dérives, puisque l’État a bien pris soin de préciser dans son courrier que son évaluation de la situation financière était faite "hors dossier Souprayenmestry ". C’est donc bien la gestion Miranville qui est visée.

D’ailleurs à ce propos, je vous informe que je travaille depuis un certain temps à retrouver des éléments sur cette affaire. J’aurai l’occasion de vous les exposer plus en détail dans peu de temps. Je peux d’ores et déjà vous informer de mon intention de saisir le procureur de la République pour lui demander de faire toute la lumière sur les conditions dans lesquels la Maire de La Possession, après quelques mois de mandature et sans aucun recul, a offert 12 millions d’euros d’argent public à la famille Souprayenmestry.

Madame Miranville justifie l’augmentation en 2016 du chapitre 65 intitulé : "Autres charges de gestion courante" par la participation de la ville au financement de la crèche privée Anséllia. Outre le fait que ce financement porte sur une subvention de 230 K€ ce qui est une goutte d’eau sur les 6 millions d’euros prévu au chapitre 65. Cette explication tient purement et simplement de l’enfumage dont Madame Miranville a le secret.

En septembre 2014, le conseil municipal a délibéré la validation du Contrat Enfance Jeunesse et donc le financement de la crèche Anséllia que la maire a signé en décembre 2014. Ce n’est donc pas une dépense imprévue qui aurait été découverte par hasard en 2016. Et surtout, elle ne justifie en rien les dérapages constatés par l’État. Sur les autres mesures annoncées : la limitation des heures supplémentaires et la mutualisation des services relèvent de l’anecdote : elles ne peuvent apporter de solutions pérennes aux difficultés budgétaires de la commune.

De la même manière l'argument de l'embauche d'un contrôleur de gestion ne tient pas la route : Nous souhaiterions que les économies réalisées par l'emploi de ce profil soit clairement produites de manière à vérifier si elles permettent de financer à minima son poste ! Enfin, tout le monde sait maintenant que la seule réponse de la maire va consister à augmenter encore la fiscalité en 2018 pour les administrés et à renvoyer le personnel communal précaire à leurs difficultés sociales en mettant fin à leur contrat. Et puis à quoi bon licencier les CDD en place puisque la politique de recrutement continue ?


Tout cela n’empêche pas la maire de créer de nouveaux postes en mairie et de recruter un nouveau collaborateur de cabinet, peut-être pour combler le départ forcé de son troisième directeur de cabinet. La véritable raison de la détérioration des finances de la ville :
Il est quand même ahurissant d’entendre la maire dire qu’elle privilégie la qualité à la quantité en matière de recrutement. Notre première magistrate n’a vraiment honte de rien !!

Personne n’a oublié la chasse aux sorcières, d’une violence inouïe, à laquelle la maire s’est livrée dès 2014. Elle a, à l’époque, défrayé la chronique et entraîné bon nombre de mouvements sociaux (débrayages, grèves générales...). De nombreux cadres et agents, aujourd’hui pour certains réhabilités, ont fait les frais de son aveuglement et de son ignorance du fonctionnement d’une collectivité territoriale.

En moins de trois ans de mandature, faut-il rappeler, pas moins de cinq Directeurs Généraux des Services se sont succédés. Six Directeurs des Ressources Humaines ont officié à La Possession depuis 2014 : une performance qui mériterait de figurer au livre des records ! En fait, peu de personnes ont pu échapper à la purge de la nouvelle patronne de la ville du cadre A à l'agent de catégorie C.

Cette politique de chasse aux sorcières généralisée à tous les services a eu des conséquences dramatiques... Des agents ont été déplacés sans le moindre souci de la continuité du service public. Ils ont été remplacés par des recrutements inconsidérés, eux-mêmes ensuite déplacés à leur tour, etc., etc., VOILÀ LA VÉRITÉ ! C’est la cause principale de l’augmentation continue de la masse salariale et du dérapage budgétaire qui laisse la ville exsangue au point de devoir augmenter les impôts chaque année. En parallèle, on assiste à une diminution du nombre et de la qualité des services publics.


Les recrutements anarchiques et inconsidérés sont à l’origine d'une multitude de problèmes qui au-delà d'impacter le budget touchent à la vie quotidienne des possessionnais. Mais c'est Mme Miranville qui a toujours réponse à tout, qui en est la seule responsable !

Conclusion
En 2015, Vanessa Miranville annonçait un déficit catastrophique de 4,5 millions d’Euros soit 6 % du budget de 2014 au point de convoquer tous le personnel communal dans un gymnase pour annoncer des mesures d’austérité sans précédent. Elle n’hésite pas alors, déjà à l’époque à agiter le spectre de la mise sous tutelle pour mettre le personnel sous pression (baisse des salaires et menace de fin de contrat) et à faire payer les administrés via les impôts pour une situation financière au final plutôt satisfaisante.

La maire sollicite un cabinet d’étude privé pour auditer les finances et se fait contredire par ce même cabinet qui indique dans son rapport que la situation financière n’est pas catastrophique en 2014. En effet le budget 2014 affiche alors un solde excédentaire de 1,2 millions d’euros avec des marges de manœuvres certes réduites mais toujours envisageables. En 2015, la maire s’enorgueillie du résultat excédentaire signe selon elle, d’une grande rigueur de gestion. Cela ne l’empêchera pas d’augmenter la fiscalité deux ans plus tard, pour quels résultats ?

Aujourd’hui lorsque l’on revient sur le battage médiatique et la mise en scène en 2014 orchestrés de toute pièce par la maire, sur fond de déficit et de mise sous tutelle, on ne peut qu’être effaré d’entendre les propos de Mme Miranville et de ses adjoints. En l’espèce, nous ne sommes pas dans le cadre d’une bataille politique, c’est bien le Préfet, l’Etat et les organismes officiels de contrôle qui sonnent l’alarme !


Et pour Madame Miranville " la situation de la ville n’est pas si exceptionnelle " Mais de qui se moque t’-on ?? Maintenant bien habitués aux envolées verbales de leur maire, je ne pense pas que les Possessionnais soient dupent. Enfin, l’argument du premier adjoint s’avère pathétique. Outre le fait de jeter en pâture, sans aucune retenue d’autres communes de la Réunion, en quoi le fait que d’autres collectivités soient dans le rouge (ce qui reste à prouver) exonèrerait La Possession de ses responsabilités ?


Au final, Madame Miranville s’avère être une piètre gestionnaire au regard de la situation financière catastrophique de notre ville. Nous l’avons connue suffisante et donneuse de leçon de démocratie, avant qu’elle déclare qu’elle ne votait pas. Nous l’avons découverte insultante en comparant Huguette Bello et Didier Robert à la peste ou au choléra. Ecologiste à géométrie variable avec en point d’orgue l’affaire de la carrière et de l’augmentation des impôts. Enfin, la voilà empêtrée dans des affaires de harcèlement qui pourraient bien l’envoyer devant un tribunal pénal.


Pour moi, l’avenir s’annonce bien morose pour la commune et ses habitants et le ciel de madame la Maire semble fortement s’assombrir.
Je vous remercie Philippe ROBERT

   

1 Commentaire(s)

Doudou, Posté
Bravo PR ! i fo qué miranville i prépare son reconversion et qu 'eele i présente a elle a "THE VOICE" et qu'elle i chante "TI FLEUR FANEE "
la nou lé mor ! mi croi pa ! a moin que lo gilou i chante en duo avec elle !
ah ! non en trio avec DF .