Tribune libre du Syndicat des Armements Réunionnais de Palangriers-Congélateurs (SARPC) :

Pêche à la légine - Le syndicat veut une clarification des conditions d'attribution des autorisations


Publié / Actualisé
Le groupe australien Austral Fisheries vient de renoncer à son contrat de location avec la société réunionnaise Réunion Pêche Australe (RPA) à qui il avait loué son navire Corinthian Bay pour la campagne de pêche à la légine 2016-2017. Le Syndicat des Armements Réunionnais de Palangriers-Congélateurs (SARPC) demande aujourd'hui clarification et transparence des règles de gestion de la pêcherie. Nous publions ci-dessous et en intégralité le communiqué du syndicat :
Le groupe australien Austral Fisheries vient de renoncer à son contrat de location avec la société réunionnaise Réunion Pêche Australe (RPA) à qui il avait loué son navire Corinthian Bay pour la campagne de pêche à la légine 2016-2017. Le Syndicat des Armements Réunionnais de Palangriers-Congélateurs (SARPC) demande aujourd'hui clarification et transparence des règles de gestion de la pêcherie. Nous publions ci-dessous et en intégralité le communiqué du syndicat :

Le Syndicat des Armements Réunionnais de Palangriers-Congélateurs (SARPC) prend acte de la décision d’Austral Fisheries de renoncer à louer son navire "Corinthian Bay" à la société Réunion Pêche Australe (RPA) en vue de pêcher de la légine pendant la campagne 2017-2018 (débutée en septembre dernier).

Les armements historiques du SARPC démentent unanimement les allégations de RPA à propos de la pression qu’aurait exercée le syndicat sur Austral Fisheries et la Coalition des opérateurs légaux de la légine (COLTO). Il semblerait plutôt que RPA, se trouvant aujourd’hui dans une impasse, joue un baroud d’honneur. Le retrait d’Austral Fisheries repose sur de toutes autres raisons : selon toute vraisemblance, les dirigeants d’Austral Fisheries ne souhaitent plus associer leur bateau, leur entreprise et leur réputation à une société ayant reçu une autorisation de pêche à la légine 2016-2017 qui a été annulée par la suite, avec passage par les tribunaux de la Réunion.

La France et l’Australie ont depuis longtemps œuvré activement et conjointement contre la pêche illicite dans la zone. Gageons que les services de contrôle australiens ne doivent pas voir non plus d’un bon œil qu’un navire pêchant la légine soit associé à des affaires qui agitent les médias et risque d’être qualifié de navire de pêche illégale… Car, jusqu’à nouvel ordre, pour cette année encore, le scénario semble se reproduire : un quota de légine a été attribué à RPA sans que son statut d’armateur ne soit confirmé et l’on apprend à présent qu’aucun contrat d’affrétement n’est signé avec Austral Fisheries…

A ce titre, s’agissant des déclarations récentes des représentants des groupes Réunimer et Atlantis, actionnaires à 81% de RPA, le SARPC tient à souligner qu'il ne peut en aucun cas être tenu responsable de leurs propres manquements. Austral Fisheries a décidé librement de ne pas louer son navire pour la campagne de pêche en cours, comme il avait librement décidé d'affréter ses navires lors des deux campagnes précédentes, à Copecma puis RPA (deux sociétés concurrentes des membres du SARPC). En définitive, il appartenait à RPA de sécuriser son contrat d'affrètement avec le propriétaire australien, comme l'aurait fait tout opérateur sérieux. Le SARPC s'interroge à cet égard sur le contenu du dossier de demande présenté par RPA qui ne contenait visiblement aucun engagement ferme et définitif d'affrètement d'un navire de pêche, exigence pourtant clairement posée par la réglementation en vigueur.

Par ailleurs, l’attribution d’une autorisation de pêche à un navire dans des conditions dérogeant au plan de gestion de la pêcherie de 2015, menace le maintien de la certification MSC (Marine Stewardship Council) pour les navires du SARPC. Les membres du SARPC ont obtenu cet écolabel dès 2013 à Kerguelen, récompensant leurs efforts pour exploiter la légine de manière durable et responsable.

Le "remue-ménage" réunionnais commence à inquiéter les pêcheries voisines de l’Antarctique portant également le logo MSC (Sud Géorgie, Iles Heard et McDonald, Mer de Ross)… Le sujet a été évoqué en marge de l’assemblée générale de la COLTO, le 27 octobre dernier à Hobart en Australie. A cette occasion d’ailleurs, le SARPC a renouvelé son mandat au sein du COLTO board et continuera à s’impliquer fortement au sein de cette structure.

Alors aujourd’hui, que demande le SARPC ? Tout simplement la clarification des conditions d’attribution des autorisations de pêche à la légine, respectueuses du droit français, le même pour tous. Il convient que tous les acteurs de la pêcherie respectent strictement les règles établies, afin de préserver la pleine légalité de la pêcherie et la pérennité des stocks. C’est le message principal que délivrera le SARPC à la mission d’inspection interministérielle, qui se rendra à la Réunion ces prochains jours.

   

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