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Incinérateurs de déchets et cancers


Publié / Actualisé
Les incinérateurs de déchets ménagers émettent de nombreux polluants pouvant affecter la santé des riverains, notamment des dioxines, substances reconnues cancérigènes. Hier, lundi 27 novembre 2017, s'est ouvert, après quatorze années de procédures, le procès de l'incinérateur de Vaux-Le-Pénil en Seine et Marne. Cent soixante cinq plaignants, dont certains gravement malades, se sont portés parties civiles.
Les incinérateurs de déchets ménagers émettent de nombreux polluants pouvant affecter la santé des riverains, notamment des dioxines, substances reconnues cancérigènes. Hier, lundi 27 novembre 2017, s'est ouvert, après quatorze années de procédures, le procès de l'incinérateur de Vaux-Le-Pénil en Seine et Marne. Cent soixante cinq plaignants, dont certains gravement malades, se sont portés parties civiles.

Pour la plupart, ils ont vécu près de l’incinérateur entre le 14 janvier 1999 et le 15 juin 2002, date de fermeture de l’usine et période retenue par la justice pour le chef d’accusation de "mise en danger d’autrui" à l’encontre de la Communauté d’Agglomération de Melun Val-de-Seine aujourd’hui poursuivie.

Au cours des dernières années, une dizaine de riverains sont morts atteints d’un cancer du système lymphatique, le lymphome non hodgkinien. L’enjeu du procès pour les avocats des parties civiles sera évidemment d’établir un lien avec les rejets de l’incinérateur. L’un d’entre eux affirme que "les plaignants portent tous dans leur sang un taux de dioxine supérieur à la moyenne. Tous sont face à un risque de développer un cancer supérieur à la moyenne."

A l’origine, c’est la maire de Maincy qui avait fait éclater l’affaire en 2002. Inquiète des poussières s’accumulant dans son jardin, elle avait fait analyser son sang, ainsi que des œufs et des poules. Hier, à l’audience, la présidente a lu le résultat de cette analyse en pointant la présence de la molécule toxique de la dioxine 2.3.7.8 ou TCDD, identifiée dans l’agent Orange utilisé pendant la guerre du Vietnam.

A l’heure où sont prévus à La Réunion, des projets de traitements des déchets incluant des incinérateurs (rebaptisés UVE pour " unités de valorisation énergétique ",) il  est important de savoir ce qui se dira lors de ce procès " hors normes " pour reprendre  l’expression de la presse nationale. Car même si les incinérateurs émettent aujourd’hui moins de dioxines et de furanes que dans un passé récent, ils en émettent toujours.

Il faut que les industriels attributaires des marchés des futures usines de traitements de déchets ménagers communiquent les chiffres des émissions de dioxines, furanes et autres substances chimiques que leurs UVE émettront demain dans l’air réunionnais si ces projets se concrétisent.

Jean-Pierre Marchau
Secrétaire Régional EELVR

   

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