Plan de retour à l'équilibre du CHU :

Le syndicat FAFPHR veut "rétablir la vérité"


Publié / Actualisé
"Non les médecins de la Commission médicale d'établissement n'ont pas approuvé le plan de retour à l'équilibre du Centre hospitalier universitaire (CHU) décidé par la Direction." Une affirmation du syndicat de la Fédération autonome de la fonction publique hospitalière de La Réunion (FAFPHR) qui tient à "rétablir la vérité". Ce mercredi 31 janvier, le directeur général du CHU de La Réunion, Lionel Calenge, présentera devant le COPERMO (comité pour la performance et la modernisation) sa demande d'aide à investissements à hauteur de 50 millions d'euros, accompagnée d'un plan de retour à l'équilibre. Nous publions ci-après le communiqué de la FAFPHR. (Photo d'illustration)
"Non les médecins de la Commission médicale d'établissement n'ont pas approuvé le plan de retour à l'équilibre du Centre hospitalier universitaire (CHU) décidé par la Direction." Une affirmation du syndicat de la Fédération autonome de la fonction publique hospitalière de La Réunion (FAFPHR) qui tient à "rétablir la vérité". Ce mercredi 31 janvier, le directeur général du CHU de La Réunion, Lionel Calenge, présentera devant le COPERMO (comité pour la performance et la modernisation) sa demande d'aide à investissements à hauteur de 50 millions d'euros, accompagnée d'un plan de retour à l'équilibre. Nous publions ci-après le communiqué de la FAFPHR. (Photo d'illustration)

 

Notre syndicat met en cause l'ancienne et l’actuelle direction dans le déficit cumulé (2012-2017) du CHU de La Réunion de 110 millions d’euros dont au moins 70 millions au titre des seuls exercices 2016 et 2017, alors que l’Etat a accordé une aide exceptionnelle de 14 millions d'euros en 2017. Contrairement à ce que certains prétendent, le déficit de notre CHU ne ressemble pas à celui des déficits des autres CHU français ; il s'est construit très rapidement en 5 ans, la situation financière du CHU étant excédentaire fin 2011.

Banaliser ce déficit de 110 millions € au CHU de La Réunion pour dédouaner la Direction en charge de sa gouvernance est inconscient et hypothèque l’avenir de son redressement. Le premier rapport de l’IGAS et les extraits du deuxième rapport parus dans la presse mettent en exergue des erreurs majeures de cette gouvernance telles qu’une augmentation rapide de la masse salariale non justifiée, des erreurs de gestion sur les bâtiments à construire, des prises de risque juridiques inconsidérées, ou encore des primes indues, des postes de contractuels très avantageux pour certains...

Les exemples semblent nombreux. Nous avons sollicité de la Ministre de la Santé que ce rapport IGAS 2 soit rendu public. Nous réclamons de la transparence et du dialogue. Le plan de retour à l’équilibre décidé par la Direction a été soumis pour avis à la CME (Commission Médicale d’Etablissement) avant son passage en CTE (Comité Technique d’Etablissement) et en Conseil de surveillance.
Les 38 médecins présents à la CME du 19 janvier dernier ont voté : 4 voix pour, 15 voix contre et 19 abstentions.

Même si 50% des médecins se sont abstenus, il n’en reste pas moins que la CME a ainsi officiellement émis un avis défavorable sur ce dossier, conformément aux dispositions du règlement intérieur de la CME.
Personne ne peut interpréter ce vote abstentionniste comme étant une adhésion au projet. Or, les propos ambigus qui ont été tenus par la Présidente de la CME, dans son interview télévisé du 23 janvier, repris par le Directeur général et le Président du Conseil de surveillance, laissent entendre que ces votes abstention seraient à interpréter positivement en faveur de la direction et de son projet PRE. D’ailleurs, une partie de la presse a relayé un accord de la communauté médicale au " Plan Calenge ".

Il n’en est rien et le vote de la CME le prouve et ne peut être contesté : la CME a voté CONTRE et a ainsi émis un avis défavorable à ce PRE. Par ailleurs, en déclarant publiquement que " c'est le rôle des médecins de garantir, quel que soit le contexte, la qualité des soins ", la Présidente de CME oublie que la qualité et la sécurité des soins est assurée par l’ensemble des personnels hospitaliers, (médecins, soignants, techniques, logistiques, administratifs).

C’est l’ensemble de la communauté hospitalière qui est concernée. C’est donc à juste titre que les médecins se refusent à palier les restrictions de personnels tels que prévues par ce PRE, au détriment de leurs propres fonctions médicales et en mettant en cause leurs responsabilités. Vu la crise sévère que le CHU de La Réunion traverse en ce moment, tant sur le plan financier que managérial, il était important que notre syndicat, qui regroupe tous les corps de métiers de l’hôpital public et défend l’offre de soins publique à La Réunion, rétablisse la vérité quant au vote officiel de la CME du 19 janvier 2018 sur le PRE décidé arbitrairement par la direction actuelle du CHU.

Notre syndicat, indépendant et apolitique, continuera à défendre l’avenir du CHU, ses 6500 professionnels, personnels médicaux et non médicaux et l’offre de soins hospitalière publique, dans l’intérêt des patients, contre les décisions unilatérales d’une gouvernance hospitalière défaillante.

Dr Pierre VIVES Secrétaire Général FAFPHR

Isaline TRONC Secrétaire Générale adjointe FAFPHR

   

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