Tribune libre du collectif réunionnais d'assistance et de protection des animaux :

Recrutement de lieutenants de louveterie : les associations s'insurgent à tort?


Publié / Actualisé
Suite au recrutement de lieutenants de louveterie, la préfecture se défend de recruter des "tueurs de chiens". On laisse entendre que les associations de protection animale s'insurgent à tort.
Suite au recrutement de lieutenants de louveterie, la préfecture se défend de recruter des "tueurs de chiens". On laisse entendre que les associations de protection animale s'insurgent à tort.

Il est essentiel pour nous d'expliquer en quoi nous pensons avoir raison d'être extrêmement vigilants sur cette question de louveterie.

Tout d'abord, rappelons le contexte qui a poussé la préfecture a lancé une telle campagne de recrutement. Suite aux diverses attaques subies par des élevages, Mr TAK, président de la CASUD et maire du Tampon, a demandé publiquement la création d'une louveterie à La Réunion pour pouvoir répondre à ces attaques par l'abattage des chiens errants.

A l'époque, nous avons rappelé que la plupart de ces chiens n'étaient pas errants mais bien divagants, ce qui signifie qu'ils ont des maîtres. Partant de là, nous considérons qu'il serait bien plus efficace sur le long terme de sensibiliser largement la population. En effet, une trop grande liberté est laissée aux chiens. Par habitude et parce qu'il y a une réalité urbaine qui fait que beaucoup d'habitations ne sont pas clôturées.

Toujours est-il qu'en réponse à la demande de TAK, la presse avait diffusé largement un  courrier adressé à ce dernier par le préfet : "La création d'une louveterie permettra de disposer de personnes compétentes pour structurer les opérations de lutte notamment contre les espèces pouvant présenter un danger ou créer un déséquilibre écologique ou des dégâts. Ces personnes, dûment habilitées et agissant dans un cadre réglementaire précis et encadré, seraient entre autre habilitées à effectuer des tirs sur les animaux."

Et, devant le tollé général et la pression des associations locales et nationales, la préfecture nuançait son propos, précisant qu'elle mettrait en oeuvre une politique de stérilisation, de sensibilisation à grande échelle et d'euthanasie.

Depuis l'annonce du recrutement du louvetier, la préfecture tente de maîtriser parfaitement sa communication. C'est d'ailleurs la raison qui explique sans doute que cette campagne ait tant tardé à être lancée.

Tirer sur des chiens ? Il n'en n'est pas question ! Nous sommes heureux de l'apprendre et nous resterons évidemment vigilants.

Précisons tout de même qu'au regard de la loi, tout animal jugé comme étant nuisible peut faire l'objet d'un abattage si le maire d'une commune demande à avoir recours au fameux lieutenant de louveterie.

Pour résumer, cela signifie ni plus, ni moins, que la préfecture ouvre une louveterie prétextant que c'est uniquement dans le but de réguler le braconnage ou la faune exotique invasive, alors que la véritable volonté non assumée est bien d'autoriser les maires à eux-mêmes prendre des arrêtés pour qu'ils fassent appel à ces chasseurs bénévoles de l'Etat.

La gestion de l'errance étant de la responsabilité des maires, le préfet les renvoie donc habilement à leurs responsabilités, sans se mettre lui-même en porte-à-faux.

Donc oui, plus que jamais, nous avons des raisons d'avoir peur des conséquences d'une telle mesure à La Réunion.

Par ailleurs, rappelons, comme on le fait depuis des mois, qu'il n'a JAMAIS été question pour nous de stigmatiser la population réunionnaise. Nous avons toujours lutté contre les discriminations et nous n'avions d'ailleurs pas pris part au débat sur les pétitions sur les sacrifices de cabris. Nous avions en revanche réagi à la pétition sur les chiens-appâts, pour exprimer nos regrets qu'une pétition ancienne revienne sur le devant de la scène pour diviser la population réunionnaise qui n'a clairement pas besoin de cela en ce moment...

Il y a au sein-même de l'association et de la protection animale de nombreux réunionnais qui sont investis pour la cause animale.

Nous croyons très fort que nous pouvons nous unir, peu importe qui l'on est et d'où l'on vient, autour d'une même cause : la protection des chiens et chats réunionnais. Recréer du lien, entre les êtres vivants, c'est un des objectifs que nous aimerions remplir lors du rassemblement du 6 mai prochain.

Notre volonté affichée est de sensibiliser la population dans une ambiance créole festive. Des artistes nous ferons le plaisir d'ambiancer l'événement, où seuls la bienveillance et la volonté de partager seront les bienvenus.

L'équipe du CRAPA

   

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