Tribune libre de Nassimah Dindar, sénatrice de La Réunion :

La France doit s'appuyer sur ses Outre-Mer pour devenir une grande puissance maritime


Publié / Actualisé
Alors que nous célébrons ce 8 juin la Journée Mondiale de l'Océan, il est paradoxal de constater que la France, 2ème espace maritime mondial, ne tire pas pleinement partie de ses atouts pour devenir une puissance maritime d'envergure.
Alors que nous célébrons ce 8 juin la Journée Mondiale de l'Océan, il est paradoxal de constater que la France, 2ème espace maritime mondial, ne tire pas pleinement partie de ses atouts pour devenir une puissance maritime d'envergure.

Quelques données suffisent à se rendre compte du formidable vecteur de développement que constitue la mer : 95 % des biens échangés le sont par transport maritime (trois fois moins polluant que le transport routier et quinze fois moins que le transport aérien) ;  l’industrie navale pèse pour 312 milliards d’euros de commandes, 30% du pétrole et 27% du gaz sont produits en mer, le potentiel des énergies  marines renouvelables est suffisant pour couvrir les besoins de la consommation mondiale… (*)

L’exploitation, dans une logique évidemment de développement durable, de la mer constitue donc un vecteur de croissance considérable pour la France, qui, rappelons-le, possède le 2èmeplus vaste domaine maritime au monde, principalement grâce à ses Outre-Mer. D’ores et déjà, on estime que l’économie de la mer, au sens très large du terme, pèse trois fois plus dans notre pays que l’industrie automobile.  D’ici 15 ans, le secteur maritime pourrait représenter un million d’emplois dans notre pays. Les Outre-Mer, et La Réunion en particulier, sont depuis longtemps conscients de cette réalité. Les projets de SWAC, de port à Saint-André, d’extraction des eaux océaniques profondes démontrent cet intérêt porté, à La Réunion, au potentiel maritime.

La pêche a aussi un fort potentiel. La pêche pélagique constitue déjà le second poste d’exportation de notre île. Elle doit encore être développée, tout en veillant à ce que les équilibres économiques soient maintenus. Ce soutien ne doit pas, par ailleurs, se faire au détriment de la pêche artisanale, traditionnelle, qui a besoin d’être aidée pour se structurer davantage tout en adoptant un programme ambitieux d’amélioration de la ressource.

Pour concrétiser sa volonté d’accroître sa puissance maritime, au sens large du terme, la France doit aller vite, car d’autres pays, au premier rang desquels la Chine, poursuivent le même objectif. Et dans ce contexte, nos Outre-Mer et particulièrement La Réunion ont également des atouts et des opportunités à faire valoir et à exploiter.

 

Nassimah Dindar

Sénatrice de la Réunion 

 

   

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