Tribune libre du SAIPER :

L'école de demain : celle du tri, de l'autonomie et des chefs d'établissements


Publié / Actualisé
Dans un communiqué, le syndicat SAIPER estime que la politique gouvernementale en matière d'éducation "apporte toujours les mauvaises réponses" aux "bonnes questions posées aux écoles".
Dans un communiqué, le syndicat SAIPER estime que la politique gouvernementale en matière d'éducation "apporte toujours les mauvaises réponses" aux "bonnes questions posées aux écoles".

Dans une optique purement budgétaire , le ministre engage des réformes principiellement idéologiques , bonnes et nécessaires parce qu’il l’a dit , seule caution scientifique à ces propos, niant les résultats de cette politique menée ailleurs, prenant comme seul exemple le Portugal ,oubliant les autres pays qui ne cessent de regretter tout ce qu’il veut à son tour mettre en place en France. Créer des établissements publics de la maternelle à l’université, autonomes, ne constitue pas  une garantie permettant l’amélioration des résultats . 

 Aux bonnes questions posées aux écoles le ministre apporte toujours les mauvaises réponses :

Oui les directeurs-trices sont en difficulté :

La volonté appuyée ( par certains syndicats) de trouver la solution de cette problématique dans la création d’établissements publics EPEP ( établissement public de l’enseignement primaire) est un déni de réalité. Il est assez surprenant de voir notre ministre chercher des solutions que son gouvernement a lui-même posé en supprimant les aides à la direction sans les remplacer par des emplois pérennes tout en augmentant les demandes institutionnelles sans qu’elles soient toutes nécessaires. La dimension humaine de cette profession est déniée au profit de la promotion d’un directeur-chef d’établissement, exécutant du pouvoir ministériel,  qui aurait tous pouvoirs sur les enseignants.

 Répondre à l’épuisement des directeurs dans l’accomplissement de leur tâche par moins de moyens telle est l’option préconisée : car il s’agira  de partager les moyens  avec le collège du secteur.

Car cette volonté de créer des EPEP aboutirait à la création de seulement 500 directeurs au lieu des 50 900  actuels, d’ailleurs beaucoup de ces postes seraient créés  à la Réunion. Beaucoup de candidats au plan national et très peu d’élus, une majorité de directeurs actuels devront réintégrer leur classe,

Et NON multiplier les évaluations ne contribuent en rien à l’amélioration des résultats des élèves !

La passation des évaluations de CP et CE1 doit se faire dans notre Académie entre le17 septembre 2018 et le 28 septembre 2018 . Comment interpréter différentiellement les résultats des CP dédoublés et des CP CE 1 à 30 ou 31 élèves, des enseignants qui travaillent dans des cagibis   ?

L’interprétation des réponses ne sera pas menée localement, mais de manière automatisée et centralisée par un logiciel dédié ; les enseignants sont transformés en simples exécutants, les corrections et leurs remédiations seront transmises par la suite.

Cette vision technocratique traverse tous les niveaux de la maternelle à l’université : des assises de la maternelle dont nous attendons toujours les conclusions ,  à Parcoursup, est celle du tri scolaire . La communication ministérielle à destination du grand public lie clairement les résultats des élèves à celles des établissements puis au mérite des enseignants en pilotant leur paye ; une vision idéologique qui fait  fi de la réalité des résultats afférents à ces politiques menées ailleurs.

Il nous appartient à nous enseignants, parents de faire front et de rejeter une politique qui va conduire à la démotivation et à l’échec, basées sur des légendes urbaines entretenues volontairement par le ministère ; seule la réalité du terrain prévaut.

Faudra t’il à nouveau s’instituer " refuseux " comme en 2010 pour que soient entendus les besoins véritables des élèves ? Pourquoi notre ministre bégaye t’il ainsi ?

Le bureau du SAIPER

   

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