Tribune Libre de Jean-Pierre Marchau, Europe Ecologie Les Verts Réunion :

Crise sociale, crise d'un modèle


Publié / Actualisé
La crise est bien là. Dix ans après le COSPAR, et de manière plus ample, les Réunionnais ont choisi de s'auto-organiser à l'écart des partis politiques et des syndicats pour tenter de résoudre les graves problèmes socio-économiques qui affectent leur vie de tous les jours. Cette volonté de se prendre en main sans se fier aux organisations traditionnelles est le fait majeur de ce mouvement. Même si des questions de représentativité sont soulevées, l'essentiel est que la parole se libère et que chacun puisse exprimer concrètement ses préoccupations dont la vie chère, l'emploi, le logement, etc.
La crise est bien là. Dix ans après le COSPAR, et de manière plus ample, les Réunionnais ont choisi de s'auto-organiser à l'écart des partis politiques et des syndicats pour tenter de résoudre les graves problèmes socio-économiques qui affectent leur vie de tous les jours. Cette volonté de se prendre en main sans se fier aux organisations traditionnelles est le fait majeur de ce mouvement. Même si des questions de représentativité sont soulevées, l'essentiel est que la parole se libère et que chacun puisse exprimer concrètement ses préoccupations dont la vie chère, l'emploi, le logement, etc.

Mais apparemment personne n’évoque un problème central : dans une île où prédomine la grande pauvreté, on a engagé le plus grand et le plus coûteux chantier de toute l'histoire de La Réunion, le chantier de la Nouvelle Route du Littoral. On n’arrive pas à le finir et on ne sait pas vraiment comment on  paiera les dépassements.

Car ce chantier, à l’arrêt depuis deux semaines,  est estimé  à deux milliards d'euros pour une structure de 12 km de béton et coûtera certainement beaucoup plus quand il sera réellement et  totalement achevé. Le coût final dépassera donc vraisemblablement le montant total des fonds européens versés à La Réunion entre 2014 et 2020 (2,1 milliards d'euros) !

Quelle était la pertinence d’une route pharaonique sur une île où une majorité de gens a du mal à payer son logement, sa nourriture, à se soigner décemment et où il n’y a pas de moyens de transports en commun dignes de ce nom ?

La situation est ubuesque : des multinationales construisent une route qui, alors qu'elle est loin d’être finie, apparaît déjà obsolète au regard de la montée inexorable des prix des carburants dans les années à venir. Malgré tout, ce chantier, il va falloir le payer. Et on le sait, tous les dépassements budgétaires seront à la charge des Réunionnais.
Il serait temps d'en parler, non ?

Jean-Pierre Marchau

Secrétaire Régional

Europe Écologie Les Verts Réunion

   

2 Commentaire(s)

Qu'en pense Mme La ministre?, Posté
il est tout à fait légitime de soulever ce problème qui plus est pourrait être atténué si l'on finissait cette route avec un viaduc(impact écologique moindre sur les carrières et les fonds marins de la RDL) MAIS M. le grand chef de la pyramide a décidé de donner du travail à des camionneurs voleurs (ne parlons même pas de la pollution générée par le mouvement des centaines de camions sur l'ile pendant toutes ces années)
Zenon, Posté
On a liquidé d'un trait de plume le tram-train qui était déjà partiellement payé egt qui serait actuellement déjà fonctionnel sur une partie du trajet..... Gabegie au profit des importateurs de voitures exploitant un marché contraint
Illustration : Kwa Films

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