Compenser les impacts du mouvement social :

Medef Réunion : pour la mise en place d'un outil exceptionnel d'accompagnement des entreprises


Publié / Actualisé
Devant "l'ampleur du cataclysme économique que viennent de traverser nos entreprises durant ces 14 derniers jours", le MEDEF Réunion prône la mise en place d'un outil exceptionnel d'accompagnement des entreprises. "Les outils de droit commun (recours à l'activité partielle, moratoires des dettes) étant indispensables mais totalement insuffisants pour compenser les impacts sévères liés à la paralysie de notre île, écrit l'organisation, le MEDEF Réunion espère qu'une attention particulière et vigilante de Bercy permettra de déclencher des dispositifs complémentaires pour éviter la destruction massive d'activités et d'emplois".
Devant "l'ampleur du cataclysme économique que viennent de traverser nos entreprises durant ces 14 derniers jours", le MEDEF Réunion prône la mise en place d'un outil exceptionnel d'accompagnement des entreprises. "Les outils de droit commun (recours à l'activité partielle, moratoires des dettes) étant indispensables mais totalement insuffisants pour compenser les impacts sévères liés à la paralysie de notre île, écrit l'organisation, le MEDEF Réunion espère qu'une attention particulière et vigilante de Bercy permettra de déclencher des dispositifs complémentaires pour éviter la destruction massive d'activités et d'emplois".

MONSIEUR LE MINISTRE DE L’ÉCONOMIE ET DES FINANCES BRUNO LE MAIRE,

Objet : demande de mise en place d’un fond exceptionnel d’indemnisation des pertes d’exploitation – Mouvement les Gilets Jaunes sur l’Ile de La Réunion

Monsieur le Ministre,

Nous avons traversé, depuis le 17 novembre, 14 jours de blocage complet de notre île, suite au mouvement des Gilets Jaunes.
Le port, l’aéroport, le dépôt unique de carburant ainsi que les principaux axes routiers ont été totalement paralysés.

Outre ces blocages rendant toute circulation des personnes très difficile et quasi-impossible celle des marchandises, ce mouvement a par ailleurs généré de nombreuses actions de violence, de vandalisme, d’intimidation, de menaces qui se sont notamment traduites par la fermeture de nos entreprises, sous peine de mettre en danger nos salariés.

Alors que les mois de novembre et de décembre sont traditionnellement les plus gros mois pour un grand nombre de secteurs d’activités, ce mouvement a impacté très sévèrement, et parfois irrémédiablement, nos entreprises.

Certains secteurs, dont le tourisme, censé être le vecteur économique majeur du développement de l’emploi et de la valeur ajoutée pour notre territoire, est sinistré, alors que nous sommes en haute saison. Les annulations tombent en cascade, et la sécurité, outre le vivre-ensemble et les paysages à couper le souffle, qui représentait l’un de nos principaux atouts, n’est plus assurée. L’image de notre île est gravement affectée, et nous craignons des conséquences, si ce n’est irrémédiables, du moins avec effet sur un terme assez long, sur nos activités touristiques.

L’ensemble du commerce, qui représente près d’un tiers de l’emploi et de la valeur ajoutée, est frappé de plein fouet par ces 2 semaines d’inactivité, au cœur de la période de vente la plus importante.

Les industriels, les agriculteurs, le BTP sont également très impactés par ces mouvements, entre l’impossibilité de circuler des salariés, les pénuries de matières premières, et les denrées périssables qui n’ont pu être écoulées.
Les entreprises de service subissent un grand nombre de report ou d’annulation de leurs prestations, et envisagent d’ores et déjà de devoir se redimensionner face à la perte dramatique de chiffre d’affaire, actuelle et à venir.
Ce ne sont que quelques exemples, mais c’est bien l’intégralité des secteurs économiques qui a été touchée par cette obstruction brutale et longue de la libre circulation des personnes et des biens.

Un premier sondage auprès de nos membres, après ces 14 jours de blocage et d’événements violents, nous permet d’estimer à plus de 300 millions les pertes d’exploitation liées à ces émeutes et mouvements populaires.

Nous avons pu échanger avec Madame la Ministre des Outre-mer et Monsieur le Préfet afin que les outils existant du dans le droit commun, activés en temps de crise, puissent être opérationnels très rapidement. Ainsi le recours à l’activité partielle et la demande de moratoires sur les charges fiscales et sociales de novembre et décembre, grâce aux services de l’État et à la Caisse Générale de Sécurité Sociale, fonctionnent d’ores et déjà.

Cependant, nous attirons votre attention sur le fait que cette crise, que nous venons de traverser est sans précédent, unique par son intensité, sa violence, et ses conséquences économiques. Aussi nous demandons à ce que soit mise en place une solution exceptionnelle d’accompagnement des entreprises, qui soit à la mesure du cataclysme économique de que nous traversons.

Nous demandons par conséquent :

- Un fond exceptionnel, financé et piloté par l’État, qui permette une indemnisation de l’ensemble
des entreprises de notre île, qu’elles soient couvertes ou non par des garanties pertes d’exploitation. En effet cette situation, inédite et juridiquement non prévue par les différents codes, impose qu’un nouvel outil soit élaboré et rapidement opérationnel, à l’image du fond qui peut être débloqué en cas de catastrophes naturelles.

- Un appui de l’État pour nous aider à reconstruire l’image, la notoriété et l’attractivité de notre île.

Nos entreprises, qui sont pourtant les principales sources de création d’emplois et de valeurs sur ces dix dernières années, risquent de ne pas se relever de cette crise, et pour certaines de disparaitre, entrainant un risque de regain de chômage massif, dans un contexte déjà complexe.

Espérant pouvoir compter sur votre intervention pour la mise en place d’un dispositif exceptionnel permettant de sauver nos entreprises,

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de notre haute considération.

Didier FAUCHARD

   

1 Commentaire(s)

Hdmc, Posté
Bonjour
et si on arrêtait de se larmoyer?
Bien sur cette période de grèves et de manifestations a été rude et dévastatrice, mais il y a un arsenal de mesures pour aider les entreprises. Pourquoi encore en créer d'autres? Ne peut on pas prendre sur les profits? de moins profiter des niches de déficalisation